The Guest, un ami qui vous veut du bien…

Présenté hors compétition en première mondiale lors du dernier Sundance Film Festival, The Guest du réalisateur Adam Wingard, a pu, dès sa sortie, convaincre les critiques tant presse que spectateurs. Un film que l’on regarde sans attentes particulières et qui se révèle au final étonnant et inattendu.

Porté par une promesse faite à son camarade tombé au combat, le soldat David Collins décide, après un séjour à l’hôpital militaire, de rendre visite à la famille de son ami. Détruite par la perte de son fils, Mrs Peterson va accueillir cet étranger chez elle, voyant en lui une chance de sauver sa famille. Alors qu’il n’était censé rester que quelques jours, David va finalement prolonger son séjour, se rapprochant de plus en plus en plus d’Anna et Luke, les enfants Peterson. Mais bientôt, des gens meurent autour de cette famille tranquille. Au même moment les sombres secrets de David commencent à refaire surface…

THE GUEST

Surprenant, c’est sans doute le mot qui convient le mieux pour décrire ce film américain indépendant. Au début, durant les premières minutes, on se croirait presque plongé dans l’ambiance typique de ces téléfilms sans grands moyens. Or, très vite, tout change et le spectateur se trouve happé dans une histoire, certes simple, mais surtout passionnante. Quelque chose se trame juste sous nos yeux, pourtant on ne veut pas y croire, on ne veut pas émettre l’hypothèse que tout ce petit monde serein va s’ébranler très bientôt…

Un des grands atouts du film est sans doute son côté noir, presque parodique du thriller. À des lieues de tout ce qu’on a pu voir dernièrement comme films sur les vétérans de guerre (Brothers, Démineurs,…), fiers de leur patriotisme et portant hautes les valeurs américaines, Adam Wingard, préfère nous livrer un sociopathe aussi charismatique que dangereux et dénué de sentiments, la mort brillant dans ses yeux bleus envoûtants. Ce rôle, plutôt inattendu, le réalisateur a décidé de le confier au Britannique Dan Stevens. Un choix étonnant lorsque l’on sait que l’acteur n’est autre que l’interprète du feu Matthew Crawley dans la série presque institutionnelle Downton Abbey. Dan Stevens a reçu avec ce film une chance de se détacher définitivement de son image de gendre idéal, et il n’y a qu’une chose à dire, le défi est réussi. L’acteur colle parfaitement au personnage et est plus que convainquant. A saluer également la performance de la jeune actrice Maika Monroe (récemment vue dans Last Days of Summer aux côtés de Kate Winslet et Josh Brolin) dans la peau de la jeune Anna, partagée entre admiration et crainte face au beau vétéran.

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Bref, peu de choses à reprocher à ce film à la croisée entre Terminator et Halloween, si ce n’est un style horrifique un peu trop présent comme dans cette chasse à l’homme orchestrée au cœur d’un labyrinthe d’halloween: un rien too much! Cependant, c’est assumé de la part du réalisateur You’re Next, qui nous livre un thriller bien ficelé, rythmé et surtout intriguant. Le tout agrémenté d’une critique sardonique des PTSD (Trouble de stress post-traumatiqueet de leur traitement par le gouvernement.

A noter que The Guest, salué par la critique, a été sélectionné au Festival international du film de Toronto dans la catégorie Midnight Madness aux côtés du film flamand Welp et plus récemment pour le Film Independent’s Spirit Awards dans la catégorie meilleur montage.

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Note d’appréciation du film: 3.5/5

Par Alizée Seny

The Guest (HanWay Films) , de Adam Wingard, avec Dan Stevens, Maika Monroe, Leland Orser

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