L’homme de l’année 1888 : hit the rip, Jack and don’t come back no more, no more, no more…

Dans la série « nos membres ont du talent », j’en appelle à ceux qui, disloqués, ont croisé la route de Jack l’éventreur. Homme (et aussi monstre) de l’année 1888, ce mystère fait homme- ou femme d’ailleurs, pourquoi pas ? -, Céka et Benjamin Blasco-Martinez pensent l’avoir cerné et en détenir le fin mot. C’est ce que nous, et vous, allons voir !

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© Céka/Blasco-Martinez chez Delcourt

Résumé de l’éditeur : Comment un rescapé des pogroms russes, arrivé en Angleterre avec sa famille, est devenu le plus célèbre psychopathe de l’ère victorienne ? Rencontrez l’homme qui se cache derrière Jack l’Éventreur… 1888. Londres. Un mystérieux assassin s’attaque aux prostituées de Whitechapel. Les corps sont atrocement mutilés. Qui est capable de telles horreurs ? Scotland Yard échoue à arrêter celui qui devient le plus célèbre tueur en série de l’histoire. Un châle maculé de traces ADN nous permet de révéler, plus d’un siècle après l’affaire, l’identité du fameux Jack l’Éventreur et ce qui le poussait à tuer…

© Céka/Blasco-Martinez chez Delcourt

C’est sur les terres du western façon Catamount que nous avions découvert, et d’emblée été séduits, Benjamin Blasco-Martinez. C’est dans le fog glauque (est-ce mieux qu’un pogrom?) du Londres Victorien que nous retrouvons le jeune dessinateur qui fait suinter la mauvaise ambiance et les envies de meurtre dans le quartier de Whitechapel. Ça tapine ferme pour empocher quelques pennies mais le crime n’attend pas et le couteau ne compte pas ses coups. Voilà qui promet pour peu qu’on ne soit pas trop vite impressionnés.

© Céka/Blasco-Martinez chez Delcourt

Je ne le suis pas facilement mais force est de constater que la vision du From Hell des frères Hugues (qu’on a un peu perdus de vue malheureusement) m’a retourné. Est-ce ça qui m’a déstabilisé à la lecture de cette réinterprétation, mais pas réinvention, du mythe? Toujours est-il que le soin et la tyrannie de la peur qu’instaure Benjamin Blasco-Martinez est bien incapable de sauver cet album, qu’on attendait tellement pourtant, de l’écriture kitsch et sans aucun enjeu de Céka.

Storyboard © Céka/Blasco-Martinez

Parce que l’identité du tueur est livrée dès le départ et que le scénariste est pris à son propre jeu, tentant inexorablement de créer tension et renversements de vapeur. Parce que si les raisons de cette folie meurtrière sont mises en lumière, on a du mal à comprendre comment cet enfant de la Pologne anti-sémite a pu intégrer le bagage technique qui lui a permis de devenir un bourreau précis et redoutable. Tout cela est laissé à la nébulosité londonienne. Puis, il y a cet élément-clé, ce châle qui soi-disant va faire parler l’ADN et la vérité. La manière dont cette pièce-maîtresse traverse les temps pour arriver à notre époque est complètement loufoque. On est tellement déçu, surtout que Céka a agi avec l’intime conviction que son Aaron, dont il nous conte le destin brisé et fêlé, est le vrai Jack l’Éventreur. Le scénariste s’est documenté, a recoupé (quel euphémisme dans pareil fait divers) les pistes et peine, au final, à nous faire sentir tout ce travail arrivé à maturité pour accoucher de ce verdict.

© Céka/Blasco-Martinez chez Delcourt

Bref, une fois n’est pas coutume, Jack s’est fait vider de son sang et de son aura par un script grossier et maladroit, une boucherie à défaut d’un acte chirurgique. Au grand dam du dessin de Blasco, laissé pour compte, malgré la splendeur de ces cases éclairées à la bougie ou au lampadaire, expressives et glaçantes. Hyper-réaliste et hyper-sensitif. La preuve, on referme cet album en se surprenant d’avoir du sang sur les mains.

Série : L’homme de l’année

Tome : 13 – 1888

Sous-titre : Le véritable Jack l’Éventreur

Scénario  : Céka

Dessin et couleurs : Benjamin Blasco-Martinez

Genre: Thriller, Drame, Psychologique, Horreur

Éditeur: Delcourt

Collection : Série B

Nbre de pages: 56

Prix: 14,95€

Date de sortie: le 18/04/2018

Extraits : 

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