Vision de presse du 14/09
Premier long-métrage de l’Australien Adrian Chiarella, Leviticus tire son titre du troisième livre de la Bible, celui des interdits, des purifications par le sang et des abominations. Tout un programme.
On suit Naim (Joe Bird) et Ryan (Stacy Clausen), deux adolescents d’une communauté rurale ultra-religieuse d’Australie. Leur premier baiser suffit à déclencher la machine.
Dénoncés au pasteur, ils sont soumis à une séance de délivrance qui n’est rien d’autre qu’une thérapie de conversion brutale, soutenue par leurs propres parents – dont une Mia Wasikowska glaçante en mère dévote. C’est pendant ce rituel que quelque chose répond.
Et c’est là que Chiarella bascule du drame social à l’horreur pure. Loin des crucifix qui tournent, il invente une entité métamorphe à la It Follows car le démon prend les traits de la personne que vous désirez le plus et il ne frappe que quand vous êtes seul.
Condamnés à fuir ou à rester collés l’un à l’autre pour survivre, les deux garçons vivent une malédiction qui est la métaphore parfaite de l’homophobie intériorisée.
Formellement, c’est d’une grande rigueur. Pas de jump-scare facile, des plans larges d’une symétrie religieuse, une photographie blafarde et désaturée et une B.O. au synthé obsédante.
Mais le film n’est pas parfait, loin de là. Son dernier tiers pèche par didactisme, expliquant trop sa métaphore : « l’entité veut que l’on ait peur les uns des autres », et du coup on s’ennuie ferme avec des scènes à répétition.
Reste une oeuvre parfois malaisante, radicale, queer, politique, qui plaira aux uns et fera fuir les autres.
Leviticus n’est pas qu’un film sur des démons, c’est un film sur la peur. Pour ma part je ne l’ai pas trouvé passionnant et accrocheur et j’ai dû me forcer pour le voir jusqu’au bout.
Un avis n’étant pas l’autre, à vous de vous faire votre propre opinion.
En salles le 7 octobre.
Jean-Pierre Vanderlinden

