Tous des menteurs: dans ce monde de fou, de baratineurs, d’embellisseurs, à qui se vouer? À soi, si seulement on ne se ment pas… à soi-même

© Frier/Marchal chez Alice

Blablablabla, dans ce monde où l’on croit parfois qu’il faut être important pour être intéressant, il y en a beaucoup qui ne serait pas contre enjoliver la réalité. Un peu de si là, un peu de ça ici, et voilà l’histoire qui est un peu plus sexy, touchy. Choses encore plus faciles avec l’avènement des réseaux et désormais des intelligences artificielles avec leur armada de trucs pour tricher.

Résumé de Tous des menteurs par Alice Éditions: Ma parole, tout le monde ment dans cette histoire ! Georges dit qu’il a mangé une girafe, Lison qu’elle a porté une montagne. Et Rosie, elle jure qu’elle a réussi à dresser un ver de terre. Pfff ! N’importe quoi !

À lire aussi | Avec l’étincelant et terrifiant Cry Wolf Girl, Ariel Ries sort du bois: quand on crie au loup, que les autres n’en voient pas la queue et que vous êtes bien seul, à vous demander qui a raison

© Frier/Marchal chez Alice

Mais l’héroïne de Raphaële Frier (aux textes) et Stéphanie Marchal (aux dessins) n’est pas dupe: tout le monde ment à un moment ou à un autre. Sauf elle?

Voilà donc, sur des doubles-pages, qui passent du postulat coloré, extatique et donc… mensonger, à gauche, à la petite détectrice de bobards qui leur rit au nez, en toute simplicité. Enfin, attendez.

© Frier/Marchal chez Alice

Notre hôte n’a pas de prénom, de quoi renforcer l’identification du lecteur, ça peut être vous ou moi, au fond. Perdus que nous sommes face à des allégations qui semblent loufoques mais demanderaient confirmation. Bien sûr, ça ne se peut pas que Georges ait mangé un steak de girafe (encore que), mais attention la réalité peut dépasser la fiction.

Puis si elle jette la pierre à tout le monde, comment être sûr que notre héroïne n’a jamais fait d’écart par rapport à la stricte vérité?

© Frier/Marchal chez Alice

L’écriture de Raphaële Frier est rythmée (on se prendra au jeu de répéter qu’un tel est un menteur, c’est tout!) et inspirée, tandis que Stéphanie Marchal surfe sur les mots de son dessin évoquant le rêve, les mondes animaux et humains mélangés, jouant avec les limites physiques des planches aussi parfois. Jusqu’à, évidemment, le feu d’artifice final. Vous n’allez pas en croire vos oreilles.

À (se faire) lire, dès 3 ans, chez Alice Éditions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.