
On ne l’arrête plus. Si sa saga fantasy à plusieurs têtes, en terres d’Arran, continue de plus belle chez Soleil et un peu chez Oxymore, Jean-Luc Istin profite de son arrivée chez ces dernières éditions pour lancer de nouvelles séries anthologiques. Après West Fantasy, Jean-Luc Istin fait la paire avec Sébastien Grenier pour lancer Titans, une série féminine, antique et mythologique. Carrément badass, pour son entrée en matière, exécutée par Olivier Peru et Laci.

Résumé du tome 1 de Titans par Oxymore : Iris est une valeureuse guerrière spartiate, adulée par les foules et crainte par les soldats grecs. Lors des olympiades où se défient Athènes et Sparte, elle est battue par un adversaire à la force surnaturelle. Cette défaite cause son exil. Lorsqu’elle apprend que sa chute est liée au combat antique opposant les Titans et les dieux, elle prépare sa vengeance.
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Pour lancer cette série, ce sont deux habitués de ces collections que nous retrouvons : Olivier Peru et Laci (et Arif Prianto aux couleurs). Un Français, un Serbe et un Indonésien, trio international pour nous replonger à l’origine d’un monde et de ses légendes. Et tout ne se passe pas toujours avec de l’amour et l’eau fraîche. La violence, le sang et la duperie font partie intégrante de la mythologie, qu’elle soit grecque ou romaine.
Et puisque 2024 sera une année olympique, c’est bien sur un terrain sportif, à vif et à la mort, que ce premier tome marque les esprits. Avant d’en arriver à l’affrontement en masse, Sparte et Athènes se mesurent, en tout bien tout honneur (à moins que), dans les stades. Lors de combats de gladiateurs, par exemple.

Et il se trouve que Sparte ne peut mieux compter que sur la fille du roi, Iris. Une santé de fer, des poings en acier et une intelligence de combat insurmontable. On dit qu’un Spartiate vaut dix guerriers athéniens. Iris en vaut bien plus. Elle est sûre de gagner. Le jeu en vaut la chandelle: le sort de l’Île d’Hydréa, place stratégique et symbolique. Malheur aux vaincus.

Pourtant confrontée à un colosse sorti de nulle part, Iris va tomber, être désavouée par les siens et obligée de vivre dans le merdier qu’elle a provoqué: se relever ou pas à Hydréa, désormais placé sous le joug de ceux qui étaient ces ennemis. Une vie de peines et de misères, dans laquelle elle cherche le coup qui la mettra au tapis définitivement. N’en déplaise à cette sorcière qui tente de la secouer. Pourtant, quelque chose va mettre la puce à son oreille: le seul combat qu’elle a perdu n’était peut-être pas régulier. Et le diable qui l’a condamnée cachait peut-être bien son jeu. Iris peut-elle revenir à niveau et prendre sa revanche et le taureau par les cornes? Si les dieux s’amusent, y’a rire et rire mais pisser dans le dos d’Iris et dire qu’elle transpire, c’est plus rire.
Bon, si ce premier tome n’est pas du Frank Miller, les surprises sont de taille. Pourtant, on met un peu de temps à se mettre dans l’ambiance, Laci a du mal à donner du répondant au décor, notamment dans l’arène pleine à craquer où le sort d’Iris est scellé, au fur et à mesure qu’elle sort de sa zone de confort, qu’elle voit du pays, le dessin et leurs couleurs trouvent le bon tempo et le souffle épique. Si on se demande longtemps quand le titre de cette saga, Titans, va s’expliquer, on n’est pas déçu. D’autant plus que si on s’attend à une révélation sur la nature du bourreau d’Iris, jamais on n’aurait visé si haut. Iris est une première héroïne dans cette anthologie très charismatique, avec du coffre et du charme. De bon augure pour la suite.

On a confiance vu la manière dont les différentes séries Istinienne ont pu s’inscrire dans la durée, sans se répéter et en repoussant leurs limites.
À lire chez Oxymore.

