The Prodigy dégaine No Tourists : le quart de siècle des enfants révoltés de Braintree

Plus d’un an après  l’annonce de la sortie d’un nouvel album et de la signature du groupe sur le label BMG, No Tourists est arrivé dans les bacs le vendredi 2 novembre dernier. Liam Howlett, Maxim Reality et Keith Flint, alias The Prodigy, ont préféré prendre le temps de vivre leur passion en enchaînant les scènes. 25 ans après Experience, il était maintenant tant pour eux de livrer un septième opus studio. No Tourists est un album court (dix titres) mais les ambassadeurs de la Warrior’s dance ont semble-t-il préféré produire de la qualité plutôt qu’en quantité.

Le précédent album du trio britannique, The days is my enemy, sorti le 30 mars 2015, n’avait pas séduit les puristes du groupe. Le travail de remix opéré par le groupe en collaboration avec des artistes tels que Paula Temple ou le crew hollandais Dop Dod avait grandement amélioré la première mouture de ce sixième opus. Aujourd’hui, The Prodigy présente une réalisation qui ne laissera pas en reste les fans des premières heures. Le souhait de mettre en avant l’âme rétro du groupe fait que l’album est proposé en vinyle comme les précédentes réalisations mais, cette fois-ci, No Tourists est aussi disponible en K7 audio.

Dès les premières notes de Need some 1, le ton est donné. Les vétérans de Braintree sont de retour avec un album qui ne laissera pas ses auditeurs indemnes. Rythme rapide et strident, bruit de verre cassé, morceau inquiétant et lancinant, les pères spirituels de la Big Beat ont décidé de faire ce qu’ils font de mieux. Ce que The Prodigy fait de mieux, c’est se réinventer en restant identique. Alors que d’autres groupes auraient sorti un album de best of pour fêter leur quart de siècle; Maxim, Keith et Liam font un retour aux sources sans oublier de faire évoluer leurs sons identifiables entre mille. No Tourists n’est pas fait pour les oreilles sensibles mais il a bien été conçu pour un public averti. Le label Take me to the hospital n’a jamais aussi bien porté son nom.

Après une traversée des méandres de la breakbeat hardcore, The Prodigy offre un morceau qui fait espérer un peu de lumière dans les bas fonds de la rave grâce au titre Light up the sky. L’éclaircie est de courte durée. Une cassure replonge l’auditeur dans une ambiance d’urgence et au ton grave. Light up the sky est une valse entre l’espoir et l’appel des bas instincts de l’être.

We live forever rappelle les titres produit par The Prodigy dans les années nonante tout en alliant les chants inquiétants et virevoltants à l’instar de ce que le groupe gantois The Subs fit découvrir au monde au milieu des années 2000.

No Tourists, le titre éponyme de l’album, à l’instar de Mindfields de l’opus The fat of the land, reproduit l’ambiance des bandes sons de film comme Matrix ou Daredevil. L’esprit punk emprunt à la rébellion made in britain de The Prodigy n’est pas mort ! Les sons plus lourds et lents de ce morceau mettent en lumière la nostalgie revigorante de cet album. Fight fire with fire, le featuring avec HO9909, est une parfaite fusion de style. La rage, le Hip-Hop, la dance s’accord et s’entrelacent sur cette piste.

Timenomb Zone  est une musique teintée de ce qui fit des tubes, en leurs temps, de No good et Wind it up. Quant à Champions of London, il fait vite oublier ce tube que fut Voodoo people. Les riffs enragés, les percussions redondantes et entraînantes de la batterie, la voix de Maxim Reality et la voix sample qui donne des airs de Die Andwoord à ce morceau qui hypnotise les corps.

La rythmique simpliste clairement enclin à la drum’n’bass de Boom Boom Tap est un échauffement pour la finale hardcore qu’est Resonat, l’héritier tout désigné du tube Mescaline. Give me a signal clôture cet album en faisant résonner de nouvelles vibes futuristes. Tel une mise en bouche, ce morceau donne envie de recommencer l’écoute ou de ressortir les vinyles des vieux classiques du groupe qui ont toujours trusté les premières places des ventes de disques aux Royaumes-Unies.

No Tourists est la parfaite réponse à toutes les rumeurs qui enterraient déjà le trio de quinquagénaires qui prouvent une fois encore qu’ils resteront la jeunesse révoltée incarnée jusqu’à leur fin. Avec cet album, The Prodigy montre comment un groupe peut continuellement se muer tout en gardant une signature intemporelle et inimitable.

Pour tous ceux qui savent que The Prodigy ça ne s’écoute pas mais ça se vit ; ils seront de retour en Belgique le 07 décembre prochain à Forest National. Ticket et réservation disponibles sur https://fr.livenation.be/show/1194223/the-prodigy/brussels/2018-12-07/fr

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