Les mains de Louis Braille, celles qui inventèrent l’alphabet au bout des doigts

Parce que son mari a perdu la vue peu avant de mourir, Constance s’est toujours sentie concernée par tout ce qui est lié de près ou de loin à la cécité. Alors lorsqu’un ami producteur lui propose d’écrire un scénario sur Louis Braille, Constance fonce. Elle racontera (non sans mal) et avec l’aide d’un jeune historien le destin de ce garçon devenu aveugle à 3 ans après s’être blessé dans l’atelier de son papa bourrelier.

Elle racontera son envie farouche d’apprendre à lire, comme tous les autres enfants de son âge. Elle racontera son admission à l’institution royale des jeunes aveugles. Un pensionnat parisien labyrinthique et insalubre. Elle racontera évidemment sa fantastique invention à même pas 17 ans. Sa création. La « machine » à lire. Non, elle n’omettra absolument rien de ce fabuleux destin.

Qu’est-ce qu’un destin, sinon une vie qui fait basculer celle des autres?

Quand on tient entre les mains le roman d’Hélène Jousse, on ne peut s’empêcher de caresser du bout des doigts les petites protubérances imprimées en relief sur la couverture. Que veulent dire ces nombreux points? Veulent-ils dire quelque chose au moins? Comme la majorité des gens nous sommes dans l’incapacité de les traduire en mots. De leur donner un sens. Pourtant grâce à l’ingéniosité d’un gamin français né en 1809, des millions de non- et mal-voyants à travers le monde peuvent lire grâce à ce code original. Un alphabet qui, quoi de plus normal, porte le nom de son génial inventeur, l’alphabet Braille.

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Louis Braille en braille

Dans sa fiction littéraire, Hélène Jousse, sculptrice de profession, a souhaité raconter, en la romançant quelque peu, la vie de celui qui repose au Panthéon depuis 1952 aux côtés des plus grands. Sa Constance, qu’on imagine très bien être son double de fiction se questionne en permanence sur sa légitimité à écrire un scénario sur un homme qui était la modestie incarnée, la discrétion même. Car en plus de s’intéresser de près à la vie de Braille, le roman aborde de façon intelligente la difficulté d’écrire un biopic. Genre cinématographique très en vogue actuellement, avec plus ou moins de réussite.

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Louis Braille au Panthéon

S’il nous en apprend beaucoup sur Louis Braille ce que l’on retient surtout du livre d’Hélène Jousse, c’est qu’il est profondément bouleversant d’humanité. Bouleversant comme dans ce passage où Monique, la maman de Louis, sachant qu’il va perdre définitivement la vue, l’emmène faire une promenade pour que son gamin enregistre mentalement une dernière fois le bleu du ciel, le vert des pâturages. Couleurs qu’il ne verra bientôt plus jamais.

Regarde toute la beauté du monde maintenant, sans attendre, et loge-la dans l’endroit le mieux gardé de ta mémoire.

« Les mains de Louis Braille » est le second roman d’une sculptrice non seulement douée de ses mains mais aussi avec les mots. Un livre qui ravira ceux pour qui comme pour Louis Braille, lire est une passion, une nécessité. Une raison de vivre.

Un brillant hommage.

Titre : Les mains de Louis Braille

Auteur : Hélène Jousse

Genre : Fiction littéraire

Editeur : Editions JC Lattès

Nbr de pages : 350

Date de sortie : 06/02/2019

Prix : 19 €

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