John Corabi et son supergroupe au Zik-Zak : mémoire du hard rock et élégance collective pour l’European Shuffle Tour 2026

Dans le cadre du John Corabi & Friends – European Shuffle Tour 2026, le passage au Zik-Zak d’Ittre s’inscrivait comme une traversée vivante de plusieurs chapitres du hard rock américain.

Car John Corabi n’est pas simplement un chanteur en tournée : il est un trait d’union entre différentes époques du genre. Avant cette formule “Friends”, il a successivement marqué The Scream, rejoint Mötley Crüe au milieu des années 90’s pour l’album éponyme de 1994, cofondé Union avec Bruce Kulick, puis intégré The Dead Daisies. Autant d’étapes qui ont façonné une identité plus organique que glam, plus terrienne que spectaculaire.

Au Zik-Zak, cette histoire ne s’expose pas comme une nostalgie. Elle circule.

Autour de lui, le line-up justifie pleinement l’appellation “Friends”. :

Michael Devin, ex-Whitesnake et The Dead Daisies, apporte une assise grave et stable.
Paul Taylor, pilier de Winger, enrichit le spectre harmonique.
Jeremy Asbrock, collaborateur d’Ace Frehley, injecte un jeu incisif.
Troy Luccketta, membre historique de Tesla, impose une frappe solide et nuancée.
Marti Frederiksen, producteur et compositeur associé à Aerosmith et Def Leppard, apporte profondeur mélodique et densité vocale.

Ce collectif donne au concert une dimension presque “supergroupe”, mais sans l’arrogance qui accompagne parfois ce statut.

La set list officielle agit comme une cartographie de cette trajectoire.

New Day et That Memory ouvrent le bal avec sobriété.
I’m Gonna Ride et One More Shot installent un rock frontal.

La période Union est revisitée avec Love (I Don’t Need It Anymore) et Do Your Own Thing, livrées avec une tension maîtrisée.
Good to Be Back Here Again agit comme une respiration complice, avant Love That’ll Never Be.

Avec When I Was Young et 1969, le classic rock affleure.
Puis vient le moment plus dense : Hooligan’s Holiday (Mötley Crüe) Dans la proximité du club, le morceau retrouve sa dimension dramatique originelle, c’est simplement exceptionnel.

La reprise de Midnight Moses (SAHB) injecte une énergie brute et instinctive.

Enfin, le rappel scelle la soirée avec Man in the Moon en version longue

Le final est d’une grande intensité : pas d’explosion spectaculaire, mais une montée progressive, dense, presque méditative. Les refrains sont repris en chœur, la tension tenue jusqu’à la dernière note.

Au Zik-Zak, John Corabi ne rejoue pas simplement les chapitres de sa carrière. Il les rassemble, les assume et les reformule avec maturité.

La European Shuffle Tour 2026 apparaît ainsi comme une synthèse vivante d’un parcours qui traverse, sans nostalgie excessive, plusieurs décennies de hard rock.

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