Pas encore au cinéma, Le monde des cancres de Nicolas Bary et Justine Cunha déboule en BD, ce n’est plus une école, c’est un camp de redressement

© Bary/Cunha/Phillips chez Dupuis

TimpelPictures et Dupuis présentent Le monde des cancres. Ce n’est pas encore du cinéma mais c’est déjà une bande dessinée. Après avoir adapté des romans (Henry Winterfeld et Les enfants de Timpelbach, Daniel Pennac et Au bonheur des ogres), le producteur, réalisateur et scénariste Nicolas Bary avait porté à l’écran un certain Petit Spirou, le début d’une collaboration avec Dupuis, du 9e au 7e Art (une hypothétique adaptation de Soda en série anglaise) mais aussi en sens inverse. En témoigne donc ce premier tome d’une série jeunesse et scolaire pas comme les autres.

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Résumé du tome 1 du Monde des Cancres par Dupuis : St Joseph est un internat d’excellence, aux résultats inégalés et à la discipline exemplaire. Du moins, en apparence. Car dans les sous-sols se cache une partie secrète et escamotée, construite par la directrice, afin de remettre les mauvais élèves et les récalcitrants dans le droit chemin. Mieux vaut ne pas être collé et envoyé là-bas ! Des salles de punition incroyables y ont été installées avec de véritables épreuves à passer et des machines en guise d’enseignants…

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S’il a un temps – il y a 4 ans – été question d’une mini-série de 8 épisodes de 26 minutes, sous le nom international Under The School, qui sait sous quelle forme finale le projet Le monde des cancres atteindra le (télé)spectateur. En attendant, c’est la bande dessinée qui pointe le bout de son nez, Le monde des Cancres, avec Nicolas Bary à la création de l’univers et au scénario aux côtés de Nina Phillips et avec Justine Cunha au dessin et aux couleurs. Voici quelques extraits des débuts avant mon avis.

 

Après un prologue-flashforward qui met les héros dans une situation périlleuse (et dont le lecteur n’aura pas le fin mot dans ce tome, c’est un peu ballot et malhonnête en plus de créer une fausse tension), nous voilà donc à Saint Joseph. Une école? Un manoir? Un centre de redressement et d’expérimentation sur cobayes récalcitrants? En tout cas une imposante bâtisse au bord d’une falaise, au coeur d’un orage qui semble permanent. Bienvenue en enfer. Les professeurs et leur directrice sont à l’image des lieux, glauques, austères, intransigeants. Face à eux, les élèves doivent se serrer les coudes. Si l’on prétend ici diviser (et punir à tire-larigot) pour mieux régner, l’humain est imprévisible et encore plus de jeunes enfants et adolescents qui n’ont rien à perdre pour survivre aux règles strictes et d’un autre temps. Un temps passé mais avec le goût des nouvelles technologies, des robots et des salles secrètes.

© Bary/Cunha/Phillips chez Dupuis

Comme dans un Poudlard franco-belge, on explore les surfaces visible et invisible de cet iceberg fait de vieilles pierres et d’autres futuristes. Au fil des punitions décernées aux héros et futurs amis, Justine Cunha a tout le loisir d’utiliser sa grammaire pop et peps, attractive, pour ce genre d’aventure, dans la veine des Goum et autres Gijé. Il y a là de très chouettes moments graphiques pour un premier tome dont l’intrigue m’a paru un peu fade. L’univers est riche, mais ce premier acte tourne court et la psychologie des personnages peu travaillée. Quant à certaines séquences, on sent que les scénaristes se sont heurtés aux murs de la bande dessinée et à ses différences avec le cinéma. La scène de torture de nos jeunes héros sur fond de collision entre deux trains est typiquement cinoche mais fonctionne malheureusement moins en BD, par exemple. Dommage, car le pitch est clairement emballant et l’univers plein de promesses. Avec le second tome, ce sera quitte ou double. On croise les doigts.

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À lire chez Dupuis.

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