Y’a plus de châteaux en Espagne, par contre, le Château des étoiles continue de déployer son intense magie graphique

En matière d’extrêmes, Rue de Sèvres commence à s’y connaîte au fur et à mesure que l’éditeur de BD de l’École des loisirs prend de l’ampleur. Alors que d’un côté, l’équipage de l’Infinity 8 casse la baraque dans une science-fiction improbable et décalée, c’est dans un style plus classique que se glisse Le Château des étoiles, avec la trempe des grandes et généreuses illustrations des romans d’aventure d’antan. Revenu de la conquête de l’espace, Alex Alice emmène ses personnages vers Mars, tout en passant du bon temps (un peu dangereux quand même) en Bretagne.

À lire aussi |Le château des étoiles, uchronie Vernienne grandiose

Résumé de l’éditeur : Séraphin et ses amis sont de retour sur Terre. Après avoir révélé au monde le secret du voyage spatial, ils ont trouvé refuge dans un manoir breton. Mais leur engin volant est désormais l’objet de toutes les convoitises ! Alors que le père de Séraphin est en voyage à Londres, le manoir est cerné par des brumes lourdes de menaces… Spectres, ou espions prêts à tout pour mettre la main sur le précieux engin ? Nouvelles machines, complots internationaux, têtes couronnées, expéditions au-delà de l’espace…

© Alex Alice chez Rue de Sèvres

En Bretagne, c’est bien connu, il ne pleut que sur les cons. Mais quand des gigantesques oiseaux de fer et d’enfer percent sur les brumes, on se demande sur qui ils peuvent bien tomber, si ce n’est sur les héros de l’éther et du steampunk. Difficile pour Célestin, Hans et Sophie de se tenir calmes dans ce manoir où il faut rester le plus discret possible quand on a goûté aux joies de l’extra-terrestre. D’ailleurs, leur étranger et étrangère présence fait jaser dans le village.

© Alex Alice chez Rue de Sèvres

Comme si la menace que fait peser sur eux le chancelier de Prusse, Bismarck, ne suffisait pas. Et Archibald, le papa de Célestin et inventeur de génie, qui ne revient pas de Londres. Non résolument, la course à l’éther n’est pas terminée et il faudra tout pour éviter la guerre mondiale et interstellaire qui se prépare.

© Alex Alice

Dans ce deuxième cycle, Alex Alice nous ramène les pieds sur terre pour une grande partie de l’album. Maniant des influences manga et franco-belges, tout en connaissant bien ses classiques (le diptyque lunaire de Tintin par Hergé), le conquérant du ciel par le trait et la luminosité de ses planches continue d’élaborer son univers en y ajoutant l’aura et un peu des légendes (l’Ankou de Patrick Pion qui passait par là) de la Bretagne et un nouveau personnage qui semble encore osciller entre les camps.

© Alex Alice chez Rue de Sèvres

Ici, c’est la phase de préparation, pourtant chaque case à son impact, son intérêt et après avoir surpris tout le monde par la qualité de son univers qui trouvait l’équilibre entre Jules Verne et les autres et sa propre originalité, Alex Alice continue sur sa lancée, prolonge le plaisir et le spectacle. Le château des étoiles aurait pu s’écrouler sur la facilité, il s’élève un peu plus par la nostalgie qu’il transporte et les rêves les plus fous qu’il laisse espérer. Majestueux et somptueux, jusqu’à la dernière case qui suspend tout et galvanise nos attentes. Car oui, il faudra attendre et c’est intenable.

Série : Le Château des étoiles

Tome : 3 – Les chevaliers de Mars

Scénario, dessin et couleurs : Alex Alice

Assistant perspective : Anthony Simon

Conception graphique : Benjamin Brard

Genre : Aventure, Steampunk, Science-fiction

Éditeur : Rue de Sèvres

Nbre de pages : 60

Prix : 14€

Date de sortie : le 26/04/2017

Extraits :

Siegfried, la légende avant la légende

© Alex Alice chez Dargaud

Puis, si vous découvrez (ou avez découvert) Alex Alice avec Le Château des étoiles, on ne peut que vous inviter à parcourir et à vous réjouir de son oeuvre antérieure. Et notamment, dans un tout autre style, son adaptation de Siegfried en trois livres, que Dargaud a eu la bonne idée de mettre sous intégrale à l’arrivée des fêtes de la fin de l’année dernière.

© Alex Alice chez Dargaud

Siegfried, c’est l’adaptation dantesque, profonde, poétique mais aussi décalée (de par les personnages secondaires qui font penser aux comparses de Percevan ou d’Alcée dans la Gloire d’Héra) de Wagner et de son Anneau du Nibelung. Et dans cette épopée nordique qui titillait la colère d’Odin, Alex Alice réussissait avec brio à troquer les notes et l’opéra pour faire le spectacle avec son dessin et sa mise en scène déployée, théâtrale parfois, impeccable toujours. Il y a tant à dire sur cette oeuvre, sur sa pureté, sa sincérité, sa générosité puisque l’auteur réussissait là un tour de force, un chef d’oeuvre. Si bien qu’un long-métrage d’animation a bien vite été mis en chantier… sans voir les toiles de cinéma jusqu’ici.

Restent comme témoignage devant l’éternel, deux bandes-annonces, et les albums BD, donc. Ce n’est peut-être pas plus mal, car même dans l’inanimé (et surtout ?), Alex Alice trouvait la vivacité de nous remuer.

Titre : Siegfried

Intégrale

Scénario, dessin et couleurs : Alex Alice

Genre : Héroïc Fantasy, Aventure

Éditeur : Dargaud

Nbre de pages : 264

Prix : 34,90€

Date de sortie : le 25/11/2017

Extraits : 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s