La journée des violents (Day Of The Bad Man, Harry Keller, 1958)

Le juge Jim Scott condamne Rudy Hayes, coupable de meurtre, à la pendaison et se retrouve lâché par ses concitoyens alors qu’ils doit faire face au gang du criminel, qui menace de tout faire pour l’aider à s’évader.

Réalisé par le talentueux Harry Keller (Quantez, Les sept chemins du Couchant), ce Day Of The Bad Man met en scène un Fred McMurray (Une arme pour un lâche) en grande forme, dans le rôle d’un juge qui s’oppose à une bande de voyous menés par un trio (Robert Middleton, Skip Homeier et Lee Van Cleef) intimidant, voire très menaçant, lesquels veulent empêcher la pendaison de l’un des leurs. Le plus intéressant réside dans le retournement progressif des habitants de la petite ville, qui vont peu à peu passer de la véhémence contre le criminel à la clémence, forcée par l’intimidation dont ils sont les victimes. Face à eux, le juge, secondé par un autre personnage un peu plus âgé, va maintenir le verdict tant bien que mal.

Le sujet est pratiquement identique à celui de High Noon (Le train sifflera trois fois) mais est traité de façon plus modérée, notamment parce que le personnage principal n’est pas complètement esseulé, parce que les voyous ne décident pas d’entrée de jeu de l’éliminer, parce qu’ici on voit les voyous en question, parce que la ville est plus animée, et parce qu’on ne joue pas sur l’unité de temps et de lieu. Cela étant, le film reste assez palpitant et est brillamment joué, que ce soit par McMurray, très monolithique et légaliste, ou par Robert Middleton (aperçu en salaud également dans Crépuscule sanglant de Jack Arnold, avec Rory Calhoun et Grant Williams), extrêmement menaçant.

Un film qui vaut la peine d’être vu, même si on lui préférera High Noon.

Par Gérald Sanzo.

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