Sandra Liradelfo, la mariée était seule, la mariée est bien belle!

Je vous l’avais dit dans un article précédent que « Ça me trottait dans la tête depuis un petit moment: créer dans ce blog une partie réservée aux groupes ou chanteurs belges (encore), jeunes ou moins jeunes, méconnus du grand public, mais sont pourtant doués de talent. » L’heure est venue, et sans doute bien choisie (à l’heure où les grosses stars sortent leurs coffrets et autres « surprises » de Noël et où les majors se fatiguent en réédition annuelle et, pour la plupart, inodore) pour vous parler de quelques un des artistes les plus prometteurs de notre terroir. Car oui, il est important en culture, et surtout à notre époque, de savoir d’où l’on vient avant d’aller plus loin, de savoir les artistes, les musiciens, les chanteurs qui, sans toujours en faire un métier, en font une raison de vivre, une passion. Il est important de leur rendre hommage.

994008_402068939920064_988016205_nHonneur aux dames, pour ce premier article, avec un univers palpitant et fort en sonorités, celui de la Liégeoise Sandra Liradelfo. Artiste accomplie de chanson française, dans ce que celle-ci a de plus noble, Sandra Liradelfo est avant tout une pianiste formée à l’art lyrique (ce qui se ressent dans ses chansons, mais pas que) qui a fait des études au conservatoire « trop classique » de Bruxelles. Forte de ses envies de chansons, la musicienne est devenue auteure, s’est forgée par l’art de la scène et des cafés-théâtre, pour arriver à nous avec un premier EP au titre intriguant, La mariée était seule, autoproduit et fidèle à une artiste avec une vraie patte et un sens de la mélodie. Le genre de cd à ne pas mettre entre toutes les mains, à écouter en ne faisant rien sinon écouter, tant les paroles, à la manière d’une Lynda Lemay, sont importantes.

Comme ce premier titre donnant nom à l’album, riches en cris de mouettes, en sable d’une plage d’Ostende, du vent fort et de l’écume des vagues. Des rimes recherchées et une harmonie emportante de violoncelle de Thomas Engelen, de trombone (de Jean-Julien Servais) et de piano conférant une atmosphère mélancolique. Et la voix divine de la pianiste de faire son charme, prenante et bouleversante.

Puis tout s’enchaîne, tout s’accélère sur un Nombre curieux et étrange, trépidant et vivifiant. Car Sandra Liradelfo semble aimer le suspense, ses chansons sont comme des polars  dont les derniers couplets surprennent et favorisent le plaisir. Puis, comme pour nous faire mentir, on change d’univers avec Pavie, une chanson aux paroles sans  queue ni tête qui devraient faire la joie des enfants, « Bye bye ta bistouille, caractère de citrouille« , c’est joyeux et festif, presque enivrant à rendre hilare. Une bonne dose de bonne humeur sur une trompette joviale d’ Antoine Dawans. On tape du pied, on se lève, on danse, quitte à passer pour un taré seul dans son salon.

Abracadabra, on oublie tout ça pour se retrouver dans la dépouillée ode à Nos amitiés, presque chuchotée alors que l’accordéon diatonique de Joachim Loneux se fait entendre de plus en plus et que le violoncelle de Thomas Engelen le rejoint dans une complainte merveilleuse, rendant ce moment aussi étrange qu’intense. « Nos amitiés ne tiennent qu’à un fil, comme du verre, du papier de soir, un petit bouton de gypsophile, abracadabra (…) Nos amitiés gelées, un sourire papier glacé, un souvenir qui se profile« .

Enfin, c’est presque comme sur un vieux bateaux, hantés de vieux loups de mer (rappelant l’ambiance de l’Amsterdam d’un autre Belge, mais aussi un certain Yann Tiersen, compositeur d’Amélie Poulain) que se referme cette « Mariée était seule ». Tandis que la marée Sandra, elle, nous a pris et conquis, voire plus. Avec sa plume d’émotion et une clairvoyance au niveau des arrangements, Sandra Liradelfo est, avec sa petite trentaine, une révélation dont le monde doit pleinement se ressentir en live! À écouter, à voir et à ressentir!

Sandra Liradelfo, La mariée était seule

Facebook ou www.sandraliradelfo.com ou Youtube

CD disponible au prix de 10€ (frais de port inclus)

En concert le Mardi 09 décembre à 20H au Blues-Sphère dans une formule duo avec le trompettiste Antoine Dawans pour une représentation intime. à la Blues Sphère, rue Surlet, 37 à Liège

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