Lavilliers nous a laissé sur la scène d’un Cirque Royal flambant neuf, l’empreinte colossale d’un géant de la chanson française

C’est dans un Cirque Royal flambant neuf, sa salle préférée, que Bernard Lavilliers est venu défendre son dernier album en date « 5 minutes au paradis ». Et comme à chaque fois ce géant du rock et de la chanson française nous a scotchés par son charisme naturel, son regard volontaire et malicieux et cette manière de poser les mots à nulle autre pareille.

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Le Stéphanois, qui a trainé sa carrure de boxeur aux quatre coins du monde, affiche toujours, à 72 balais, une forme olympique. À chacune de ses apparitions, il parvient à se mettre le public en poche sans artifices, et à garder intacte sa puissance de création.

Ce poète voyageur anarchiste possède encore cette voix de velours qui résiste au temps, et même s’il est aujourd’hui connu et reconnu, Bernard garde un attachement essentiel à ceux qui doivent se battre pour survivre, aux manuels, aux ouvriers qui bien souvent sont des pions dans les mains de multinationales prêtes à tout pour générer du profit. L’homme bouscule les consciences, observe le monde du coin de ses yeux malicieux, et balance encore toujours de grands coups de pieds dans les idées reçues comme dans son dernier album très réussi.

Sur scène , entouré de musiciens chevronnés parmi lesquels deux Belges, l’incroyable Daniel Romeo à la basse et Olivier Bodson à la trompette, Bernard navigue entre classiques de son répertoire et nouveaux titres avec une facilité déconcertante. Du « Clan Mongol » en passant par « On the Road Again », « Stand the Ghetto », « Attention Fragile », « Traffic », « Idées Noires », « La Salsa », « Scorpion », « Les Mains d’Or » aux nouveaux titres comme « Charleroi », « Paris la grise », « Bon pour la Casse » ou « La Gloire » avec laquelle il ouvre le show, s’accordant aussi un clin d’oeil à Léo Ferré avec « Est-ce ainsi que les hommes vivent ».

L’artiste garde toujours cette constance de qualité dans une oeuvre forte et intemporelle qui se joue des modes. Percussions endiablées, rythmes rock ou latins, rage, tendresse et poésie s’entremêlent avec bonheur durant quasi deux heures et sans aucune faute de goût. C’est étonnamment avec un titre positif, qu’il n’aurait jamais cru pouvoir écrire, que cet insoumis parfois mélancolique clôture son set: « L’Espoir ».

Lavilliers nous a fait du Lavilliers et au vu du triomphe récolté ce soir là au Cirque Royal, il n’est pas prêt de s’arrêter. Et c’est tant mieux, car dans le monde d’aujourd’hui, il reste un artiste essentiel…

Jean-Pierre Vanderlinden

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