Avec le Rapport W, jusqu’au-boutiste comme son héros, Gaétan Nocq cherche toujours l’issue d’Auschwitz

Auschwitz, période bleue. Ça n’a rien d’onirique, rien de merveilleux. C’est la couleur tragique d’une Histoire tyrannique menée par le bout du nez par les salauds et leurs sbires. Avec le Rapport W, Gaétan Nocq livre un témoignage magnifique et imparable, dont on ne ressort pas indemne, sur un destin de héros. Jusqu’au-boutiste.

Résumé de l’éditeur : Le récit véridique de Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, membre de l’armée secrète polonaise, qui se laisse volontairement interner au camp d’Auschwitz en septembre 1940 sous la fausse identité de Tomasz Serafinski. Sa mission : organiser dans le camp un réseau de résistance – il réussira à regrouper plus de 300 membres – pour créer un soulèvement. Mais l’aide extérieure nécessaire à la réussite de sa mission ne viendra pas.

© Gaetan Nocq aux Éditions Maghen

« Toute la journée, nous avons roulé ». Sur un ciel bleu, ça commence comme des vacances. En enfer. Zu Fünfte ! La bande dessinée a cette capacité quasi innée à s’emparer de tous les sujets et tous les formats. En matière de seconde guerre mondiale, les ouvrages ne sont pas rares pour visiter et revisiter l’un des plus tragiques actes de notre monde dit moderne. Avec Le rapport W, pourtant, Gaétan Nocq est reparti à la source, douloureuse, d’un document historique, le Rapport Pilecki.

© Gaetan Nocq aux Éditions Maghen

Ou comment un capitaine polonais va se jeter dans la gueule du loup, au milieu des rats bien plus gras que les pauvres prisonniers jetés dans ce camp de la mort et mis au travail forcé. Pendant 948 jours, Witold Pilecki aura tout le temps de cartographier Auschwitz et d’en percevoir les faux espoirs et les pauvres issues. D’apprendre de qui se méfier et se lier à ceux en qui avoir confiance. Avoir le temps de mourir cent fois. Pour combien de fois survivre.

© Gaetan Nocq aux Éditions Maghen

D’un intimisme incroyable, attentif à tout et aux détails surtout, dans lequel le Diable se cache est-il dit, Gaétan Nocq livre un roman graphique grand format d’une ampleur émotionnelle incalculable. Scrutant les corps et les visages changeants, les saisons et les différents ateliers, nouant les amitiés et les alliances, les gorges parfois aussi, l’auteur tire sa plus grande force des couleurs qu’il utilise, comme des filtres sur la violence finalement ordinaire, organisée.

© Gaetan Nocq aux Éditions Maghen

Le bleu, surtout, le rouge et le violet, parfois. Chargeant les ambiances et leur donnant du poids. Aux émotions aussi. C’est tout un univers de perceptions, pas forcément réjouissantes mais utiles, nécessaires, qu’il nous est donné de lire. On n’en sort pas indemne. En tant qu’humain mais aussi en tant qu’amateur d’arts graphiques. Ce n’est pas tant déprimant, c’est inspirant. Merci Gaétan Nocq de nous avoir mis dans les pas de ce héros ordinaire et fondamental.

Titre : Le rapport W

Récit complet

D’après le rapport de Witold Pilecki

Scénario, dessin et couleurs : Gaétan Nocq

Genre: Drame, Espionnage, Guerre, Histoire

Éditeur: Daniel Maghen

Nbre de pages: 263

Prix: 29€

Date de sortie: le 23/05/2019

Extraits : 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.