De mal de l’être en ivresse de l’air : B.C. Peterschmidt nous emmène dans une somptueuse aventure à bord du vaisseau d’Amelia

© B.C Peterschmidt

Préparez-vous à prendre l’air et même les airs. Il a fallu dix ans à B.C. Peterschmidt pour donner vie à son imaginaire et partir à la conquête des étoiles, à condition de traverser les nuages et les tempêtes. Mieux vaut un chemin semé d’embûches qu’une voie qui file tout droit, son héroïne Amelia Erroway est bien décidée à brûler les étapes, à faire des (grosses) bêtises pour vivre l’aventure et repousser les limites fixées par son père.

© B.C Peterschmidt

Résumé du tome 1 de Le vaisseau d’Amelia par Albin Michel : Fille de capitaine, Amelia Erroway veut devenir pilote d’ornithoptère, un fabuleux vaisseau dirigeable. Impatiente de prouver sa valeur, elle part seule pour un court voyage. Mais une tempête imprévue éclate dans les cieux…

© B.C Peterschmidt

Le drame doit-il empêcher la vie et l’aventure? Pour le Capitaine Erroway, le choix semble avoir été fait et il entend bien, par la droiture et l’intransigeance, empêcher sa fille, Amelia, de sortir de sa bulle de confort et de sécurité. « File dans ta chambre ». Bon, il faut le dire, sa chambre ne ressemble pas à celle du commun des mortels, elle lui offre un panorama en contre-plongée sur le monde d’en bas.

© B.C Peterschmidt

Amelia est une fille des airs et, forcément, elle ne veut pas se contenter de regarder ce qu’il se passe sous ses pieds. Elle a l’art de la fugue et, dès qu’elle peut, elle pose ses mains sur le gouvernail et se met à rêver à des voyages plus lointains. Avant que son père la congédie à nouveau. Elle enrage mais peut compter sur son majordome attitré, Lufeus, pour modérer ses ardeurs. Mais la folle héroïne attend la faille pour s’y engouffrer.

© B.C Peterschmidt

Et quand son père décide de poser quelques heures son ornithoptère pour éviter la tempête, Amelia profite de l’imprévu pour s’envoler toute seule et affronter les bourrasques. Qui auront vite fait de la jeter au sol, en pleine jungle et au contact d’indigènes jusque-là insoupçonnés.

© B.C Peterschmidt

Première partie d’une trilogie, Capitaine Erroway nous en met plein les yeux et les ailes, dans des décors somptueux, à l’aquarelle. Dans la même lignée que Le château des Étoiles d’Alex Alice mais à hauteur d’un plus jeune public, B.C. Peterschmidt convertit les rêves de Jules Verne, de Little Nemo et de tous les merveilleux fous volants et leurs machines (par petites touches malicieuses, l’auteur glisse en filigrane l’histoire de l’aviation) dans un monde complètement fou et riche. Cette fantasy voulue non-genrée, B.C. Peterschmidt a mis le temps de la parfaire. Dix années pour accoucher de cette trilogie dont les débuts sont sublimes. On est entraînés par l’impétuosité et le caractère d’Amelia, par les rencontres qu’elle va faire, alors qu’elle aime penser qu’elle pourra se faire toute seule.

© B.C Peterschmidt

Ce premier acte donne une parfaite introduction mais nous laisse peut-être un peu sur notre faim, face à une dernière page qui ne relance que trop légèrement le suspense et les prochaines péripéties. Car si le monde entier appartient à Amelia et B.C. Peterschmidt, ne reste plus qu’à maîtriser le ciel pour revenir chez elle. Je suis excité de voir où toute cette beauté intrépide va nous emmener.

© B.C Peterschmidt

À lire chez Albin Michel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.