Malko Douglas et Cinergie.be sont allés à la rencontre de la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi pour son film d’animation La Sirène. Cette fresque captivante, sur les affrontements entre l’Iran et l’Irak dans les années 1980, est actuellement diffusée dans les salles de cinéma en Belgique.
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Cinergie. : Omid résiste de manière originale et dévoile plusieurs facettes de la société iranienne à travers ses expériences et ses souvenirs. Les faits exposés dans le récit sont-ils authentiques ?
Sepideh Farsi : Il s’agit bien entendu d’un film d’animation de fiction. Mais j’y montre vraiment la complexité et la diversité de la société iranienne. Notamment en montrant la présence de la communauté arménienne ou encore la présence d’un photographe grec, George. Ce personnage existe vraiment. J’ai montré toute la complexité des gens de gauche de la société à travers plusieurs protagonistes. Il s’agit de personnes différentes qui ne sont habituellement pas dépeintes par le régime, et qui résistent, chacune à sa façon. La chanteuse est inspirée d’un personnage réel qui a dû fuir le pays. Elle y est revenue pour y mourir plus tard dans sa vie. La chanson qu’on entend dans le film, c’est vraiment sa chanson. Moustapha, le militaire à barbe, est un personnage qui a également vraiment existé. Il s’est battu pour l’Iran. Il s’agit d’un caïd qui s’est transformé en bon soldat pour se battre contre l’ennemi. C’est intéressant de mélanger des éléments historiques réels et des éléments de fiction.
Doté d’une esthétique remarquable et d’une intrigue surprenante, ce film s’impose d’ores et déjà comme un incontournable, rejoignant des œuvres marquantes telles que Valse avec Bashir (2008) ou Flee (2021). L’équipe de Cinergie a rencontré la réalisatrice iranienne lors du festival Anima https://www.cinergie.be/actualites/sepideh-farsi-realisatrice-de-la-sirene
C. : En quoi l’Iran dépeint dans votre film est-il différent que celui mis en lumière par le régime iranien ?
S. F. : L’image qu’on reçoit par le régime iranien sur ce conflit depuis des décennies, via les films officiels et les films de propagande, est essentiellement centrée sur la guerre. Ils montrent une espèce d’Iran unidirectionnel en noir et blanc. On y voit uniquement des gens prorégimes qui se sont battus pour protéger le pays. C’est comme si tout le reste n’avait jamais existé. Qu’il ne s’agissait que de malfrats. Mon intention était de montrer l’humanité. De mettre en lumière les gens qu’ils soient forts, faibles, drôles ou tristes. Je voulais montrer la diversité de la société iranienne. J’ai voulu réaliser un film iconoclaste et subversif qui soit à la fois marrant et triste.
La critique cinergie.be de La Sirène, de Sepideh Farsi
L’interview de cinergie.be par Malko Douglas / Bxl Douglas

