La Gazette du BIFFF 2026 #11 : fantômes nippons, thriller coréen sous tension, Gaua côté basque et zombies de Tasmanie sous tranquillisants — avec des Serbes anti-influenceurs… what else ?

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur pendant que l’hémoglobine gicle à l’écran et que votre héroïne préférée se fait joyeusement trucider… ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFF.

Aujourd’hui, c’est Douglas (twofingersfor/cinergie) qui s’y colle — alors attendez-vous à tout savoir (et peut-être un peu n’importe quoi aussi) sur ce 44ème Festival International du Film Fantastique de Bruxelles : critiques, impressions, anecdotes, coups de cœur et petites baffes… Par ici m’sieurs dames, suivez le guide !

Jury de la critique UPCB / UCC 2026 & Douglas (Cinergie/Branchés/TwoFingersFor)
Jury de la critique UPCB / UCC 2026 & Douglas (Cinergie/Branchés/TwoFingersFor)

 J-P étant absent pendant deux jours, voici une gazette condensée pour ce mercredi 15 et jeudi 16 avril du BIFFF

« Never After Dark, de Dave Boyle (Japan – 2026) »

Une médium chargée d’aider les esprits à passer de l’autre côté se retrouve face à un cas plus coriace que prévu : dans une vieille maison en bois, une présence refuse de partir… et devient franchement menaçante.

NEVER AFTER DARK s’inscrit dans la tradition du ghost mystery japonais, tout en lenteur et en atmosphère. Une histoire de fantôme dans la plus pure tradition japonaise. C’est intriguant, parfois prenant, mais clairement posé : ici, le frisson se fait attendre, au profit d’une ambiance diffuse et persistante.

« Gaua, de Paul Urkijo Alijo (Spain – 2025) »

Au cœur des montagnes basques du XVIIe siècle, une femme en fuite tombe sur trois inconnues en pleine nuit. Autour d’un moment suspendu — entre gnôle, confidences et vieilles habitudes — les histoires commencent à circuler. Quatre femmes, quatre récits qui semblent d’abord épars… avant de lentement se répondre et se rejoindre, comme une même légende racontée à plusieurs voix.

Avec Gaua, Paul Urkijo poursuit dans la veine d’Errementari, mais pousse plus loin encore le mélange de folklore et de critique. Le film se déploie comme une matrioska nocturne, portée par une mise en scène somptueuse : jeux d’ombres, images envoûtantes, sens du détail impressionnant. Et derrière la magie noire et les contes de sorcières, c’est une charge frontale contre l’Église, l’Inquisition et les oppressions qui se dessine. Un récit qui prend son temps, mais dont toutes les pièces finissent par s’imbriquer avec une belle cohérence.

« Sister, de Sung-Moon Jin (Korea – 2026) »

Sur le papier, tout est simple : un enlèvement bien huilé, une planque paumée, une rançon à encaisser. Mais très vite, les certitudes vacillent et les rapports de force se brouillent, chacun semblant jouer sa propre partition.

Evoto

Avec SISTER, on tient un thriller coréen en huis clos efficace, porté par une tension bien maîtrisée qui garde le spectateur en alerte. Si le BIFFF nous a déjà habitués à des thrillers coréens plus marquants, celui-ci reste solide, malgré quelques facilités et une dernière partie un peu étirée. Rien de révolutionnaire, mais un moment prenant qui fait le job.

« We Bury the dead, de Zal Hilditch (2025 – Australia/Usa) »

Après une explosion électromagnétique qui fige toute une population, la Tasmanie devient un décor irréel peuplé de corps immobiles… ou presque. Une volontaire y débarque avec l’espoir de retrouver son mari, peut-être encore en vie.

Zak Hilditch livre ici une belle surprise zombiesque, à contre-courant total. Les morts-vivants version sous tranquillisants imposent un rythme lent, presque hypnotique, laissant toute la place à une ambiance soignée et à des paysages tasmaniens magnifiques — de quoi donner des envies de road trip en Ducati rouge.

Moins dans l’hémoglobine que dans l’atmosphère, le film séduit par son approche différente et a clairement su ravir les fans du BIFFF en quête de quelque chose d’un peu à part.

« Karmadona, de Aleksanda Radivojevifa (Serbian – 2025) »

Qu’un artiste renie son œuvre, passe encore. Mais qu’un dieu décide de faire le ménage lui-même, façon grand nettoyage cosmique, ça devient tout de suite plus corsé… Ici, Siddharta en a visiblement ras-le-bol et choisit une voie radicale pour remettre l’Humanité à sa place. Aleksandar Radivojevic balance un objet tordu et frontal, entre fable mystico-philosophique et charge venimeuse contre notre époque — avec en ligne de mire une bonne dose de satire anti-influenceurs. Le film interroge le bien, le mal et la responsabilité, tout en poussant volontairement très loin la provocation, quitte à s’attaquer à des tabous lourds — femmes, enfants — et à mettre le spectateur franchement mal à l’aise.

Un bon gros film comme le BIFFF les aime : sans filtre, brutal et clivant. L’ensemble reste parfois un peu cheap, avec un traitement visuel inégal, comme si plusieurs équipes s’étaient succédé derrière la caméra. Clairement, beaucoup risquent de détester. Mais on ne peut pas lui enlever une chose : il va au bout de son idée, sans jamais reculer. Et pour les amateurs, le final en asile propose une montée bien gore qui marque les esprits.

Une gazette un peu réduite aujourd’hui, mais JP revient dès demain pour reprendre les commandes et poursuivre la couverture de ce BIFFF dans une salle qui tourne à plein régime.

Brussels International Fantastic Film Festival

https://www.instagram.com/twofingersfor/

Plus que deux soirées à ne pas louper : la clôture et le Bal des Vampires (gratuit !) pour terminer en beauté… et finir ce festival comme il se doit. 🧛‍♂️

Et en bonus, la série SF du BIFFF dispo sur AUVIO: 

https://www.cinergie.be/article/nicolas-boucart-et-olivier-tollet-a-propos-de-la-serie-ethernel

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