Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le coeur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, ne ratez pas notre rendez-vous (quasi) quotidien de la gazette du BIFFF. Tout, vous saurez tout sur le 42e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Avant de vous parler de mes séances d’aujourd’hui, voici comme pour chaque gazette la photo de notre accro du BIFFF du jour, le sympathique Jean-Marie Baratto , responsable de la logistique du BIFFF. Merci à lui.

Aujourd’hui, samedi 13 avril première séance exceptionnellement à 16h au lieu de 16h30 vu la durée du film, au Ciné 1 avec
STOCKHOLM BLOODBATH de Mikael Håfström
Au début du 16e siècle, le roi Christian II de Danemark et Norvège s’est dit que la Suède irait pas mal dans son vaste royaume. Forcément, les Suédois ont accueilli assez tièdement l’idée et, après moultes batailles sanguinaires qui les ont opposés non seulement aux Danois mais aussi à une bande de mercenaires allemands et écossais, l’infâme Christian a fini par être couronné roi de Suède dans la cathédrale de Stockholm. Fair-play dans l’âme, Christian a quand même accordé une amnistie aux perdants, mais tous ne l’entendent pas de la même oreille. Notamment l’archevêque collabo Gustav Trolle, qui a mal digéré son emprisonnement dans les geôles suédoises, et qui demande dès lors une compensation. Oh, et pas question de calmer ce Torquemada du Nord avec de l’or ou des sacs de couronnes suédoises. Non, ce qu’il veut, c’est une exécution de masse, un spectacle de décapitations collectives sur la place publique. Un massacre qui rentrera dans l’histoire sous le nom macabre du « bain de sang de Stockholm
Avec ce film signe une fresque épique formidable qui nous tient en haleine pendant 159 minutes.
Photographie magnifique, narration passionnante, scènes de bataille réussies, scénario bien construit, ce film remporte tous mes suffrages.
Avec ce retour sur un moment sombre de l’histoire de la Suède le réalisateur a mis les petits plats dans les grands et nous offre quelques moments forts comme cette scène du bal sous la musique de Lorne Balfe qui est suberbe.
Alors même si le réalisateur avoue avoir pris quelques largesses avec les faits historiques, cette épopée sanglante bourrée de clins d’œil à Guy Ritchie, Games of Thrones et Tarantino fait le job et tient toutes ses promesses !
Un bon ticket !
Note : 15 /20
Original Title : STOCKHOLM BLOODBATH
Director : Mikael Håfström
Screenplay : Erlend Loe & Nora Landsrød
Cast : Claes Bang, Sophie Cookson, Alba August, EmilyBeecham, Jakob Oftebro, Mikkel Boe Følsgaard, Ulrich Thomsen, Adam Pålsson & Wilf Scolding
DOP : Pär M Ekberg
Producer : Helena Danielsson
Production : Viaplay
Distribution : Swedish Film Institute
Year : 2023
Country :Denmark, Sweden
Audio : English
Subtitles : FR / NL
Running time : 159′ / Genre(s) : action, war, epic
J’enchaîne ensuite toujours au Ciné 1 avec LOVE LIES BLEEDING à 19h00
1989, dans un trou paumé du Nouveau-Mexique. Lou gère une salle de sport locale, dont le propriétaire n’est autre que son père Lou Sr. Comme à peu près tout le reste dans ce bled, puisque papounet est le criminel notoire du coin, avec son propre stand de tir et son ravin personnel pour ses macchabées, et peut-être même la mère de Lou. Voilà qu’un soir, Jackie débarque en ville. Une montagne de muscles qui tape directement dans l’œil de Lou. Coup de foudre immédiat et sexe sous stéroïdes dans la foulée. Ça, c’est l’Amour. Mais quand Beth, la sœur de Lou, se fait violemment dérouiller par son connard de mari, Jackie décide de prendre les choses en main à sa façon, avec l’aide de Lou. Un coup de main expéditif et définitif qui les amènera au Mensonge… Et quand une petite balance viendra raconter leur petit secret à Lou Sr, on sera fin prêts pour la dernière partie du titre : le Sang…
Totalement solidaire avec le BIFFF concernant cette lamentable interruption d’une séance de cinéma par un groupe de personnes agressives à coup d’insultes, de haine, et de violences verbales et physiques à l’encontre d’une salle et d’un public venu tranquillement voir un film parmi tant d’autres au festival.
Défendre une cause quelle qu’elle soit est louable, mais par un dialogue posé et des débats, pas par ce genre d’action inadmissible extrémiste, haineuse et vindicative qui ne sert qu’à donner aux observateurs lambda une très mauvaise image de ceux qui la portent, et dessert par ailleurs totalement leur propos.
Afin de ne pas alimenter une quelconque polémique inutile et en conséquence de ces faits, il n’y aura pas de cotation sur ce film.
Note : pas coté
Original Title : LOVE LIES BLEEDING
Director : Rose Glass
Screenplay : Rose Glass & Weronika Tofilska
Cast : Kristen Stewart, Katy O’Brian, Ed Harris, Dave Franco, Jena Malone & Anna Baryshinkov
Producer : Andrea Cornwell & Oliver Kassman
Production : A24 / Film4
Distribution : The Searchers
Year : 2023 /Country : UK, USA
Audio : English
Subtitles : FR / NL
Running time : 104′
Genre(s) : crime, film noir
Place maintenant au troisième film de ma journée, le très attendu BAGHEAD au Ciné 1 à 21h30
Après la mort d’un paternel déjà bien absent de son vivant, Iris hérite d’un vieux pub complètement délabré dans les faubourgs de Berlin. Chômeuse et fauchée comme les blés, Iris décide d’abord de vendre cette ruine de 400 ans, puis se dit que ça vaudrait quand même la peine d’aller y jeter un œil. Mais, dès sa première nuit, elle se fait réveiller par un homme désespéré qui frappe à la porte du pub et qui a une demande – disons – particulière… En effet, il lui propose un joli paquet d’argent contre un tête-à-tête avec la créature du sous-sol afin de parler à sa femme décédée. Epoustouflée par la puissance des psychotropes berlinois, Iris lui claque la porte au nez, avant de tomber sur une vieille VHS (forme préhistorique de streaming sur support physique pour les plus jeunes) de son père, intitulée « Instructions ». En la regardant, elle apprend l’existence d’une colocataire au sous-sol, Baghead, qui aurait le pouvoir d’incarner des personnes disparues. Le lendemain soir, le même homme revient. Cette fois, Iris flaire le pognon facile, et le laisse entrer…
On est ici face à un film basé sur le court-métrage du même réalisateur, Alberto Corredor, et il nous présente dans ce long métrage un spectre pas si flippant que ça qui évolue dans un décor plutôt gothique avec quelques séquences effrayantes qui au final, ne font peur à personne.
Bref, c’est le genre de film à ranger auprès de mille autres dans la même veine, déjà vu et revu, qui fait le job en première vision mais n’incite ni à l’enthousiasme, ni à avoir envie de le revoir.
Malgré quelques twists bien pensés, Baghead joue les montagnes russes passant du bon au moins bon pour laisser finalement une impression de film très moyen sans grand intérêt.
Note : 10,5/20
Original Title : BAGHEAD
Director : Alberto Corredor
Screenplay : Christina Pamies & Bryce McGuire
Cast : Freya Allan, Jeremy Irvine, Ruby Barker, Ned Dennehy, Saffron Burrows & Peter Mullan
DOP : Cale Finot
Producer : Alex Heineman & Andrew Rona
Production : Picture Company/ Studio Babelsberg / StudioCanal Film GmbH
Distribution : The Searchers
Year : 2023
Country : Germany, UK
Audio : English
Subtitles : FR / NL
Running time : 94′
Genre(s) : Horror
Dernier film prévu de la journée aujourd’hui, au Ciné 2 à 23h59, MARISA & GOMOSO
Adolescente, Marisa avait tout pour elle: le succès avec l’équivalent du Club Dorothée en Argentine, où elle partageait la vedette avec Gomoso, grosse peluche toute fluffy et mimi, ainsi qu’un mari odieusement riche. Mais, dix ans plus tard, c’est le déclin total. Plus d’émission et un divorce fracassant avec son ordure infidèle de mari. Bref, c’est le retour à la case départ, dans le quartier de son enfance. Heureusement, elle tombe sur Gomoso, désormais converti en chauffeur Uber pour joindre les deux bouts. Ensemble, ils boivent et dansent pour oublier leur chagrin et, de fil en aiguille, ils finissent par se retrouver au lit. Pour Marisa, c’est le début d’un nouveau chapitre de sa vie, et elle s’imagine déjà la bague au doigt, vivant d’amour et d’adoucissant Soupline. Bon, c’est légèrement moins réciproque pour Gomoso, qui ne jure que par les coups d’un soir en s’enquillant des litrons de bière bon marché. Car, derrière cette boule de fourrure câline, se cache un connard extrêmement grossier, bigot, raciste, mâle alpha – qui a un plan: utiliser Marisa et son pognon pour un come-back tonitruant ! Mais, si la passion a tendance à la rendre un peu trop crédule, Marisa n’est pas non plus du genre à se laisser mener par le bout de la carotte d’un lapin bourré…
Alors là ! En allant voir ce film je savais que ça allait être tout ou rien, du grand n’importe quoi ou une pépite géniale.
En réalité ce film n’est ni l’un ni l’autre, c’est juste un métrage complètement allumé tourné avec de petits moyens mais avec une dose de grand n’importe quoi plutôt réjouissante.
C’est lourd, c’est fun, c’est grossier, anti conformiste, bourré de clichés, mais aussi amusant, délirant, sexy, loufoque et totalement politiquement incorrect, et ça, ça fait du bien !
Cette comédie noire repousse les limites du mauvais goût mais est aussi pleine de leçons de vie. Un film dingue fait par des dingues, qui ne le sont pas autant que l’on croit.
Et puis, mention spéciale pour la jolie Bianca Temperini, vraiment craquante à l’écran.
Note : 11/20
Original Title : MARISA Y GOMOSO
Director : Pablo Parés
Screenplay : Pablo Parés
Cast : Bianca Temperini, Nacho Joshas, Dani Zalenco, Bruno Giacobbe & Leevon Kennedy
DOP : Facu Nuble & Amanda Nara
Producer : Bianca Temperini & Pablo Parés
Production : Cine Salvaje / The Bianca Temperini Corporation
Distribution : Cine Salvaje
Year : 2023
Country : Argentina
Audio : Spanish
Subtitles : EN / FR / NL
Running time : 83′
Genre(s) : black comedy, cult
La Gazette du BIFFF c’est fini pour cette fois.
Je m’en vais dormir un peu et je vous donne rendez vous très bientôt pour une nouvelle gazette, toujours dans les colonnes de Branchés Culture.
Et en attendant bon film, goede film !
Jean-Pierre Vanderlinden





