Battre les oeufs, verser la farine, etc. Entre deux câlins, ma petite de trois ans adore faire de la pâtisserie et imiter sa maman. Mais, attention, la cuisine, ce n’est pas un jeu d’enfant. C’est ce que la famille Passiflore découvrait, coup de chaud en prime, dans sa dixième aventure, en 1995, aujourd’hui rééditée dans un format rafraîchi et un peu plus grand.
Résumé de La famille Passiflore – Les beignets flambés par les Éditions Daniel Maghen : Cet après-midi les cinq petits Passiflore sont seuls à la maison. Leur père, Onésime, et tante Zinia sont partis faire des courses. Et si on préparait des beignets pour le goûter ? Rien de plus facile avec le livre de recettes de tante Zinia ! Tout va très bien jusqu’au moment où… Aïe ! Aïe ! Aïe ! L’huile grésille, déborde et la bassine prend feu… Les gourmands intrépides vont-ils éviter la catastrophe ?
Sans leur papa et leur tante, si attentifs, les petits Passiflore se sentent pousser des ailes. Ça va sentir bon le beignet quand les adultes rentreront. Mais allumer la gazinière quand on n’est pas plus haut que trois pommes (même si elles seraient tellement bonnes en beignets), sans surveillance, ça peut déraper.
Trente ans plus tard, cette histoire brûlante fait toujours son effet et mouche. Le talent bienveillant mais prévenant de Geneviève Huriet et Loïc Jouannigot est inusable et entraînant pour nous faire passer du sourire malicieux à l’état d’alerte maximale. Une flamme, deux flammes, bien vite beaucoup de fumées. Il faut parer au plus urgent, faire sortir les plus petits et pratiquer les gestes de premiers secours.
Et là, de leur fiction animalière, les deux auteurs épousent la réalité humaine et moderne pour freiner toutes les fausses bonnes idées pyromanes et mettre en avant les excellents réflexes qui permettront au mieux de repousser la brasier en attendant l’arrivée des professionnels et des voisins solidaires. Beignets cramés mais banquet final quand même, comme chez les Gaulois. Je suis toujours aussi fan du graphisme chaleureux (jamais trop, lui) de Jouannigot, de ces doubles-planches amples et détaillées, dans lesquelles on se sent bien. Tout est forcément bien qui finit bien.