Le tigre de Val-Morin : toutes griffes et grimage dehors, Clara sème la panique malgré elle, en Québécois dans le texte

© Bray-Bourret chez Les 400 Coups

Prêt pour une aventure hallucinante dans une langue différemment chantante? Bienvenue à Val-Morin, au Québec, où il se pourrait qu’un tigre ait retrouvé sa liberté et sème la panique, avec tout un village aux trousses! Improbable?

Résumé du Tigre de Val-Morin par Les 400 coups : Lorsque Clara se retrouve seule, elle s’amuse à se maquiller. Aujourd’hui, elle sera un tigre. Couverte de son vieux chandail aux motifs du fauve et de son maquillage orange et noir, elle sort à la rencontre de son amie Annie, qu’elle voit habituellement lors de ses visites estivales chez grand-mère. Clara est timide et introvertie. Sa tête est pleine de craintes, de doutes et d’histoires qu’elle s’invente. Au fil du chemin qui la mène chez son amie, elle oublie son déguisement et les quiproquos s’enchaînent à la vitesse de l’éclair. Un tigre hante le petit village de Val-Morin. Pourchassée de tous, la fillette se réfugie en forêt où elle trouvera une nouvelle famille… avant de revenir vers les siens, armée d’une toute nouvelle histoire.

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Rassurez-vous, l’autrice Agathe Bray-Bourret nous met tout de suite dans la confidence. Il n’y a pas de tigre dans cette histoire, si ce n’est Clara. Elle est timide, elle voudrait parfois s’effacer du monde qui l’entoure mais a un talent magique pour se déguiser, se maquiller, être qui elle n’est pas. Un tigre par exemple! C’est comme ça qu’elle est partie sur les chemins de Val-Morin. Un peu tête en l’air, elle a même oublié qu’aujourd’hui elle était prédatrice, qu’on pouvait s’y tromper. Et comme elle a de la route à faire, elle va croiser beaucoup de monde. Et l’effrayer quitte à donner l’alerte, à appeler les chasseurs, l’armée, et plus s’il faut. On va la piéger!

© Bray-Bourret chez Les 400 Coups
© Bray-Bourret chez Les 400 Coups

Fort en couleurs, plein d’énergie, le dessin d’Agathe Bray-Bourret nous saute aux yeux et transforme ce conte jeunesse (inspiré de faits réels et même autobiographiques) en un page-turner. Il faut dire que son héroïne ne manque pas de charisme et est la seule à ne pas se rendre compte de la situation, de la méprise. Elle a tellement l’habitude d’être déguisé qu’elle n’y fait plus attention, au contraire des villageois et touristes menacés. Enfin, elle se rend à l’évidence, à un moment, que ça sent le roussi et qu’elle doit se mettre au vert pour échapper à la barbarie humaine. Quitte à se découvrir de nouveaux amis, qu’on dit sauvages mais surtout adorables, un coin de paradis forestier. À redécouvrir avec des yeux de petite fille ou de fauve, pour retourner le monde et ses craintes. Ce livre laisse une jolie griffe, avec la saveur de la langue québécoise en prime.

À (se faire) lire dès 4 ans, chez Les 400 coups.

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