La gazette du BIFFF #2: une poutine humaine putréfiée qui fait des ravages, un visiteur du futur qui vient sauver le monde, un Moloss qui pête les plombs et une soirée perturbée par des incidents techniques au Ciné1

Salut les accros du BIFFF ! Vous qui aimez frémir, trembler, vous agripper à votre siège, le cœur battant et les tempes en sueur tandis que l’hémoglobine coule à flot sur l’écran et que votre héroïne préférée se fait trucider par un psychopathe, avec La Gazette du BIFFF je vous dis tout sur le 40e festival international du film fantastique de Bruxelles. Critiques de films, impressions, anecdotes, coups de coeur et déceptions, par ici m’sieurs dames suivez le guide !

Deuxième jour du BIFFF si l’on excepte la soirée d’ouverture, je me dirige vers le Ciné 1 pour ma première vision du jour :

Cine 1 – 31/08/2022 – 14:00 The Breach

Véritable carte postale du Canada, la rivière Porcupine est bordée de sapins centenaires, de caribous tranquilles, de sirop, d’érables et de cabanes en bois. Un endroit bucolique pour un picnic en famille, à regarder la rivière suivre son cours. Jusqu’à ce qu’une barque en bois, a priori vide, ne s’échoue sur les berges… Dedans, c’est tout de suite moins champêtre: une poutine humaine putréfiée sert de garde-manger aux mouches et autres insectes du cru, nettoyant jusqu’à l’os ce cadavre peu ragoûtant. Une affaire glauque, mais surtout une grosse tuile pour le chef de police John Hawkins, qui prépare sa mutation pour la grande ville. Très vite, on soupçonne que cet amas de chair putrescente appartient au Dr Cole Parsons, un physicien porté disparu qui louait une cabane isolée dans les bois. Mais du genre très isolée. Idéale pour des recherches pas nettes… Hawkins enfile ses bottines de randonnée pour une inspection de routine mais, une fois sur place, il ne s’agit plus d’inspection, ni de routine. Ce qu’il va découvrir est tout simplement au-delà de l’imaginable…

Biberonné aux films d’horreur des 80’s Rodrigo Gudino sait clairement mettre en place un film d’horreur captivant. D’ailleurs la première heure du film nous plonge dans une ambiance mystérieuse bourrée de suspense hyper efficace et on se dit que lorsque le mystère sera percé il faudra que la chute soit à la hauteur de ce qui nous y a amené. Mais voilà, une fois le secret de l’intrigue révélé on descend de plusieurs crans sur l’échelle de satisfaction.

C’est d’ailleurs souvent le cas dans les films d’horreur, comme en amour d’ailleurs, les préliminaires sont souvent bien plus émoustillants que le coït final ! (lol)

Bref on sombre un peu trop dans le grand guignol sur la fin, et le twist final sent méchamment le déjà vu mille fois. Dommage car le début du film était franchement emballant.

Ceci dit The Breach reste un bon petit film d’horreur qui ravira tout de même bon nombre d’amateurs du genre.

Note: 11/20

Année 2022
Réalisateur Rodrigo Gudiño
Casting Allan Hawco,
Emily Alatalo,
Natalie Brown,
Wesley French & Alex Lifeson
Distributeur Raven Banner Entertainement
Genre horreur
Audience ENA
Durée 93′
Pays Canada

Toujours au Ciné 1 à 16h30 le 31/08, le très attendu : Le Visiteur du Futur.

Alice a 16 ans mais sur les murs de sa chambre, pas de posters d’Aya Nakamura, mais de Greta Thunberg. Après les heures de classe – parfois même pendant – elle participe à des marches pour le changement climatique et elle proteste contre des projets diaboliques comme les énormes centrales électriques qu’on veut construire dans son quartier. L’homme qui veut les construire ? Son propre papa… Bref, gros souci oedipien pour notre militante en herbe. Mais elle reçoit l’aide d’un invité inattendu, un visiteur du futur qui ressemble… à pas grand chose, en fait. Maaaaais, ça ne l’empêche pas d’être le chef rebelle de sa propre époque, 2555, ou si vous préférez l’année 437 après l’Apocalypse. Cela n’a pas l’air très joli, avec la quasi-totalité de la population décimée ou transformée en zombies baveux, tandis que le reste de la population vit sous terre, sans nourriture ni eau. Et notre visiteur dans le temps n’a qu’un seul but : éviter l’Apocalypse – ou la rendre un peu moins moche – en empêchant la construction de la centrale électrique. Et pour ce faire, occire papounet…

J’ai eu la chance de pouvoir voir le film en vision de presse lundi dernier, la projection de ce mercredi au BIFFF étant réservée exclusivement au public. Ne connaissant pas la série initiale diffusée sur le web, j’étais donc totalement vierge de toute influence ou référence quelconque avant de visionner le film. Et j’ai bien aimé.

On nage ici dans un mélange de genres qui oscille entre comédie déjantée et histoire de science-fiction, le tout pimenté d’une petite pincée de conflit des générations entre père et fille, chacun s’appuyant sur ses propres certitudes. Il est rare en France d’avoir un film qui mélange les genres et qui s’adresse finalement aussi bien aux fans de la série qu’au grand public, ainsi qu’au public féru de science-fiction et de fantastique. Et sur ce plan le film fait son boulot, il nous distrait et nous livre quelques séquences d’anthologie comme la scène d’ouverture totalement barrée qui est certainement appelée à devenir culte.

En résumé Le Visiteur du Futur constitue un long métrage franchement sympa qui bénéficie de la participation exceptionnelle du talentueux Arnaud Ducret ce qui ne gâche rien.

Le film sort en salles le 7 septembre prochain, allez le voir vous ne serez pas déçu.

Note : 14/20

Année 2022
Réalisateur François Descraques
Casting Florent Dorin,
Arnaud Ducret,
Enya Baroux,
Mcfly & Carlito,
Raphaël Descraques & Slimane-Baptiste Berhoun
Distributeur Distri7
Genre science-fiction
Audience ENA
Durée 102′
Pays France

Au ciné 2 à 19h00 ce 31/08 nous avions droit à un film belge avec la première mondiale de Moloss.

Burn-out existentiel total pour un sexagénaire qui avait toujours marché dans les clous, accepté les règles, fait sa part et contribué, à sa modeste hauteur, au bien de la société… Mais celle-ci a définitivement pété un câble et notre senior ne se sent plus d’humeur à faire de vaines concessions. Moloss, c’est son nom, se sent désormais investi d’une mission: celle de guérir le monde d’une pathologie terriblement humaine. Mais sa méthode est loin d’être celle de Gandhi ou de Mère Thérésa: pas question de tendre l’autre joue… Sa posologie, aussi étrange soit-elle, est plus directe, pour ne pas dire radicale. Et sa version très personnelle de la terre brûlée pour un nouveau lendemain impliquera non seulement sa fille Dorianna, son ex-femme Véronica, mais aussi d’autres personnes qui n’avaient jamais noté un renversement planétaire dans leur agenda. Est-il fou ? Désespéré ? Dangereux ? Peut-être les trois en même temps mais, à sa décharge, c’est bel et bien notre société moderne qui a ouvert le feu en premier…

Voilà typiquement le genre de film que j’avais fortement envie d’aimer. Un film belge, une affiche qui donne envie, un comédien/ réalisateur que j’aime bien pour son travail dans les films de JCVD en la personne d’Abdelkrim Qissi, la présence de Patrick Ridremont, et un réalisateur ma foi bien sympathique en la personne d’Abel Ernest Tembo.

Et pourtant…

Moloss a hélas fait sur moi l’effet d’un pétard mouillé. Le montage ne m’a pas toujours convaincu et le jeu d’acteur de certains protagonistes est réellement parfois assez approximatif. Par contre la qualité de la photo est belle et on perçoit une jolie maîtrise, mais personnellement je regrette l’utilisation récurrente des gros plans, ainsi que l’utilisation d’une musique  par moment  envahissante.
Et puis il y a le scénario, un peu confus, de ce type qui pète les plombs, qui aurait pu être exploité de bien meilleure manière avec plus de budget et un meilleur casting pour les rôles secondaires.

Mais Moloss est néanmoins un film à saluer pour l’investissement de toute son équipe qui a travaillé dans des circonstances parfois difficiles et avec la volonté de réaliser le meilleur film possible avec les moyens du bord.   Malgré tout, on ressent derrière ce métrage un vrai enthousiasme collectif et un vrai travail de passionnés qui est très louable.

Une critique étant toujours subjective, je vous encourage donc à aller voir le film et à vous faire votre propre opinion, c’est la meilleure des choses.

Et puis le cinéma belge mérite grandement qu’on s’y intéresse, qu’on accroche ou pas, le principal c’est l’intérêt personnel qu’on accorde au film.

Note : 10,5/20

Année 2021
Réalisateur Abel Ernest Tembo & Abdelkrim Qissi
Casting Abdelkrim Qissi,
Patrick Ridremont,
Jean Pierre Valère,
Sabrina Capaldi,
Dave Dimak & Tiziana Gosset
Distributeur Abel Ernest Tembo & Abdelkrim Qissi
Genre gangsterthriller
Audience ENA
Durée 109′
Pays Belgique

Au Ciné 1 à 20h30 ce 31/08 j’avais prévu d’aller voir American Carnage, un film américain très attendu et d’ailleurs la salle était bien remplie. Malheureusement le sort s’est à nouveau acharné sur le BIFFF avec le retour de l’incident technique qui avait déjà retardé la projection du film Vesper lors de la soirée d’ouverture: un grésillement intempestif dans le son dont jusqu’à présent malgré une multitude de tests on ne s’explique pas l’origine.

Il a donc fallu se rendre à l’évidence et interrompre la projection du film après environ 25 minutes et décider ensuite d’annuler purement la séance de 20h30 ainsi que celle de Deadstream qui devait avoir lieu ensuite à 22h30. Les organisateurs ont promis de reprogrammer ces deux films plus tard dans le festival.

Reste encore à savoir quand? L’avenir nous le dira…

En attendant le public a pu échanger son ticket contre 2 tickets valables pour les séances de son choix et déguster gratuitement une Troll de compensation histoire de panser un peu la désillusion du soir.

On croise les doigts pour que ces incidents techniques ne se reproduisent plus jusqu’à la fin du festival, un festival qu’on aime et qui fête cette année dans des circonstances déjà particulières sa 40ème édition.

Voilà c’est fini pour cette fois, rendez vous très bientôt sur Branchés Culture ici même pour une prochaine Gazette du BIFFF.

Et en attendant : Bon film ! Goede film !

Jean-Pierre Vanderlinden

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