Mokaiesh – L’amour qui s’invente

Amour encore, amour toujours avec le nouvel album de Mokaiesh. Mokaiesh, de son prénom Cyril, c’est pour moi, la révélation de ces dernières années, ou du moins en chansons en français. Un ancien tennisman devenu rockeur écorché et acharné et une des plus belles plumes de l’hexagone (il s’était fait remarquer en 2011 avec Communiste , charmant l’entièreté des critiques professionnels), un digne héritier de Ferré (beaucoup plus que Stromae et Zaz ne le sont respectivement de Brel et Piaf), un poète en puissance et surtout, une voix à se damner, capable des plus belles nuances. Un interprète comme il en manque à l’heure des refrains faciles et des musiques répétitives et sans créativité.

Ainsi, Mokaiesh revient avec son troisième album, L’amour qui s’invente, inspiré par un voyage en Argentine. Et là encore, le chanteur revient faire sa révolution à coup de mots d’amour, plus que jamais. Mokaiesh fait d’ailleurs sa Demande en mariage engagée (Paraît que dieu et toute son escorte supportent tous les élans du coeur, une banderille contre les anti mariage gay).

Mais avant tout, l’album s’envole dès le premier titre, Change, où le jeune homme étale son besoin de ne pas rester immobile, de changer (La direction des voiles, le thorax des étoiles, la voltige pure des anges, mais change pour un non pour un oui, change et bientôt, s’oublie l’adresse du paradis, ses folles plages oranges). Il évoque ses craintes, ses maux du siècle, omniprésents dans ses chansons.

S’ensuit l’entraînant La nuit racontant les errances du chanteur dans le Paris étiolé de ses rêves et de l’alcool. Au fil des chansons, Mokaiesh évolue en voltigeur des mots, entre les râles, les souffles, les chuchotements, sans épargner non plus ses cris, parfois désespérés, souvent acharnés. Il vit ses chansons, transpire la sincérité, et c’est assez rare que pour ne pas le souligner. Et les basses, magnifiques, de souligner aussi l’effort vocal (le prenant T’étais belle, comme suspendu.Envole-toi mon amour, ma vallée dégringole, ton plumage est au sol, recolle, recolle, rallie tes fruits, ton miel, prends appui sur ton ciel, salue nos hirondelles) et les allégories, légion dans l’écriture du Français. Mention encore plus spéciale pour Ce grand amour.

Sur les douze titres, tous charment, tous laissent l’auditeur bouche bée face à un tel déluge de paroles à vif et de musique si précise pour toucher le cœur. Mokaiesh signe, une nouvelle fois, un album parfait, d’ores et déjà, un des meilleurs de l’année.

19/20

Album disponible chez Mercury

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