Il n’arrête pas de pleuvoir et nous, maintenant, en plus, nous pleurons la perte d’Étienne Willem. Grand monsieur de la BD belge, des mondes fantasy et steampunk, mêlés à d’anthropomorphisme, Etienne Willem a tiré sa révérence le 16 juin 2024, à 51 ans. Vrai gentil, le natif de Charleroi était depuis longtemps devenu un lord luxembourgeois, s’installant en terres libramontoises, mais on soupçonnait qu’il y avait trouvé un portail menant instantanément vers les terres gaëliques, des univers merveilleux et parallèles (comme Herbeutagne, mélange d’Herbeumont et Bretagne, royaume présent dans L’épée d’Ardennois) qu’il représentait si bien dans ses albums. On ne s’en lasse pas, on en redemandait infiniment. Mais, inséparable de son kilt, son whisky et de sa pipe, Étienne Willem a mis fin à cette belle et magique histoire.
Dans le monde de la BD et au-delà, tout le monde est resté paf, sans mot, même les scénaristes les plus verbeux. Puis, certains ont retrouvé la plume, le crayon pour rendre hommage à ce prodige de la bande dessinée. Il l’aura portée dans ses élans anthropomorphistes, féminins, steampunk ou encore fantasy (médiéval ou non), des histoires malines, généreuses, étincelantes, intrépides (L’Épée d’Ardennois, Vieille Bruyère et Bas de Soie, Les Ailes du Singe, La fille de l’Exposition Universelle, une adaptation terrible du Paris des Merveilles – Les Artilleuses). Si une poignée de médias (sans doute trop peu au vu du talent du gaillard, même si la notoriété post-mortem n’enlève pas la peine) a rendu hommage à cet humble surdoué, nous vous proposons ci-dessous quelques dessins, mots partagés par ses pairs, ses amis, ses proches, tellement justes et sensibles. L’impuissance des mots, la puissance des souvenirs. Je n’ai jamais été autant bouleversé par la mort d’un auteur. Je ne l’avais rencontré qu’une fois. Courage et force à tous, qu’Étienne Willem repose en paix. Pour ceux qui le découvriraient, trop tard que pour le rencontrer, jetez-vous sur ses albums, c’est du lourd!
