Le Cercle de Whitechapel, une pépite de comédie policière passionnante brillamment interprétée par des comédiens formidables

1888, Londres. Alors qu’une étrange série de meurtres de prostituées vient de débuter dans le quartier défavorisé de Whitechapel, un membre éminent de la gentry londonienne, Sir Herbert Greville, décide de réunir une équipe d’enquêteurs d’un nouveau genre pour découvrir la vérité. Le groupe se compose d’un romancier débutant et timide nommé Arthur Conan Doyle, d’un journaliste qui deviendra bientôt le plus grand dramaturge du Royaume, George Bernard Shaw, du directeur d’un des plus prestigieux théâtres de Londres dont la carrière d’écrivain végète, Bram Stoker, ainsi que de l’une des premières femmes médecins de l’époque, Mary Lawson. Le décor est posé, l’enquête peut commencer… et quelle enquête ! 

Le pire a toujours le visage le plus inattendu… ( Le Cercle de Whitechapel )

Mon premier contact avec Le Cercle de Whitechapel a eu lieu il y a un peu plus de deux ans lors d’une escapade parisienne vouée aux découvertes théâtrales dans la ville lumière. La pièce, vantée par une affiche accrocheuse, était programmée au théâtre du Lucernaire situé entre le vieux Montparnasse et le Jardin du Luxembourg.

Ce lieu singulier né au sein d’une ancienne usine désaffectée, constitue une sorte de ruche vouée aux arts multiples qui s’y rencontrent, comme le théâtre, l’art dramatique ou le cinéma. L’endroit possède aussi son bar, son resto et sa librairie. J’ai rapidement eu un coup de coeur pour ce théâtre attachant ainsi que pour cette pièce étonnante et captivante qui m’a laissé scotché par la qualité de son écriture, et l’interprétation formidable de cinq comédiens exceptionnels.

Depuis, la pièce écrite par Julien Lefebvre et mise en scène par Jean-Laurent Silvi, a aussi vécu sa vie sur les routes de France avant de venir poser aujourd’hui ses valises à Bruxelles pour six représentations au Centre Culturel d’Auderghem. Et ce n’est que justice, car on passe un formidable moment de théâtre en compagnie de ces comédiens brillants dont on ressent la réelle complicité autant sur scène que dans la vraie vie. 

Ludovic Laroche campe un Arthur Conan Doyle parfaitement convainquant s’inspirant à la fois, pour donner corps à son personnage, de ses héros célèbres Watson et Holmes. Son sens incroyable de l’observation du détail, ses raisonnements imparables, et sa logique, en font un enquêteur redoutable. Il est parfait.

Nicolas Saint-Georges se glisse, lui, avec brio dans la peau d’un George Bernard Shaw cynique et caustique, tandis que Jérôme Paquatte excelle dans le rôle de l’extravagant Bram Stoker, à qui il donne une réelle envergure et une touche humoristique salvatrice dans le contexte de tension dans lequel se déroule la pièce. Personnellement il m’a ébloui par la qualité de son jeu et sa présence imposante.

Et puis il y a le personnage féminin de la pièce, Mary Lawson, charmeuse et féministe avant l’heure, interprétée tout en nuances par Stéphanie Bassibey. Quand à Pierre-Arnaud Juin, comédien chevronné qu’on ne présente plus, il est étonnant de justesse dans son personnage de Sir Herbert Greville, homme autoritaire et directif.

Et si la pièce fonctionne à ce point et qu’on se délecte du texte précis et intelligent écrit par son auteur, c’est réellement à eux qu’on le doit !

Le Cercle de Whitechapel, dont le twist final vous laissera pantois, est une réelle pépite théâtrale jouissive et captivante qu’il faut absolument voir si on est passionné de théâtre et d’intrigues policières bien ficelées. Et bonne nouvelle, l’auteur et les comédiens planchent sur une suite dans laquelle on retrouvera plusieurs de ces personnages attachants. Et au vu de l’accueil réservé au Cercle de Whitechapel, mon petit doigt me dit que le succès sera à nouveau au rendez- vous.

En tout cas personnellement, je m’en réjouis…

Jean-Pierre Vanderlinden.

LE CERCLE DE WHITECHAPEL 

Une comédie enquête policière familiale de Julien Lefebvre

Mise en scène : Jean-Laurent Silvi
Avec : Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Nicolas Saint-Georges et Jérôme Paquatte
Durée : 1h45

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