Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la Gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 44eme festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !
Dimanche 12 avril, à nouveau c’est la grosse foule au BIFFF. Cette année la plupart des séances sont saluées par un public nombreux et ça fait plaisir à voir.
La soirée démarre à 18h30 avec :
PAST LIFE de Simeon Halligan (UK – 2025)
Après un séjour costaud dans les geôles syriennes, Jason jongle entre son stress post-traumatique, son boulot de journaliste et Claira, sa femme et future mère de son fils. Bien décidé à ne plus hurler en pleine nuit tout en perdant deux litres d’eau à chaque cauchemar, Jason – bien que sceptique sur ces méthodes de rebouteux – décide de s’essayer à l’hypnotisme pour évacuer son foutu trauma, et devenir un père équilibré qui arrête de voir des Talibans partout. De ce point de vue là, la séance fonctionne parfaitement. Seul bémol, il vient de découvrir qu’il était un tueur en série sadique dans l’une de ses vies antérieures…
Avec ce film, on peut saluer la mise en scène de Halligan pour sa capacité à créer une atmosphère qui rappelle les thrillers des années 70, malgré un cadre contemporain. Le film est stylé et divertissant malgré quelques effets répétitifs et parfois un certain manque de rythme.
La performance d’Aneurin Barnard (Jason Frey) est correcte, par son jeu parfois un peu lunaire, semblant parfois déconnecté de la réalité, il apporte une vulnérabilité crédible à son personnage de journaliste de guerre traumatisé.
Cependant Past Life donne par moment une sensation de manque de profondeur par rapport aux thèmes abordés comme le trauma et l’hypnose, certaines scènes étant assez prévisibles, dans un scénario qui peut sembler malgré tout confus sur une première vision.
On est donc en présence d’un bon thriller, efficace, mais qui manque un peu d’épaisseur pour en faire une péloche de référence.
Sympa.
Note : 13/20
Très grosse foule à 20h45 pour le film norvégien de monstre un peu mainstream :
KRAKEN de Pål Øie (Norvège – 2026)
Johanne est une biologiste marine basée à Vangsnes, sympathique village posé sur les rives du Sognefjord. Un cadre idyllique avec des falaises qui culminent à 1000 mètres et un fjord énorme – le plus grand d’Europe, paraît-il – qui est tout aussi profond. Bref, y a de quoi fouiller pour Johanne. La seule ombre au tableau, c’est ce promoteur avide qui rêve de transformer ce sanctuaire en mare à sushis vivants pour ses clients japonais. Puis, l’ombre va grossir avec la mort brutale et soudaine de deux ados de la région. Et cette ombre va alors s’étaler dans les profondeurs du fjord, comme si toute cette agitation avait dérangé le paisible sommeil d’une bestiole mythique. Du genre immense. Féroce. Tentaculaire. Vorace. Et furieuse de ce tapage incessant !
Le film se déroule dans les très beaux fjords de Norvège.
Ce film de monstre marin peut être salué pour l’atmosphère oppressante qu’il engendre et les effets visuels de la créature assez réussis. On est ici face à un pur divertissement qui vous tiendra en haleine durant 100 minutes. Même si les réactions de certains personnages face à la situation de crise qu’ils vivent peuvent être discutables et sujet à certaines critiques.
Le mythe du Kraken trouve ses véritables origines dans les légendes maritimes de Norvège et du Groenland datant des 12ème et 13ème siècles. Cette œuvre mêle intelligemment science, questionnement écologique et horreur. L’idée que la destruction de l’environnement par l’homme pourrait modifier l’écosystème marin, et involontairement réveiller des forces naturelles antiques et terrifiantes est ici exploitée en marge de l’histoire elle même .
Cette immersion totale dans les fjords est assez réussie, là ou la noirceur des profondeurs cache un monstre terrifiant insoupçonné.
Suite à l’écran, je vous le conseille en tout cas.
Note: 14,5/20
Cette Gazette se termine ici. Demain lundi 13 avril c’est jour de relâche au BIFFF, histoire de recharger quelque peu ses batteries et de revenir en bonne forme pour terminer la deuxième semaine du festival. Prochaine Gazette, le 15 avril.
Restez branchés !
Jean-Pierre Vanderlinden


