Je suis leur silence… mais Jordi Lafebre a plein de choses à raconter dans son polar catalan et détonant: « Une excuse pour parler de la société autour »

Après Malgré Tout qui ne tenait pas en place ni dans le temps, Jordi Lafebre continue de rouler magnifiquement sa bosse en solo et retrouve le soleil du Barcelone d’aujourd’hui, pour un polar dans les règles de l’art mais aussi atypique. Parce qu’il y a du soleil, que l’héroïne abondamment tatouée n’est pas toute seule dans sa tête et que, question pouvoir, les femmes peuvent rivaliser avec les hommes. Entre suspense et vaudeville, sans oublier les consultations chez le psy, Je suis leur silence est un nouvel album bluffant et inventif de l’auteur espagnol. Que nous avons eu au bout du fil. Entretien. 

© Jordi Lafebre chez Dargaud

Résumé de Je suis leur Silence par DargaudBarcelone, de nos jours. Eva Rojas, une jeune et brillante psychiatre, rechigne à répondre aux questions du Dr Llull. Pourtant, elle n’a d’autre choix que de collaborer pour espérer récupérer sa licence et exercer à nouveau son métier. Il y a quelques jours, Eva a été appelée en renfort par l’une de ses patientes, Pénélope, pour l’accompagner, en tant que personne de confiance, durant la lecture du testament de sa grand-mère. Si cette dernière est toujours vivante, cette réunion familiale n’en demeurera pas moins éprouvante. À son arrivée à Can Monturós, l’excentrique psy perçoit rapidement les lourds secrets qui pèsent sur le domaine viticole. Et pour cause : percer les gens à jour, c’est son fonds de commerce. Les Monturós, qui ont fait fortune grâce à leurs vignes pendant la période franquiste, semblent dissimuler quelques secrets inavouables… Alors qu’elle séjourne au domaine, un membre de la famille est assassiné. Et les regards inquisiteurs ont tôt fait de se tourner vers Eva, qui mènera l’enquête pour tenter de prouver son innocence.

Bonjour Jordi. Décidément, après la couverture de Malgré Tout, encore un miroir sur la couverture de Je suis leur silence. Un titre en grand, marqué au rouge à lèvres. Comment sont venus ce titre et cette illustration?

Je voulais que cette affirmation soit directe et que le lecteur sente d’emblée la présence de la voix off et du récit à la première personne. Et, en même temps, la deuxième partie fait cette référence aux autres. Il ouvre la porte sur le personnage de cette héroïne qui se raconte en relation à d’autres. Je trouvais ce titre poétique, intrigant. Et si la couverture est un miroir, il est encore l’affirmation de la première personne qui se regarde et qui écrit cette phrase qui se révèle être une affirmation très lourde. C’est la confirmation du personnage principal, aussi.

© Jordi Lafebre

Une couverture, c’est toujours de la recherche, ça prend temps et du travail. C’est rarement improvisé, il y a beaucoup de recherches, de croquis.

Si je ne m’abuse, c’est la première fois que tu racontes un récit au présent, qui se passe à notre époque.

Oui, tout à fait. C’était un des défis de ma carrière, en fait. Tous mes précédents albums se sont en effet passés dans le passé, pas très éloigné mais avant le XXIe siècle. Je suis leur silence est donc le premier livre que je dessine avec des écrans, des portables, des ordinateurs. Et c’est un défi pour le dessinateur que je suis, je voulais vraiment dessiner la réalité autour de nous, de notre époque. Le polar est souvent une excuse pour parler de la société autour.

© Jordi Lafebre chez Dargaud
© Jordi Lafebre
© Jordi Lafebre chez Dargaud

Cela veut-il dire que tu as plutôt et plus facilement tendance à aller vers les choses du passé?

Non, c’est juste le hasard de ma carrière. Je prends plaisir à dessiner les personnages, leurs histoires dans des périodes historiques. Mais, ça me manquait de ne pas dessiner des trucs que je vois dans la rue. Le moment était venu pour moi de parler de ce que je vois dans la rue, autour de moi.

Et nous y sommes dans la rue, dans ton Barcelone. C’est un personnage au fond de ce livre?

Exactement. Barcelone est une ville avec une tradition littéraire énorme. Plein de romanciers en parlent et l’utilisent comme personnage secondaire. J’adore ça et j’ai mis mes pieds dans cette tradition-là pour placer mon héroïne. C’est une ville que je connais, j’y ai grandi et je l’adore toujours autant. Pour moi, elle procurait un contexte parfait pour parler de la société. 

© Jordi Lafebre chez Dargaud
© Jordi Lafebre chez Dargaud

Comment s’est imposée Eva, votre personnage principal qui parle en je.

Elle est arrivée petit à petit. Il y avait plein de sujets que je voulais traiter et notamment la maladie mentale. Je pense que beaucoup de personnes en souffrent. Il y a eu le Covid, on en a eu peur mais je pense sincèrement que les chiffres des maladies mentales exposent. C’est un sujet dont il faut absolument parler. Mais j’avais aussi envie de faire un vrai polar, un vrai récit policier avec tous les sujets qu’on trouve dans cet album.

© Jordi Lafebre
© Jordi Lafebre

Ajoutons à cela que je voulais faire un personnage féminin. En tant qu’auteur, j’ai plus d’intérêt à écrire des personnages qui ne sont pas exactement moi et que je prends plaisir à découvrir. C’est un défi, écrire un personnage féminin par rapport au personnage masculin que je suis. Je dois entrer dans sa psychologie. J’avais donc une fille, souffrant d’une maladie mentale et trouvant sa place dans un polar. C’était la base, et j’ai construit mon récit petit à petit en prenant un énorme plaisir.

Eva, aussi malade soit-elle, consulte aussi un psy. Et c’est comme ça que l’histoire se raconte.

J’avais envie d’une voix off, comme je le disais, c’est un des ingrédients classiques du polar. Mais j’avais aussi cette envie qu’elle parle au présent. Et quand j’ai eu l’idée de la faire discuter avec un autre psy, à son tour, cette sorte de jeu de miroir faisait sens. Eva comprend bien le pourquoi du comment de la maladie mentale et également tous les tests qu’on peut lui faire passer, quitte à les déjouer. Tout ça crée un paradoxe lui permet d’être très consciente et capable de dire l’état dans lequel elle se trouve mais aussi de tirer ses propres conclusions. C’est une narratrice hyper-enrichissante.

Eva, une héroïne, qui va finalement se retrouver mêlée à une histoire de femmes. Il y en a plein qui gravitent autour d’elle.

Oui, c’est une histoire de femmes. Mon envie était de parler de plusieurs femmes, de plusieurs caractères féminins et de la position de la Femme dans la société catalane de Barcelone. Il y a des hommes, forts, dans cette histoire mais les personnages féminins étaient mon centre d’attention.

© Jordi Lafebre
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Avec des femmes de ton entourage que tu as intégrées dans cette histoire?

Non, c’était surtout un travail d’archétypes, comme s’en nourrit le polar. Des personnages qu’on trouve encore et encore dans ce genre et le font fonctionner. Ça fait partie du jeu de travailler avec eux. Tout en sortant du personnage de flic féminin. Après, il y a toujours des inspirations de la réalité mais les archétypes restent dominants. En évitant le cliché, essayer de trouver le caractère primaire du personnage dans la société. C’est un exercice très intéressant.

Les femmes se révèlent être capables du pire, comme les hommes. Elles se regardent en ennemies, en concurrentes.

C’est encore un ingrédient des polars. Il y a toujours des disputes, des batailles entre protagonistes. Il y a toujours quelqu’un qui ment, quelqu’un qui cache la réalité, quelqu’un qui la déforme en sa faveur. Ça fait partie de l’enquête, il y a toujours des intérêts secrets. On n’est pas toujours persuadé de trouver la réalité à la fin. Et ces femmes ont chacune leurs intérêts, complexifient la situation. Mais j’ai beaucoup aimé insérer aux côtés d’Eva, une femme policière: Merkel.

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C’est comme ça qu’Eva la surnomme, effectivement. Eva qui est plein de tatouages, que le lecteur découvre peu à peu.

Oui, l’idée était de montrer la raison, le contexte de certains de ces tatouages via des flash-backs. Par contre, il y en a d’autres dont l’origine reste mystérieuse. Mais chacun des tatouages d’Eva a une histoire, ouvre la porte à la personnalité et la vie très chargée en expériences de cette femme. Même pour moi, ce fut un jeu de les découvrir.

© Jordi Lafebre
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Puis ça me permettait aussi de parler d’une sorte d’esthétique moderne, que je vois dans la rue. Ça me manquait de ne pas voir des gens tatoués dans mes précédents bouquins, parce que l’époque ne s’y prêtait pas. Ça participe à une espèce de portrait de la réalité telle qu’elle a lieu à Barcelone en 2023.

Toi, tu es tatoué?

Non, pas du tout. Il y a un plaisir esthétique, je prends plaisir à les regarder.

© Jordi Lafebre
© Jordi Lafebre chez Dargaud

Il est aussi question d’un domaine dont nous n’avons pas encore parlé, le vin. Un monde que tu connais.

Une partie de ta famille a en effet été active dans le domaine de vin. Bon, ils ne sont pas devenus riches comme les personnages de Je suis leur silence. Mais ça m’a permis de comprendre un peu comment on fonctionnait dans les vignes. Surtout, ça m’offrait l’opportunité de mettre en scène la différence entre le caractère de la grande ville cosmopolite et la morale de la campagne plus classique et plus conservatrice. Un des paradoxes que je voulais aborder. Pas besoin d’aller loin. Le domaine viticole dont je parle est vraiment proche de Barcelone, quelques kilomètres. Et pourtant, tout change. Il y a une distance culturelle assez grande.

© Jordi Lafebre chez Dargaud
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On a l’habitude des polars qui se passent la nuit, dans les recoins. Ici, c’est un polar au grand air! Et au soleil, avec beaucoup de luminosité.

J’avais absolument envie de cette atmosphère. Ce fut un autre défi. J’adore le polar nordique. Il y a de la neige, de la grisaille. Mais j’aime aussi le polard années 50 à New York. Mais il y a de la place pour faire des polars avec de la lumière, une météo favorable. L’excuse était belle pour faire quelque chose de mignon, à côté du côté dur, et de la comédie. C’était le point de vue du récit

© Jordi Lafebre chez Dargaud

Dans le cinéma, l’adage veut qu’il soit beaucoup plus compliqué de réaliser une comédie qu’un drame. Le constat est-il le même en BD.

Ah mais, peu importe le ton, l’écriture est toujours un effort. Et quand je place de l’humour, je n’essaie pas de faire rire le lectorat, je crée des situations complexes, paradoxales, et j’essaie surtout de travailler le personnage. Je crois que parfois ça peut fonctionner et faire rire les lecteurs quand il sera témoin de la situation mais je ne cherche pas l’humour pour l’humour. Je me concentre sur l’argumentation, la création des personnages. Sincèrement, drame ou comédie, c’est pareil pour moi, l’un est aussi compliqué que l’autre.

Ah, moi, je te confirme que ce mélange fonctionne très fort! C’est vraiment un plaisir et un régal de se balader et d’être toujours dans le doute de ce qui va arriver. Il y a quelque chose d’à la fois rocambolesque et vaudevillesque.

Le focus restait sur le polar et sa mécanique, que va-t-il arriver au personnage. Mais oui, le ton est aussi rocambolesque.

© Jordi Lafebre chez Dargaud

Au fond, quel est ton endroit préféré de Barcelone?

Ah non, çà, je ne dis pas. Barcelone, c’est une ville de plus en plus visitée, un peu kidnappée par les touristes. Alors, quand on est Barcelonais, on garde précieusement notre lieu préféré. J’ai grandi à Barcelone dans un quartier populaire, j’adore me promener dans la rue où j’ai passé ma jeunesse et qui reste un peu en dehors du centre hyper-visité. Où j’ai des souvenirs d’enfance. En fait, Barcelone, c’est un peu Disneyland.

C’est une ville de polar aussi dans la réalité? Il y a aussi des crimes?

Oh, nous sommes encore préservés. Sans doute, y’a-t-il des crimes mais ce n’est pas une ville violente. Les chiffres restent stables. Bon, il y a toujours des histoires, comme dans toutes les villes. J’ai eu de très bon contact avec les policiers qui m’ont documenté pour cet album. Ils m’ont parlé un peu de leur métier, de la vie criminelle à Barcelone.

© Jordi Lafebre
© Jordi Lafebre chez Dargaud

En matière de polar, quels sont tes goûts?

J’adore le polar, comme je le disais, parce qu’il fait des portraits de la société, qu’il amène des personnages intéressants. J’aime les polars nordiques, Mankell par exemple, mais les séries américaines de polars classiques. Je suis un vrai fan, avec des goûts assez divers. Ma source d’inspiration la plus proche, c’est évidemment la série catalane, née dans les années 70, Pepe Carvalho de Manuel Vázquez Montalbano. Il y met toujours plein de petites anecdotes, des personnages drôles et sympas tout en parlant de problèmes sociaux. Il y avait une voix un peu politique.

Et ton dernier coup de cœur en termes de polar, le dernier livre, le dernier film, la dernière série?

Je dirais Sharp Objects, une série avec Amy Adams. Ça se passe dans l’Amérique campagnarde. Une journaliste doit faire la chronique d’un assassinat et ouvre plein de petites histoires. Parce que c’est la ville où elle est née.

Tu disais t’être entouré de policiers pour écrire cet album, voir l’envers du décor et te documenter. Ce fut aussi le cas avec des psychologues?

Tout à fait, à partir du moment où je décidais de réaliser un récit qui parlait de maladie mentale – sujet assez sérieux quand même -, je ne voulais pas dire des bêtises. J’ai mené des entretiens, notamment, avec deux psychiatres qui m’ont aidé et donné des conseils, des pistes pour découvrir et comprendre ce que revêt une maladie mentale, une bipolarité, comment traite-t-on ça? La documentation avant l’écriture, c’est hyper-important pour moi, j’adore cette partie de mon travail. Parfois, cela prend des heures et des heures pour que n’en subsiste qu’un dialogue en deux phrases. Mais au-delà de ce qui reste à la fin, cette recherche d’informations me donne une base de sécurité et de crédibilité. Je n’aurais pas pu faire cet album tel qu’il est sans ces sources et ces témoignages. Je les remercie.

© Jordi Lafebre chez Dargaud
© Jordi Lafebre

Je voyais un post sur ta page Facebook aussi où tu disais que finalement, sur la couverture, il n’y a que ton nom mais qu’il y avait beaucoup de personnes qui permettent d’accoucher d’un bouquin.

Oui, plein de gens font qu’un livre de Jordi Lafebre existe. Je parle de mon album, de mon bébé, mais effectivement je ne travaille pas tout seul. Derrière, dans l’ombre, il y a le travail de mon éditrice, de l’équipe éditorial qui m’a soutenu. Il y a beaucoup de gens qui nous guident, collaborent dans la création d’un livre. C’est un peu cruel, finalement, qu’il n’y ait qu’un seul nom sur la couverture mais ça fait partie du jeu de la littérature. Je le comprends tout en voyant qu’au cinéma, les posters affichent plusieurs noms, non exhaustifs cela dit, et tout le monde l’accepte. Donc, à la sortie de Je suis leur silence, je voulais y aller de mon petit hommage à ces gens qui sont avec moi et dont c’est un peu le bouquin aussi.

Tiens, pour ton précédent album, tu avais eu le prix Uderzo!

Quel énorme honneur. J’ai grandi en lisant Astérix, le dessin d’Uderzo, la ligne d’Astérix m’a énormément marqué. En tant que dessinateur, j’ai sans doute d’autres influences mais il reste un de mes grands maîtres.

Hommage à Astérix et Obélix © Jordi Lafebre

La suite, pour toi?

Je travaille déjà sur mon prochain projet, toujours en solo. Mais c’est le tout début, je suis dans la première semaine de création, je ne peux rien dire! Je ne sais pas moi-même ce que ça va donner.

Reçois-tu encore des scénarios ou les scénaristes ont bien compris que tu t’affirmais désormais dans tes propres histoires? 

Non, je ne ferme par la porte à des collaborations. Tout est possible. Mais pour l’instant, j’ai des histoires en tête, je continue à les écrire.

Quel fut le déclic pour que tu te lances en solo, maintenant que tu as un peu de recul?

Je voulais que ma vie serve à créer des histoires. Le dessin, c’était plutôt comme une pulsion de l’enfance. L’écriture, c’est plus un désir qui peut apparaître, plus tard, dans la jeunesse. Les petits enfants n’écrivent jamais spontanément, on commence à écrire des histoires quand on n’est « plus tout jeune ». Au contraire du dessin qui vient très vite. En tant que fan de romans, j’ai assez vite voulu me lancer dans l’écriture. Mais je n’en avais pas la maturité. Mon caractère n’avait pas la maturité nécessaire. C’est quand j’ai eu 35 ans et déjà des enfants que les choses se sont mises en place. Chacun arrive quand il arrive, hein, mon expérience n’est pas celle d’un autre. Il m’a fallu du temps, de l’expérience, de la confiance pour me lancer dans l’écriture. Mais certains y arrivent à 20 ans et d’autres beaucoup plus tard. Ça dépend de plusieurs données, le caractère, le parcours de chacun. Moi je savais que je voulais écrire toute ma vie! J’avais des idées dans mes tiroirs, des projets ratés. Finalement, ce fut Malgré tout, mon premier album en solo. Mais il y avait déjà des essais derrière qui n’ont pas réussi à voir la lumière? Il n’y a pas eu de déclic, juste ce moment où je me suis dit: c’est maintenant ou jamais. À un moment, il faut y aller. Mais le rêve était ancré depuis toujours.

© Jordi Lafebre chez Dargaud
© Jordi Lafebre

Écrire, cela a-t-il changé ta manière de dessiner?

Sans doute, il y a une alchimie qui change au moment où tu imagines l’histoire, tu l’imagines directement en image. Là où, quand on reçoit un scénario, on imagine le personnage au fur et à mesure qu’on lit. Alors que quand tu imagines ton propre scénario, les personnages sont quelque part déjà là. Je ne crois pas que ça change le dessin en lui-même, je continue à avoir mes inquiétudes, mes intérêts. J’adore le dessin, je pense qu’on passe sa vie de dessinateur de BD à essayer d’améliorer plein de choses. Je me concentre sur mon meilleur dessin possible et ça change en fonction de l’album. Cette fois, j’avais intérêt à faire un portrait du présent, de gens que je vois sur ma route.

© Jordi Lafebre chez Dargaud

Merci Jordi et qu’elle continue d’être belle, cette route et déjà Joyeux Noël.

Couverture du Spirou spécial Noël 2023 © Jordi Lafebre

Je suis leur silence, à lire chez Dargaud.

Les premières pages : 

© Jordi Lafebre chez Dargaud
© Jordi Lafebre chez Dargaud
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