Un thriller dans les règles de l’Art du Meurtre de Chrystel Duchamp

L’Art du Meurtre est une réussite. Un bon suspense, un excellent page-turner, un personnage principal (féminin de surcroît) complexe et qui nécessite du temps pour l’appréhender. Mais surtout, c’est une plongée dans le milieu de l’art contemporain et on y apprend beaucoup de choses. On ressort de cette lecture avec plus de savoir qu’à l’entrée et, ça, c’est quand même drôlement bien ! Quelques imperfections (légères) sont à noter mais l’écriture est agréable et, surtout, on a envie de connaître la suite. Chrystel Duchamp remplit donc son contrat haut la main pour notre plus grand plaisir. C’est du grand art… du meurtre !

« Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Une véritable oeuvre d’art. Dépêchée sur place l’équipe de la PJ découvre que l’homme – un collectionneur- fréquentait les clubs sadomasochistes e la capitale. Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités.

Quand le corps d’un autre amateur d’art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n’est pas permis : un tueur en série est à l’oeuvre. Pour le lieutenant Audrey Durand, cette enquête dans le monde de l’art contemporain sera-t-elle l’occasion de faire taire ses démons, ou se transformera-t-elle en une plongée hypnotique aux confins de la folie? »

Audrey est en pleine dépression, elle boit trop et trop souvent, fume des joints, couche avec des inconnus ramassés dans un bar quelconque et se réveille avec une gueule de bois épouvantable. Elle a été larguée après 10 ans d’un amour qu’elle pensait parfait et monsieur s’est tiré avec la voisine… Du coup, les journées sont longues et les nuits encore plus.

Oui mais voilà, Audrey est aussi le lieutenant Durant de la Police Judiciaire et il faut absolument qu’elle émerge parce que son téléphone n’arrête pas de sonner.

Même si l’on peut regretter la caricature un peu grossière, on s’attache rapidement à Audrey. Elle est terriblement humaine, faillible et touchante. Et c’est elle qui rend cette histoire si particulière.

Et puis, cette histoire, c’est surtout un bon prétexte pour découvrir un milieu que je connais mal: celui de l’art contemporain, qui ne se résume pas aux tableaux de Jackson Pollock ou d’Andy Warhol mais qui compte également sur tout une série de performances et d’installations, de la plus compréhensible à la plus gore.

L’Art du Meurtre est une manière de comprendre, d’apprendre à décrypter ce qui se cache derrière des présentations, des représentations parfois douteuses. On peut continuer à avoir la nausée quand on regarde un artiste se badigeonner de sang et d’excréments mais, au moins, après lecture, on sait que ce n’est pas gratuit, qu’il y a une démarche intellectuelle, artistique et souvent politique derrière tout cela. Et ressortir d’une lecture avec des savoirs supplémentaires, j’adore ça !

Des meurtres sont mis en scènes dans un Paris caniculaire et bourgeois. Des crimes qui volent la vedette aux artistes de la FIAC (foire internationale d’art contemporain). Il va falloir à la PJ mobiliser toutes ses ressources pour en venir à bout.

Malgré une fin un peu… rapide et convenue, ce premier thriller de l’année 2020 m’a distraite, interrogée, interpellée, happée et instruite. C’est déjà beaucoup !

Auteure : Chrystel Duchamp

Titre : L’Art du Meurtre

Editions : L’Archipel

Date de sortie : le 16 janvier 2020

Nbre de pages : 262 pages

Prix : 19,00 €

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