Chez Colette, quand le jeunisme affronte l’âgisme sur le ton léger de l’humour

Actuellement au TTO se joue Chez Colette une comédie création sur les relations entre jeunes et seniors. Une pièce tout simplement divertissante  qui ne se prend pas la tête et nous présente une confrontation entre deux générations sur un ton plutôt léger.

D’un côté, il y a Manu et Nikita, les jeunes qui ont repris l’endroit avec l’idée mi-utopiste, mi-maladroite de mettre à la carte des sujets sociétaux comme la guerre en Ukraine, l’écologie ou la décolonisation… Ils ont mis une annonce : « cherche serveureuses »

De l’autre, il y a Claude et Dominique, les vieilles qui viennent d’emménager en face avec l’idée mi-utopiste, mi-maladroite de recommencer une nouvelle vie pleine de projets et de mouvement… Tiens, une annonce, ça tombe bien !

Entre les deux, il y a Max, en rupture. Max et ses chiens Max et son désenchantement. Max et sa grandiloquence.

Chez Colette, on n’aime pas les idées toutes faites… Alors, chez Colette, on refait le menu, on bat les cartes, et ça cause crise énergétique, âgisme, appropriation culturelle, chiens, hauteurs de tabourets de bar, Gouzoul banosch, ménopause et pâtes au sucre. Ça se toise, ça se bouscule, ça s’apprivoise, ça saute comme des kangourous. Et puis ça s’aime. ( source TTO)

Dans une société occidentale où le jeunisme prime, et ou les rides sont synonymes de date de péremption, la pièce montre les idées préconçues qu’ont les jeunes sur leurs aînés et encore plus lorsqu’il s’agit du sexe féminin.

Mais les deux femmes mûres vont se rebeller, hausser le ton, et tenter de modifier l’opinion des jeunes qui les ignorent car elles ont passé l’âge de la ménopause et ne leur semble donc plus bonne à rien. Les deux sexagénaires en veulent et font preuve de plus de courage et d’initiatives que le couple de jeunes, qui ont du mal à aligner des phrases correctes ( et oui le beau langage se perd! ), à mettre leurs idées en place et à sortir d’une certaine flemme qui contraste avec leur jeune âge.

Sur ce plan la pièce de Nathalie Uffner et Marie-Paule Kumps qui en sont aussi les interprètes en compagnie de Jeanne Cazelles, Timothée Journot, et Emma Seine, est un peu décalée, à la limite de l’absurde même parfois notamment dans des parties chorégraphiées qui ne sont pas toujours des plus abouties, et fait appel à pas mal de clichés. Difficile de faire autrement d’ailleurs en abordant un tel sujet, qui justement vise à combattre ces mêmes clichés.

La bonne idée par contre est de faire se confronter ces deux duos qui pensent, agissent et fonctionnent différemment, pour au final en conclure que les idées des uns peuvent avec un peu de bon sens rejoindre les idées des autres.

Cette création drôle sur la vieillesse, sur ses préjugés, sa maltraitance, et cette confrontation au regard souvent dédaigneux des autres, alors qu’au delà de soixante ans les seniors pour la plupart désirent combattre l’inutilité et rester dans le coup, vous fera rire ou tout au moins sourire selon votre degré de perméabilité à la prose des autrices.

Une pièce amusante, à prendre pour ce qu’elle est, une comédie distrayante qui vise à vous faire passer un bon moment de détente.

Jean-Pierre Vanderlinden

Au Théâtre de la Toison d’Or jusqu’au 30 marshttp://www.ttotheatre.com/spectacle/chez-colette/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.