Un an ailleurs pour Max Ducos et sa famille, et pourtant dans leur home sweet home

© Ducos chez Sarbacane

Red Hook, Elizabeth Street, à deux heures de New-York. C’est là que le Bordelais Max Ducos a posé ses valises et ses chevalets, en compagnie de sa famille. Un home exchange de 12 mois aux États-Unis qu’il retranscrit et illustre dans un album magnifique.

Résumé d’Un an ailleurs par Sarbacane: La famille Ducos s’installe pour un an dans le nord de l’État de New York : le voyage, c’est l’aventure ! As-tu déjà imaginé t’installer avec tes parents une année entière dans une maison et un pays inconnus ? C’était le rêve du peintre Max Ducos, qui t’emmène, le temps de ce livre, dans les bagages de sa propre famille, au fond d’une vallée secrète a deux heures de New York. Les saisons défilent, la maison se pare pour les fêtes puis se couvre de neige, les filles de Max s’élancent au-dehors, d’élégants petits animaux s’approchent … Au fil des pages, partage les surprises, les émotions, les jeux, les rencontres, les découvertes – en un mot, la joie ressentie tout au long de cette année exceptionnelle. Une expérience qui changera la vie des deux fillettes. La tienne aussi, peut-être ?

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© Ducos chez Sarbacane



Cet album est une expérience. Un livre à plusieurs héros. Ceux présentés par le texte, qui narrent leur tranche de vie et s’avèrent être les deux enfants de Max Ducos, et celle mise en avant par la peinture, les illustrations: la maison dans laquelle les Ducos trouvent leur place, mettent de la vie, un an durant. Au fil des fêtes, des rendez-vous et des saisons.

© Ducos chez Sarbacane

Max Ducos a choisi son angle, celui de s’observer lui, et sa famille, en posant « sa caméra » face à la maison, par-delà la barrière, sans doute juste au bord de la route. Un peu le procédé inverse du Here de Richard McGuire qui, lui, ne s’échappait jamais de l’intérieur de la maison, de son rez-de-chaussée et ses pièces de vie.

© Ducos chez Sarbacane

Voilà donc un voyage (im)mobile, un timelapse métronomique bousculé par tous les changements, travestissements qui peuvent s’opérer sur une année, avec l’environnement qui change au fil des saisons, ses habitants qui prennent leurs aises. La vie qui jaillit, dans le récit aussi chaleureux que les illustrations qui les accompagnent. Max Ducos a le souci du détail pour nous promener 52 pages durant, un an, face à une maison vue quatorze fois sous le même angle mais de manière différente (sur vingt-trois illustrations pleine page).

Mais, cela dit, outre les petites illustrations qui habillent aussi les pages de texte, donnent du relief ou encore un supplément d’âge au dessin central, s’autorisant à sortir du cadre, Max Ducos nous offre aussi quelques excursions, des surprises élargissant le décor, quittant son havre de paix un instant ou tournant aussi autour de la maison, passant une fois à l’arrière (qui n’est peut-être pas comme nous l’avions imaginé à force d’analyser la façade avant).

© Ducos chez Sarbacane
© Ducos chez Sarbacane

Il y a dans ce livre magnifique, passionnant, un aller-retour qui s’opère entre « être au monde » et faire naître ce monde, par les arts, une sensibilité et une curiosité contagieux. Comment ne pas épingler non plus ce moment touchant, deux double-pages traversant le passé et le futur. Puisque tout change au jour le jour, qu’adviendra-t-il de ce cocon partagé de famille en famille dans quelque temps? Les souvenirs eux sont gravés de manière remarquable.

© Ducos chez Sarbacane
© Ducos chez Sarbacane

À se (faire) lire dès 5 ans, chez Sarbacane.

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