
Rififi, voilà un mot que les enfants vont adorer. Énigmatique, rythmique, amusant. D’autant plus qu’avec l’imagination de Maude De Bel et Laurent Simon, ce mot d’ailleurs, comme une formule magique, va mettre une sacrée pagaille dans la garde-robe de Suzanne. Elle n’a qu’à prendre plus soin de ses affaires, na!

Résumé de Du rififi chez les habits par les Éditions Mijade : Tous les matins‚ c’est la même histoire: Suzanne s’énerve‚ se roule par terre et se bagarre avec ses habits. Eh oui‚ elle déteste s’habiller! Mais pour ses vêtements‚ ce n’est pas non plus une partie de plaisir! Ils n’en peuvent plus d’être étirés‚ salis et jetés dans tous les sens. Et s’ils se cachaient pour que Suzanne comprenne enfin leur utilité?
« Qu’est-ce qu’on va mettre comme tenue aujourd’hui? » Notre miss, à deux ans et demi, sait ce qu’elle veut, quitte à refuser la tenue prévue par maman pour choisir sa couleur et le style pour être mignonnette. Dans sa garde-robe, pas mal d’habits en sont à leur deuxième vie. Un enfant, anonyme, les a portés un jour puis, sur une brocante par exemple, ils ont trouvé une nouvelle famille, nous. Et notre petite, jusqu’ici, les chouchoute. Pourvu que ça dure.

Car, chez Suzanne, c’est une autre paire de manches. Enfant sauvage, elle vivrait bien toute la journée en (couche-)culotte. Les vêtements, ça gratte, ça pique, ça saucissonne. Quelle invention stupide! Vraiment?
Et pourtant, si un jour, tous ces tissus se faisaient la malle; si comme les jouets de Toy Story, ils s’animaient pour vivre une autre aventure, Suzanne serait bien dépourvue. Même toute nue, sa maman ne lui permettrait pas de manquer l’école. Alors, comment s’habiller?

Avec le très cartoonesque et vintage Laurent Simon, qui met aussi bien en valeur cette fillette qui ne tient pas en place que ces pantalons et autres pulls qui prennent la fuite comme les balais de L’apprenti sorcier, Maude De Bel livre une petite histoire contemporaine portée par l’enthousiasme d’une intenable petite fille. Si tout ressemble à un jeu d’enfant, j’ai beaucoup aimé les thématiques esquissées : le respect des choses à une époque où les parents éduqués par la société de consommation auraient vite fait de transmettre l’idée du jetable et remplaçable, le fait d’être bien dans sa peau et dans sa tenue et, finalement, pourquoi pas, de s’habiller comme on veut, avec une touche de folie. Après tout, des écoles proposent bien des journées en pyjama. C’est peps.




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