Que ne ferait-on pas pour échapper au repas de Noël? Voilà pourquoi Betty l’oie et Polo le coquelet Polo veulent se reconvertir en… animaux de compagnie!

© Poissier chez Dargaud

L’incroyable voyage version volailles, Chicken Run en duo, c’est l’aventure dans laquelle nous embarque Adrien Poissier, pour sa première bande dessinée après plusieurs albums jeunesse. La fête, ça leur plaisait, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’ils étaient au menu: Betty et Polo sont prêts à tout pour échapper à l’échafaud. Le miracle de Noël se réalisera-t-il et arriveront-ils à devenir transfuges de classe et de parfaits petits animaux de compagnie? Un périple initiatique ou absurde?

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Résumé de Betty & Polo – La grande évasion par Dargaud (coll. Charivari) : Betty et Polo sont des animaux de ferme. Ils appartiennent à l’échelon le plus bas dans la hiérarchie des animaux : les fonds de bouillons, ceux destinés à finir dans une assiette. Bien décidés à ne pas garnir la table du réveillon, ils parviennent à s’enfuir juste avant Noël, et découvrent qu’il existe une école pour devenir de parfaits animaux de compagnie. Mais pour une oie et un coquelet, la tâche s’annonce bien difficile et ils devront puiser dans des réserves de ruse et d’intelligence jusque-là insoupçonnées. Betty et Polo parviendront-ils à décrocher le statut tant convoité d’animal de compagnie ?

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Les associations luttant pour le bien-être animal ont beau le rappeler, chaque année, les produits de ferme et du terroir trustent les rayons et les tables de fêtes. Au détriment de nombreux animaux de la ferme et de la basse-cour, condamnés à être engraissés, tués puis mangés. Leur donner un prénom peut-il dès lors les « humaniser » et faire réfléchir?

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Toujours est-il que Betty et Polo, oie et coquelet, n’attendent pas la prise de conscience des consommateurs pour se faire la malle. Prendre leur envol, façon de parler, puisqu’ils ont le bec cloué au sol. Et bientôt haché s’ils ne prennent pas la poudre d’escampette.

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En dix chapitres et 160 pages, de l’abattoir à l’école des animaux de compagnie (et son sacré microcosme) en passant par la décharge, un ring de catch et un photomaton, Adrien Poissier nous a concocté un festival absurde, plein de péripéties et un peu de cynisme, fruit de ce monde cruel et déjanté qui est le nôtre. Avec son style minimaliste mais terriblement efficace, dans la même veine que le travail de Benjamin Renner (le fameux Grand méchant renard), l’auteur réinvente la fugue des gallinacés façon buddy movie, en compagnie de deux héros inénarrables. Inarrêtables? En tout cas, la créativité et l’esprit chtarbé d’Adrien Poissier font mouche, avec bonheur, bonne humeur et quelques fous rires. Auteur à suivre.

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À lire chez Dargaud (coll. Charivari).

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