
Attention, délire visuel et narratif. Avec Olot, paru aux Éditions Tanibis, le Dr. Alderete livre sa première bande dessinée en tant qu’auteur complet. Mais l’Argentin aujourd’hui installé au Mexique est loin d’être un manche puisqu’au coeur de ce contre-guide touristique d’une petite ville au nord-est de l’Espagne, il est question des statues emblématiques de l’Île de Pâques. Et sur cette culture moai, l’artiste en connaît un rayon qu’il met à profit dans cette oeuvre unique et déboussolante.
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Résumé d’Olot par les Éditions Tanibis : Ville de Catalogne bâtie au coeur d’une zone volcanique, Olot est réputée pour être le seul endroit au monde, hors de l’Île de Pâques, où l’on peut trouver une statue moai. De ce point de départ, le narrateur met en exergue divers phénomènes troublants liés à la ville : meurtres en série, manifestations paranormales, comportements déviants ou encore observations d’OVNI. À en croire Dr Alderete, Olot est peuplée de pirates sanguinaires, de savants fous et autres amateurs de faits alternatifs. La mise en parallèle de leurs histoires dresse le portrait fragmenté d’une ville inquiétante, qui semble en proie à une malédiction.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser la couverture, cet album au petit format n’est fait ni pour les daltoniens ni pour les porteurs de lunettes 3D. Avec ses couleurs vertes, rouges, grises et blanches, en quatre dimensions, le Dr. Alderete nous entraîne à la découverte d’une ville que, personnellement, je ne connaissais pas. Olot. Drôle de nom pour une drôle de ville, implantée dans un volcan et pouvant se vanter d’être le seul endroit du monde, en dehors des îles chiliennes Rapa Nui, à disposer de quelques hommes-totems de pierre, des moais.

Le mystère a-t-il suivi ces statues énigmatiques, il semblerait bien! S’éloignant d’emblée, et l’avouant, des guides touristiques mirifiques, l’auteur décide de nous dépeindre une tout autre ville, ayant basculé dans la paranoïa, la luxure, le complotisme, la science folle, le crime et l’ufologie.

Et tant qu’à parler d’OVNI, cet album inénarrable, conçu en courts chapitres et répétant à l’envi une même scène – un rituel nocturne autour d’un étang -, en est un d’OVNI, complètement déstabilisant. Dr. Alderete réussit une oeuvre faite de masses et de couleurs improbables pour nous entraîner dans le dantesque, le monstrueux et le voyage entre rêve, cauchemar, réalité et hallucinations. De cette Zone 51 catalane, l’auteur tire un délire qui laisse parfois pantois et songeur tout en nous rattrapant toujours par l’esthétique, les formes et leurs variations qu’il y met. Une somme de mini-films d’horreur rassemblés en un portrait choral d’une ville qui change de visage, la nuit venue. Ça ne plaira pas à tout le monde mais les amateurs de sensations et d’expériences aux limites du réel et du papier vont être servis. Olot, ville sans retour?

À lire chez Tanibis.















