Overseas Highway: à tout berzingue, Guéraud et Druart rayent la carrosserie, dégomment les patins de freins dans une course-poursuite intense

© Guéraud/Druart chez Glénat

Un instantané à toute vitesse, c’est ce que proposent Guillaume Guéraud et Fred Druart dans leur première collaboration en flashforward, Overseas Highway. Amoureux de série B musclée (oui, aussi au féminin), le duo prend le parti des héros qui se battent contre la montre et la mafia et qui, une fois le contact mis, ne coupent jamais le moteur avant d’arriver à leurs fins, au propre comme au figuré. Ça débroussaille, ça défouraille, ça freine, ça crisse, ça sort de route, c’est nerveux, tant la colère aveugle les yeux quitte à parfois faire des erreurs, un oeil à l’avant, l’autre dans le rétroviseur. Sacré spectacle.

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© Guéraud/Druart

Résumé de l’éditeur : L’autoroute de tous les dangers. Sarafian, ancien pilote automobile ayant connu la gloire, s’est recyclé sans vraiment se ranger des bagnoles… Il dirige désormais un petit garage à Miami. Quand il tombe par accident sur Stacy, elle mène une existence paisible et vit de petits boulots. Plein de sympathie pour cette jeune femme au caractère bien trempé, qui n’a même pas le permis, il l’embauche pour aider son équipe. Mais Stacy se rend vite compte que les activités de ce garage ne se limitent pas à la mécanique… car il sert également de façade au trafic de la mafia cubano-américaine. Notamment pour le compte d’une organisation terroriste qui fomente des attentats contre le régime castriste ! Entre les visites surprises d’un parrain menaçant, les humeurs lunatiques de petits malfrats et les flingues brandis à tout va, Stacy tente de rester à sa place. Les ennuis commencent vraiment le jour où Sarafian doit prendre le volant pour acheminer des valises de billets verts à bon port et qu’elle se retrouve obligée de l’accompagner. À bord de la voiture, avec son vieux patron blessé et un coffre rempli de liasses, Stacy doit improviser tout au long d’une course-poursuite effrénée sur la mythique Overseas Highway menant à Key West.

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7 miles, l’un des plus longs ponts du monde et l’eau tout autour. Heureusement, c’est tout droit, c’est un avantage quand on ne sait pas conduire comme Stacy. Mais ça ne donne pas non plus l’occasion d’échapper à son destin, de prendre un chemin de traverse. Non, il faut juste croire en son étoile, affronter son destin et espérer que la mécanique de cette belle bagnole aujourd’hui toute cabossée tienne le choc face au bolide qui la poursuit et lui bourre dedans à intervalle régulier. Diable que cette histoire paraît mal embouchée… et on rembobine. Mais pas de trop.

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Dans cette histoire faite de sueur et de sang, l’écrivain Guillaume Guéraud (qui avait déjà fait trois incursions dans les mondes graphiques, entre un de ses romans qui avait été adapté et deux récits courts illustrés) fait ses vrais premiers pas dans la BD à côté d’un vrai tueur. De ceux qui préfèrent l’action et les silences aux palabres. Les deux auteurs prennent donc leurs héros à l’instant T, avant que tout bascule, en n’ébruitant pas leur passé et en étant à 100%, à 1000% même, avec ce qu’ils sont maintenant, leurs intentions, leurs rêves ou leurs désillusions. À côté de l’immuable loi des plus forts, des mieux armés, des plus convaincants (ceux qui ont les moyens de vous faire parler ou de vous (faire vous) exécuter), qui disent que rien ne changera jamais et que la pègre aura toujours raison, il y a ces hommes et femmes qui ont leurs raisons, sont en mouvement, à qui l’avenir appartient plus ou moins loin. Qui se foutent de tout, n’ont rien à perdre ou sont vite séduits par l’opportunité de tout gagner. Même si cela passe par le danger!

© Guéraud/Druart chez Glénat
Découpage © Guéraud/Druart

Entre une sorte de Gérard Depardieu et un Quentin Tarantino qui passait par là, en guise de clins d’oeil, Guéraud et Druart (qu’on avait laissé en noir et blanc dans un polar westernien sans concession, lui aussi) ne cachent en rien leurs ambitions et références cinématographiques mais le second sait le pouvoir du papier et comment l’exalter, le rendre spectaculaire sans 3D mais avec tout ce qu’il faut comme fumées, flammes, sang ou eau qui giclent. En phases arrêtées et pourtant inarrêtable. Car sur ce scénario sec et simple, avec un bruitage dingue, la folle équipée nous entraîne dans ce duel démesuré, où l’un est plus fort que l’autre mais où la piste est créée pour le fond, l’endurance.

© Guéraud/Druart chez Glénat
© Guéraud/Druart chez Glénat

Avec pas grand-chose mais avec plein d’idées graphiques et expressives, du détail en gros plan au grand plan, le duo réussit son crash-test, plie la tôle, prend les sorties de route mais réussit à nous donner un shot d’adrénaline, puis de nitroglycérine. Un divertissement qui ne restera sans doute pas des années dans les mémoires, mais tient totalement la route face au cinéma de vitesse qui pullule sur nos écrans, se vit comme un vrai plaisir de genre, léché et déglingué. Assez que pour inverser la vapeur et les rapports de puissance. La testostérone, c’est aussi féminin.

© Guéraud/Druart chez Glénat

Titre : Overseas Highway

Scénario : Guillaume Guéraud et Fred Druart

Dessin et couleurs : Fred Druart

Genre : Action, Polar

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 112

Prix : 19,95€

Date de sortie : le 08/06/2022

Extraits : 

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