
Souris des bois, souris de l’eau, mais toutes deux souris du pont. Marmelade et Mirabelle sont inséparables et exclusives ! Peut-être trop? Toujours est-il qu’un jour de tempête, patatras, le pont est détruit, les deux amies ne peuvent plus se rejoindre. Comment maintenir le lien? Et tiendra-t-il la distance? Alors que la jalousie et l’impuissance menacent l’amitié. Marie-Lou Hainsselin nous conte une très jolie histoire, sucrée, salée, qui invite aussi nos tête blondes à voir le vaste monde, à l’explorer avant, qui sait, de retrouver le confort et les certitudes de leur petit pré carré.

Résumé de Marmelade et Mirabelle par Gallimard Jeunesse : Il était une fois une petite souris grise et une petite souris blanche, qui vivaient au bord d’une rivière, de chaque côté d’un très vieux pont. Jouer, manger, rêver, elles faisaient tout ensemble. Jusqu’au jour où…
Marmelade et Mirabelle, c’est une amitié en or. Un jour sans fin qui suit quotidiennement la même recette (d’une délicieuse tarte aux mûres, par exemple). Marmelade et Mirabelle sont en fusion, fonctionnant « l’une pour l’autre, l’autre pour l’une ». Jusqu’à la catastrophe donc, en plein déluge, qui allait être suivie par de nombreuses larmes de Marmelade, la petite souris que nous allons principalement suivre après cette inattendue séparation.

Au fond, la destruction du pont est-elle la pire chose qui soit arrivée pour ce duo? Ou la meilleure? C’est cette question que Marie-Lou Hainsselin explore avec beaucoup de finesse et de tendresse. Car une amitié peut parfois devenir encombrante, sans qu’on s’en rende compte, et ne pas permettre l’affirmation de soi. Le danger peut être l’habitude. Avec cette mésaventure, les deux petites souris vont non seulement tester la force de leur connexion mais aussi, pourquoi pas l’enrichir tout en s’intéressant à d’autres personnes. Ne t’inquiète pas Marmelade, pourquoi Mirabelle t’oublierait-elle sur l’autre rive? Et si elle se met à fréquenter un hérisson, une cane, un lapin, deux musaraignes et un blaireau grincheux, ce n’est certainement pas pour te remplacer! Après tout, la vie continue même dans les épreuves. Le pont ne se refera de toute façon pas tout seul. Mais on a parfois besoin, envers et contre soi, d’avancer un peu seul aussi.

L’autrice a la bonne idée d’inviter la méfiance face aux apparences dans la recette de son livre. Vous savez, ces idées grises mais fausses qu’on se met en tête parfois, par pessimisme, alors qu’elles ne peuvent qu’agréablement nous surprendre. Il ne faut pas perdre espoir. Puis, une amitié, elle peut grandir, accueillir de nouvelles personnes. Il ne faut pas se fermer aux autres, qui peuvent nous aider à faire des choses plus grandes. J’ai adoré le climat, les ambiances de cette histoire, le charme de ces petits animaux bourrés d’émotions et qui nous permettent de tirer quelques jolies leçons.

Dès 4 ans, à lire chez Gallimard Jeunesse

