Pour terminer l’année en beauté Le Théâtre La Valette nous propose une pièce de Marc Perrier intitulée « Six heures au plus tard ». Un face à face étonnant entre deux comédiens très convaincants.
Une voiture défonce le mur de la chambre à coucher d’un vieil homme méticuleux, anar, baroque et misanthrope. De cette carcasse de voiture surgit une jeune loubarde en smoking venant de dévaliser un casino et obligée d’attendre son complice qui arrivera à « six heures, au plus tard ! » (source Théâtre de la Valette)

Gus rencontre Juliette lorsque la voiture de celle ci défonce le mur de sa maison et se retrouve à moitié dans sa chambre à coucher alors qu’il était prêt à s’endormir.
Cette situation abracadabrante c’est Marc De Roy dans le rôle de Gus et Juliette Manneback dans le rôle de Juliette qui nous la font vivre au prix d’un choc de génération mettant en scène des personnages que tout oppose, mais qui au fil des heures vont se découvrir et s’apprivoiser pour finalement partager un rêve commun.

Marc De Roy, on ne le présente plus, artiste confirmé au parcours exemplaire il est non seulement comédien, mais aussi metteur en scène et auteur-compositeur-interprète de chansons françaises.
La confrontation de son personnage de Gus, anarchiste bourru, bougon et misanthrope avec la jeune Juliette au tempérament de feu jouée par une Juliette Manneback épatante fait des étincelles, et nous captive dès les premières répliques.

Saluons aussi le metteur en scène Michel Wright qui avec la collaboration talentueuse du scénographe Nixon Fernandès sont parvenu à utiliser au maximum l’espace réduit de la scène du Théâtre La Valette pour y recréer le décor efficace de la maison de Gus et l’impact du crash de la voiture dont l’avant du capot trône fièrement au milieu d’un mur de briques défoncé. Une jolie performance créative.

Pièce drôle, parfois absurde, loufoque et tendre à la fois, « Six heures au plus tard » avait été écrite initialement pour deux personnages masculins. C’est Michel Wright qui a eu l’idée de faire interpréter le personnage le plus jeune par une comédienne, ce qui au final constitue une jolie réussite, car on perçoit entre les lignes une relation presque paternelle entre les deux protagonistes, amplifiée d’ailleurs par la scène finale dont je ne parlerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise.
Six heures au plus tard se joue à La Valette jusqu’au 31/12, n’hésitez pas à réserver vos places, vous passerez une excellente soirée en compagnie de ces deux très bons comédiens épatants.
Jean-Pierre Vanderlinden

