Ce samedi 17 mai, Michel Polnareff s’est produit sur la scène de Forest National à Bruxelles dans le cadre de sa tournée intitulée « La Derrière Tournée« . Pour les fans de l’artiste, ce concert était bien plus qu’un simple spectacle : c’était l’occasion de célébrer l’œuvre d’un des plus grands chanteurs français, qui a su traverser les décennies avec des titres devenus cultes.
Dès les premières notes de Le Bal des Laze, le ton était donné. La scénographie superbe et spectaculaire, a plongé le public dans l’univers unique de Polnareff. Des jeux de lumière et les projections visuelles accompagnaient chaque morceau, créant une atmosphère immersive qui a captivé les spectateurs tout au long des 90 minutes de spectacle.
Accompagné de neuf excellents musiciens, Michel Polnareff, assis derrière son piano, la main gauche la plupart du temps posée sur son micro, restera dans cette même position tout au long du concert, jouant beaucoup moins de piano qu’avant, laissant juste de temps à autre sa main droite capable encore de belles fulgurances courir sur celui ci.
Mais même s’il s’en défend en nous proposant de faire taire un journaliste qui avait écrit qu’il ne pouvait plus jouer de la main gauche en interprétant un rythme de boogie avec celle ci (une suite de notes assez simple et répétitive pour un pianiste), il sera assez rare de le voir jouer des deux mains avec ce génie qu’on lui connaissait auparavant. Par contre à 81 ans la voix est toujours là, et Michel et les talentueux musiciens qui l’accompagnent ont su faire vibrer la salle avec une performance énergique et remplie d’émotion.
Les arrangements musicaux, à la fois fidèles aux enregistrements originaux et revisités avec modernité, ont permis de redécouvrir les classiques sous un nouveau jour. Les fans ont eu le plaisir d’entendre des titres incontournables tels que L’Amour avec toi, Je t’aime, La Mouche, Dans la rue, Kâma Sutra, Love Me please Love me, Tout tout pour ma chérie, On ira tous au Paradis, Tam Tam, et Qui a tué grand-maman, chacun suscitant des souvenirs et des émotions chez le public.
Trois titres de son dernier album Untempspourelles seront aussi interprétés ce soir là avec Villa Cassiopée, Tu n’m’entends pas et Sexcetera.
Un moment particulièrement touchant a été la performance de Lettre à France interprétée a cappella. La voix puissante et haut perchée de Polnareff a résonné dans la salle, créant une connexion profonde avec les spectateurs. Ce choix audacieux a démontré non seulement son talent vocal, mais aussi sa capacité à toucher encore et toujours le cœur de son public.
Chaque chanson a d’ailleurs été accueillie par des applaudissements enthousiastes, témoignant de l’affection que les fans, ses moussaillons comme il les appelle, portent à cet artiste légendaire.
C’est avec Goodbye Marilou que Michel Polnareff prendra congé avant de disparaître dans la pénombre alors que de belles lumières et effets spéciaux envahissent la scène
En somme, le concert de Michel Polnareff à Forest National a été bien plus convaincant que lors de sa tournée précédente en scène centrale, une scène fixe qu’on aurait voulu tournante, certains spectateurs n’ayant vu pendant tout le show que le dos de leur artiste favori.
Cette fois même si on sait l’artiste diminué par les gros problèmes de santé qui ont failli lui coûter la vie, il nous est apparu plus en forme et a proposé un show, court il est vrai, mais magnifiquement mis en scène, allant à l’essentiel avec un plaisir visible d’être sur scène dans une ville qu’il aime beaucoup.
La salle bruxelloise dans laquelle il avait donné un concert mythique et historique en 1975, auquel j’ai eu la chance d’assister ( problèmes de sono, utilisation d’un mégaphone, trains venus de France où il était interdit alors) a vibré avec ses chansons et un public qui même si la salle était loin d’être remplie s’est vite levé pour partager ces bons moments plus proche de son artiste favori.
La Derrière Tournée de Polnareff, qui sera certainement sa dernière, même s’il laisse planer le doute à ce sujet, laissera en tout cas un très beau souvenir dans le coeur des admirateurs belges de ce génie de la chanson française.
Intemporel !
Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman








