Rencontre douroise avec Chaton: « Pendant mes concerts, je lâche toujours la horde de lions que j’abrite à l’intérieur de moi »

Le nom de Simon Rochon ne vous parle pas? Pourtant, à 34 ans, cet artiste a collaboré avec les plus grands. Pendant plus d’une décennie, sous le pseudo de Siméo, il a composé et réalisé des titres pour des vedettes telles que Jenifer, Amel Bent et Yannick Noah. Le 9 mars 2018, après trois albums de Siméo, Chaton livrait son premier album solo, « Possible ». Ce disque de dix titres est un mix irréel entre reggae dub délicat, électronique lascive et chanson futuriste. Depuis la sortie de ce premier opus, le natif de Barbès écume les scènes belges, notamment. Après des passages au Botanique, aux Solidarités et aux Ardentes, cet été, Chaton a décidé de découvrir le public du Dour Festival. Branchés Culture est parti à sa rencontre pour vous offrir une interview express d’un artiste très cosmopolite.

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Bonjour Chaton! Avant tout merci d’accepter cette interview. La première question sera relativement bateau mais beaucoup de monde doit se la poser. D’où vient ce pseudonyme de « Chaton »?

Ma femme m’appelle comme ça depuis toujours. C’est le sujet de moquerie préféré de mes amis. Résultat, ils me nomment ainsi dès qu’ils veulent rigoler. Un jour, alors que je produisais encore énormément pour d’autres artiste, je fis un nouveau dossier sur mon pc pour y enregistrer un nouveau projet personnel. Instinctivement, j’ai intitulé le fichier « chaton ». Je ne sais vraiment pas pourquoi. J’aurais pu mettre « Simon » puisque c’est mon véritable prénom mais c’est ce surnom que j’ai retapé sur mon clavier.

Lorsque j’ai envoyé le projet au type qui mastérise tout ce que je fais depuis toujours, j’ai laissé le dossier tel quel. Peu de temps après, il me sonne et il me dit « wooh! C’est quoi ce truc que tu as nommé « chaton » là? ». Je lui ai répondu du tac au tac que c’était le nom de mon nouveau projet. Et voilà tout simplement comment Chaton a vu le jour. C’est une histoire de pur hasard.

Qu’est ce qui vous a donné l’envie de passer de la composition à la scène?

C’était clairement une question de volonté. Je crois qu’il y a des gens qui sont plus fait pour bosser en side et il y en a d’autres qui ont l’envie d’être en front. J’ai débuté ma carrière en front, il y a 15 ans. Je faisais des chansons sous d’autres pseudonymes. C’est plus par un concours de circonstances que je me suis retrouvé à travailler pour d’autres artistes. Néanmoins, j’ai adoré ça et je l’ai fait pendant 10 ans. Pourtant, au bout d’un moment, je me sentis brimé car je ne pouvais pas exprimer ce que je voulais. Je ne parlais pas pour moi. Toutes mes compositions passaient par la bouche d’un autre. J’avais ce besoin de dire ce que je pense. La seule solution était de reprendre le micro. C’est donc ce que j’ai fait.

Y’a-t-il néanmoins un artiste avec qui vous rêveriez de collaborer?

C’est une question difficile car j’aime énormément de musiques. Je trouve qu’à notre époque, il y a beaucoup de fastes. Il existe une diversité incroyable de grands artistes en devenir ou qui sont déjà installé que je trouve extraordinaires. Il y a des mecs comme Booba. Ils sont là depuis 20 ans et ils continuent de me faire rêver. Beaucoup d’artistes récents me font voyager. Dans le rap, ils sont légion et pourtant le niveau reste très élevé. Dans d’autres styles musicaux, comme en électro par exemple, il y a plein de gens avec qui j’aimerais pouvoir travailler. Je suis très ouvert musicalement. Je peux écouter Agoria et, l’instant d’après, mettre un morceau d’Orelsan ou de Rihanna. Pour l’heure, je n’ai jamais fait de duo. Je suis très timide mais, si l’on m’appelle, il y a beaucoup d’artistes à qui je répondrais directement « oui »!

Dour est historiquement un festival très éclectique. Néanmoins, ces dernières années, l’électro et le hip-hop règnent en maîtres sur la plaine aux éoliennes. Avez vous des appréhensions avant de redécouvrir ce public?

Je ne m’inquiète pas trop. Je ne suis pas sûr que l’on me classe encore comme un artiste de variété après m’avoir vu sur scène et quand on a entendu les lignes de basse que j’envoie en live. Je vais faire vibrer les dents de la même manière que les artistes qui sont appréciés à l’heure actuelle. Pendant mes concerts, je lâche toujours la horde de lions que j’abrite à l’intérieur de moi. De plus, à force de faire des shows en Belgique, je sais la qualité du public ici. Les festivaliers du plat pays sont prévenants et ils sont à l’écoute. C’est l’un, si pas le meilleur, public du monde. Je suis juste excité là.

Quel est votre meilleur souvenir lors de vos prestations en Belgique?

J’ai beaucoup tourné en Belgique et il y a vraiment deux moments fantastiques que j’ai vécu pendant mes concerts ici.

Au Botanique, j’ai joué sur une scène à 360 degrés. C’était impressionnant. Se trouver ainsi, au milieu du public. Voir des gens partout autour de toi. Je n’étais vraiment pas préparé pour une telle expérience. Au début, j’ai eu peur. C’était très spécial. Au final, ce fut l’un de mes meilleurs concerts de l’an dernier.

L’an dernier aussi, j’étais de passage aux Solidarités. Le concert tombait le jour de mon anniversaire. Les organisateurs m’ont rejoint sur scène avec un gâteau et un panier de produits belges. C’était cute. Ce fut très arrosé. J’ai mis deux jours à rentrer chez moi (éclat de rire).

Merci d’avoir pris le temps de répondre à cette interview express. Bon concert!

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