[CINEMA]La Maison de nos Rêves, un viager qui tourne au vinaigre

C’est le pitch parfait de la comédie noire à la française, et Claude Zidi Jr. l’a bien compris.

Dans son nouveau film attendu le 7 octobre dans les salles que j’ai pu voir en vision de presse, Benjamin et Amélie, jeune couple de trentenaires interprété par Kev Adams et Camille Aguilar, pensent avoir trouvé la solution miracle pour devenir propriétaires : acheter en viager la maison sublime au bord du lac à Nicolette, une dame que l’on croit mourante.

Le plan parfait, évidemment, ne l’est pas. Une fois le contrat signé, Nicolette va beaucoup mieux et transforme leur rêve immobilier en véritable cauchemar. Acculés financièrement, Benjamin et Amélie vont devoir envisager des solutions de plus en plus radicales.



Le scénario co-écrit par Kev Adams lui-même revisite avec malice le classique du « Le Viager » version 2026, à l’heure de la crise du logement. L’idée est excellente et terriblement actuelle. 

Le trio fonctionne et Kev Adams (dont je ne suis pas très fan en règle générale), en trentenaire dépassé qui passe du rêve au calcul sordide, retrouve une veine plus grinçante qu’à son habitude. Camille Aguilar , purement excellente, apporte le contrepoint nécessaire, à la fois ancrée et follement drôle dans la panique. On est très vite séduit par son charme.

Mais le film est littéralement volé par Chantal Ladesou. En Nicolette faussement fragile, tantôt grand-mère gâteau, tantôt teigne immortelle à la santé de fer, elle est jouissive. Chaque apparition relance la comédie, avec ce timing et cette mauvaise foi qu’on lui connaît. On notera aussi la participation amusante de R.Jonathan Lambert en agent immobilier roublard et l’apparition jubilatoire de Daniel Prévost.

Zidi Jr. signe une comédie réalisée efficacement, tournée notamment à Aix-les-Bains au bord du lac du Bourget, qui joue bien de la beauté de la maison contre la petitesse morale qui s’installe. 

On pourra reprocher au film ses ficelles un peu grosses dans le dernier tiers, où la comédie noire lorgne vers le vaudeville et accumule les quiproquos. Mais la durée de 1h26 évite heureusement le ventre mou, mais laisse aussi l’impression qu’on aurait aimé creuser davantage l’absurdité cruelle de la situation. 

Reste une comédie populaire, méchante juste comme il faut, qui pose une question simple : jusqu’où  iriez-vous pour acquérir à tout prix la maison de vos rêves? Et c’est là qu’elle fait mouche.

Jean-Pierre Vanderlinden

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