La colline des potences (Delmer Daves, 1959)

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Hanging Tree est un western au ton profondément pessimiste qui marque la fin de carrière de Gary Cooper (qui arrêtera deux ans plus tard, atteint d’un cancer dont il décédera en 1961) et le dernier western pour Delmer Daves.
Si Daves ne se consacrera plus au monde de l’Ouest, on peut dire qu’il le quitte d’excellente manière : ce film est un joyau en son genre. Scénarisé par Wendell Mayes (La fureur des hommes, Un justicier dans la ville), il met en scène un médecin à l’âme assombrie par un passé trouble et qui se plaît à contrôler la vie de ceux qui l’entourent, du moins manifestement. Si le personnage de Rune (Ben Piazza) est relativement conventionnel, quoique bien sympathique, Maria Schell campe une femme qui passe de faible victime à entrepreneuse propriétaire d’un filon, et elle prend force et assurance au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire. Notons aussi un Karl Malden très convaincant en villageois sans foi ni loi, imprévisible et violent (on a souvent peur pour Maria Schell), dont la mort est assez longue et violente (4 ou 5 balles, je crois, on a le temps de le voir mourir, et lui aussi). De même, le cadrage lors de son meurtre par Cooper rend celui-ci encore plus violent (les deux personnages dans le même plan, filmés de 3/4 dans le dos de Malden).
Alors que la première partie du film voit la remise sur pieds de Maria Schell, la seconde consiste en l’exploitation du filon, dont elle est propriétaire à 50%, Malden possédant l’autre moitié. Lorsque le filon rapporte enfin énormément d’or, c’est le chaos le plus total : le village devient taré, soiffard et violent. On brûle tout ! Mobilier, maisons etc… Malden, qui essaie désormais de s’élever à un rang qu’il n’a pas (s’habille comme un nanti alors que c’est un bouseux), tente de violer Maria Schell et finit abattu et jeté sous une falaise. Quant à Cooper, tant qu’à faire, qu’on le pende ! Même les plus moralistes, comme le détestable personnage d’un prêcheur, cèdent au démon de l’or (cet aspect corrupteur de l’or évoque un peu Le jardin du Diable ou, plus proche, Le Seigneur des Anneaux).
Dernière remarque : une fois encore, mieux vaut regarder le film en VO, ne serait-ce que pour échapper à la chanson VF du générique de début, « L’arbre au pendu » (aussi pittoresque que « Si toi aussi tu m’abandonnes » par John William à l’entame du film « Le train sifflera trois fois »).

Un western sombre mais brillantissime, à voir absolument pour les amateurs du genre, et pour les autres aussi !

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