Olivier Juprelle, incandescent grandiose

Le bruit et la fureur… c’est Faulkner, lui-même inspiré de Shakespeare et de son MacBeth. Que d’égides protectrices donc, pour ce premier album du Namurois Olivier Juprelle. Ce passionné de jazz est pourtant loin d’être un inconnu. Longtemps bassiste pour Mud Flow, le voilà pris par la volonté de s’accomplir musicalement via ses propres compositions et de réaliser avec le complice Jéronimo (décidément véritable bête de travail quand on voit le nombre de projet auquel le Liégeois est associé). Avec raison! Et tant qu’à faire autant faire appel aux meilleurs auteurs du moment pour orner de mots les mélodies qu’Olivier compose, comme Arman Méliès (un des grands artisans de la réussite et du style dans lequel Julien doré s’illustre actuellement) ou Joseph d’Anvers (qui est pourtant bien français). Rien que ça!

Ce qui résulte de cette association d’orfèvre est grandiose: des musiques et des textes inspirés, et ne cédant pas à la facilité, propulsé par une voix hésitant entre parler et chanter. Olivier, il s’écoute avec respect, cérémonieusement, sans rien faire d’autre à côté. Il a quelque chose dans la voix d’un ami de bons conseils, et c’est tant mieux. Il sait percuter aussi, ne pas laisser insensible, celui qui hésite entre le chapeau d’un Crocodile Dundee de la scène belge et une attitude de cowboy. Sauf qu’au lieu de donner des balles à un colt, il donne des émotions aux guitares (quelle variété de sonorités sur ce disque) en parfait bluesman (l’ultime Café du matin, très Mendelson).

Et même si les textes pourraient sembler mélancoliques, les compositions qui les habillent fredonnent plutôt la bonne humeur. Entre une ode à l’amour d’un soir (Le goût de toi, formidable!), Comme un bijou dans le mercure (qui fait fort penser au dernier album de Vincent Venet), un duo crépusculaire avec Coralie Clément (la soeur de Benjamin Biolay) ou un autre avec Li-lo sur Six cent lunes; il n’y a absolument rien à jeter entre poésie sombre et réelle personnalité vacillant entre rock et électro mais parlant souvent d’amour alambiqué. Olivier Juprelle confirme tout le bien qu’on pensait de lui et mérite vraiment qu’on s’intéresse. Car cet album préparé minutieusement ne mérite pas la discrétion et doit se faire entendre. Comme le bruit, comme la fureur! Un des albums incontournables de cette année belge qui ne demande qu’à partir en live et à exp(l)oser son talent.

18/20

Olivier Juprelle, Le bruite et la fureur, chez Granvia

En concert le 11 décembre à l’Atelier 210 (Chaussée Saint-Pierre 210, 1040 Bruxelles)

Et le 13 février au Centre Culturel de Jette

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