Avec le retour sur scène de Miranda Sex Garden le Carnaval des âmes a repris vie au Botanique face à un public qui n’a pas oublié

Après plus de vingt ans d’interruption de carrière Miranda Sex Garden revient aujourd’hui dans la lumière. Suite à un concert londonien sold out en 2022 le band a repris la route en 2023 et promet des nouveaux titres pour 2024. MSG était en concert il y a peu au Botanique et s’est rappelé avec talent à nos bons souvenirs.

En hors d’oeuvre, pour lancer la soirée, l’affiche proposait Bleedingblackwood, le projet étonnant de Timo C. Engel.

Avec sa voix haut perchée, ce colosse impressionne, tout en douceur, en nous faisant plonger dans son univers composé d’hymnes atmosphériques. En toute simplicité, armé juste de sa guitare ou assis aux claviers, l’homme à la voix d’ange, reprend  du Henry Purcell avec Dido’s Lament et nous subjugue avec des chansons aériennes aux orchestrations minimalistes extraites de son dernier album (If You See The Sky) You’re Almost There.

Passé l’étonnement d’un début de set inattendu, on tombe sous le charme de cet artiste qui mérite incontestablement d’être découvert et dont je suivrai dorénavant le parcours avec grand intérêt.

Deuxième support act de la soirée, Veda.

Duo acoustique formé autour de Dominique Van CappellenVeda propose un univers sonore à la fois sombre et délicat autour de l’héritage du roman Mildred Pierce de l’auteur James M. Cain.

Personnellement je n’ai pas vraiment été touché par cet univers, je laisse donc ça aux afficionados de ce genre de complaintes noires et répétitives en guitare voix. Tous les goûts sont dans la nature, bien heureusement.

Mais venons-en au groupe phare de la soirée: Miranda Sex Garden

Le combo qui a vu le jour en 1990, propose une musique dans la tradition madrigal, aux influences gothiques éthérées et dark wave. Avec leur premier album Madra , chanté a cappella et sorti sur Mute Records, ils atteignent alors le sommet des charts.

Durant les nineties , leur musique devient plus sophistiquée et plus rock et ils tourneront avec des groupes confirmés comme Depeche Mode, Nick Cave & The Bad Seeds, Hole ou Einstürzende Neubauten.

En 2000, après la sortie de leur cinquième opus Carnival of Souls, qui fut un beau succès populaire et critique, le groupe décide néanmoins d’arrêter les frais.

Aujourd’hui , toujours drivé par la sensuelle Katharine Blake, et dans un un line up remanié où l’on retrouve Trevor Sharpe ( batterie), Teresa Casella ( basse) , Bev Lee Harling (violon) , Kavus Torabi (guitare)  et Justine Armatage (claviers),  les britanniques sont de retour sur le circuit et enchaînent une belle série de concerts en Angleterre, en Hollande et en Belgique.

Ce soir là, dans la salle du Witloof Bar, désormais équipée d’une scène centrale sensée offrir une meilleure vision au public, mais qui pose de gros problèmes aux photographes qui ne savent pas trop où se placer pour tirer de beaux clichés sans gêner un public lui aussi un peu perdu, car incapable dans cette configuration de bien profiter d’une bonne vision du band.

Personnellement j’ai vu le dos de la chanteuse durant 80% du show, les musiciens étant obligés de jouer quasi en cercle et en se faisant face. Bref, un mieux pour un pire, mais ceci dit l’idée du remaniement de la salle part d’une bonne intention.

Au niveau de la setlist nous avons eu droit à 16 titres pour environ 1h20 de concert, parmi lesquels on peut citer entre autres Peep Show, Sleeping Beauty, Broken Glass, Are You The One?, Ever & Ever, Tonight, l’instrumental Escape From Kilburn, The Promise, Cut, Velventine ( le nouveau single),  Fairytale About Slavery et Wheel.

Toujours performante au niveau de sa voix, Katharine changera de tenue durant le show offrant toujours une image sexy et sensuelle à son public.

Mention spéciale à la violoniste aux pieds nus Bev Lee Harling qui apporte un véritable plus à ce line up particulièrement efficace.

Ce concert fut une vraie réussite, malgré quelques difficultés de placement de ci de là pour les musiciens, et quelques soucis avec des câbles rebelles dû au peu de place qu’ils avaient pour évoluer sur scène.

Il ne reste plus maintenant à Miranda Sex Garden qu’à nous livrer un nouvel album au moins aussi emballant que Carnival of Souls, afin de continuer à faire vivre la légende.

Et au vu de ce qui nous a été  donné de vivre ce soir, personnellement j’y crois.

Jean-Pierre Vanderlinden / Photos Fabian Braeckman

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