Malgré de bonnes idées au vestiaire, Comme des garçons perd très vite le ballon

Premier film du réalisateur Julien Hallard, Comme des garçons est né d’une idée qu’il a eue en écoutant une émission radio revenant sur la naissance et la reconnaissance de la première équipe de football féminin française à Reims en 1969. Une épopée.

Note : 8/20 (Vu au cinéma Caméo des Grignoux)

Résumé: Reims, 1969. Paul Coutard, séducteur invétéré et journaliste sportif au quotidien Le Champenois, décide d’organiser un match de football féminin pour défier son directeur lors de la kermesse annuelle du journal. Sa meilleure ennemie, Emmanuelle Bruno, secrétaire de direction, se retrouve obligée de l’assister. Sans le savoir, ils vont se lancer ensemble dans la création de la première équipe féminine de football de France.

Avec son premier film, Julien Hallard nous raconte l’histoire des pionnières du football féminin français. Raconté sous le prisme de la comédie, « Comme des Garçons » se veut féministe, et très prometteur sur papier. Alors qu’on espérait un film à hauteur du combat mené par ces femmes (et leur entraîneur) pour faire reconnaître leur droit de pratiquer ce sport aux yeux de la Fédération Française du Football, on ne peut constater là que la crevaison rapide du ballon.

Parti d’une idée d’attraction supplémentaire à un match de foot organisé chaque année à Reims en partenariat avec le journal « L’Union », deux amis ne se doutaient pas de l’engouement réservé à leur équipe de football féminine, mais quelque peu « clandestine », étant donné que la Fédération Française de Football ne délivrait pas encore de licences féminines en 1969. Voilà donc une idée de scénario fédératrice et porteuse de sens face au machisme sportif, d’autant plus que leur combat sera reconnu dès 1970, et qu’un premier championnat féminin fut organisé en 1974, remporté qui plus est quatre fois d’affilée par l’équipe de Reims.

Malheureusement, « Comme des Garçons » passe à côté du goal, et à bien des reprises. Ainsi, plutôt que de s’intéresser à l’esprit de groupe et sa force, l’intrigue se focalise davantage sur l’entraîneur de l’équipe, interprété ici par Max Boublil (auquel on aurait bien envie de mettre des claques), et son idylle naissante avec l’une de ses joueuses (Vanessa Guide, la seule à sortir du lot). À vrai dire, jamais le réalisateur ne réussit à faire vivre pleinement son équipe d’actrices, ni même à nous faire ressentir les enjeux disputés à l’époque, et encore moins le combat de ses personnages. La faute à qui? La faute à cette volonté de cinéma populaire à l’humour peu drôle.

Malgré son sujet important, pertinent, et une esthétique vintage plutôt agréable, « Comme des Garçons » est un film assez mou du genoux, qui ne procure pas l’effet escompté. Plutôt revoir, dans le genre « combats féministes sportifs », l’excellent documentaire « Free to Run » de Pierre Morath…

Toutes les critiques de Julien pour l’année 2018, ça se passe également par là !

Titre : Comme des garçons

Pays : France

Réalisateur : Julien Hallard

Acteurs : Max Boublil, Vanessa Guide, Bruno Lochet, Solène Rigot, Carole Franck, Delphine Baril, Zoé Héran, Julie Moulier…

Genre : Comédie

Durée : 90 min

Date de sortie : le 25/04/2018

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