
Ah, vaste sujet que la colère, encore plus quand on est tout petit sur Terre et qu’on a tout à apprendre. Dont la frustration. Quand votre petit monde s’écroule et que vous n’avez d’autre choix que pleurer, que de crier. La colère, c’est parfois compliqué de mettre des mots dessus, alors on peut passer par les images, les couleurs, les symboles. C’est ce que font Thierry Robberecht et Philippe Goossens, pour apprivoiser le dragon qui sommeille en nous.

Résumé de La colère du dragon par Mijade : Quand je suis en colère, parfois, je sens comme un feu grandir en moi. Je deviens tout rouge et je me transforme en un horrible dragon gigantesque qui casse tout et qui ne reconnaît plus rien ni personne! Après, je reste assis sur mon gros derrière de dragon au milieu des ruines de ma chambre. Je pleure, et mes larmes éteignent le feu qui brûle en moi. En un rien de temps, je redeviens un petit garçon et maman est là pour me consoler.

C’est non! Le mot magique des bébés qui se jouent des adultes et les font tourner en bourriques, se retourne parfois contre eux. Car les parents aussi le maîtrisent. Alors, forcément, quand ils disent non, c’est non. Ils ont beau avoir de la patience, face à l’impatience des enfants, qui reviennent toujours à l’assaut pour avoir ce qu’ils ne peuvent pas avoir, faire des bêtises…
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On a beau être petit, on sait se faire entendre, avec des cris, des larmes, des poings qui tapent fort les murs ou le sol. Position étoile de mer sur la terre. Et ça peut durer, être impossible à calmer avant un long moment. Le feu intérieur doit parfois s’éteindre de lui-même.

Faisant communier leur tout jeune héros avec ce feu irrépressible, Thierry Robberecht et Philippe Goossens racontaient une métamorphose, en 2003: La colère du Dragon, aujourd’hui réédité chez Mijade. 12 doubles pages cartonnées et rougeoyantes, avec un texte qui sursaute de fureur et des dessins qui se font de plus en plus monstrueux. Car notre héros se transforme en dragon. Sans plus rien contrôler, sans comprendre ce qu’il se passe. Comment il en est arrivé là, le lecteur ne le saura pas, c’est dérisoire. C’est tout le cheminement de l’explosion au retour au calme et à l’amour, au réconfort familiaux, que les auteurs explorent avec l’art et la manière, les images qui claquent et mettent des symboles éloquents sur ce qui traverse l’esprit de nos mômes. Et les images, ça peut apprendre à mettre des mots sur des sensations et sentiments aussi f(l)ous que la colère et la violence qu’elle met en scène.


À lire chez Mijade


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