Mais que fait la police ?! Elle investit le neuvième art #2 | Pepe Carvalho, entre Barcelone et Amsterdam, non loin de l’enfer

Ah, qu’il est grand le mystère de la crise de foie et de la disparition des oeufs en chocolat dans les jours suivant le week-end de Pâques. Tellement grand que pour le résoudre, on s’est dit qu’on avait bien besoin d’un coup de main et de quelques fins limiers. Ça tombe bien, ces dernières semaines, le petit monde de la BD nous en a servis quelques prestigieux sur un plateau.

Premier épisode | Sanlaville sort San-Antonio du sanatorium, Dard d’art (et du grand!)

©Migoya/Segui chez Dargaud

À l’instar de San-Santonio dont nous vous parlions dans le premier acte de ce topic, c’est un vieux briscard, du temps de Franco, qui ressurgit par l’intermédiaire de la bande dessinée : Pepe Carvalho, un détective complètement à part dans le paysage du polar, quarante-cinq ans après sa naissance, le tandem Hernán Migoya – Bartolomé Seguí qui parcourt ses intrigues, provoque le soleil enragé de midi sur une plage de Barcelone et donne un corps et un visage à cet Espagnol bien plus flegmatique que ses compatriotes au sang chaud.

©Migoya/Segui chez Dargaud

Résumé de l’éditeur : Le corps nu d’un homme est découvert un jour sur une plage des environs de Barcelone. L’homme est inidentifiable, les poissons ont dévoré son visage, l’unique indice est un tatouage sur la peau : « Né pour révolutionner l’enfer ». La phrase sonne comme un avertissement et Carvalho est chargé de découvrir l’identité de l’homme. Une enquête qui embarque le lecteur, des rues de Barcelone au quartier rouge d’Amsterdam, où le sens du message se dévoilera peu à peu.

©Migoya/Segui chez Dargaud

Faisant l’impasse sur le premier tome, c’est directement le deuxième roman de Manuel Vázquez Montalbán qu’Hernán Migoya et Bartolomé Seguí investissent de leur talent, se payant au passage un air de vacances qui ne va guère durer. Même sur les plages scintillantes, on peut trouver des cadavres, au milieu des naïades, pour mettre une fin brutale au rêve et le traîner en enfer. Enfer que la dépouille qui flotte désormais à vau-l’eau avait l’ambition de révolutionner. Cet énigmatique homme encore jeune n’en aura pas eu le temps. Tout comme Pepe qui va devoir se rhabiller et quitter sa bonne amie officielle et néanmoins tempétueuse Charo en quatrième vitesse (enfin… tout en ayant le temps d’affoner le champagne, c’est dire s’il est pressé) et débouler sur la scène du crime. Drôle d’oiseau, le voilà mandaté par un coiffeur pas net pour enquêter et porter au soleil l’obscure identité de la pauvre (?) victime. Il y a 100 000 pesetas à la clef, 50 000 sur-le-champ.

©Migoya/Segui chez Dargaud

S’il est inclassable, on peut néanmoins dégager quelques tendances au personnage insaisissable et iconoclaste qu’est Pepe Carvalho : Don Juan sur les bords (comme il y a des James Bond Girls, il y a des Pepe niña), amateur des autodafés quand la température se rafraîchit (il faut dire que quand il ne découche pas et qu’il reste sagement chez lui, il se balade torse-nu), pas franc de la détente mais pas sans un couteau pour se protéger, fouineur et méthodique, pas pour la précipitation mais pour le tâtonnement méticuleux… et philosophe du quotidien. Car oui Pepe Carvelho est un bavard intérieur, nourrissant sans cesse et à n’importe quelle heure des pensées et réflexions que ce soit sur son enquête ou la société espagnole, celle des derniers mois de Franco.

©Migoya/Segui chez Dargaud

Pepe, c’est du polar philosophique et onirique, une dimension qui se superpose à celle de l’enquête passant ainsi de la lumière solaire à de plus amples ténèbres qui mèneront notre enquêteur dans les profondeurs d’Amsterdam. Si pour s’engouffrer dans cette enquête, il faut avoir plus d’une bonne heure devant soi, c’est pour mieux s’y immerger. Le boulot de reconstitution des ambiances, des tons et des préoccupations telles qu’ils avaient cours dans les années 70 est fignolé et cerné avec dextérité par Bartolomé Seguí? C’est fatal.

©Migoya/Segui chez Dargaud

Série : Pepe Carvalho

Tome : 1 – Tatouage

D’après l’univers et le roman de Manuel Vazquez Montalban

Scénario: Hernan Migoya

Dessin et couleurs : Bartolomé Seguí

Traduction : Denise Laroutis et Christilla Vasserot

Genre: Polar sociologique

Éditeur: Dargaud

Nbre de pages: 76

Prix: 14,99€

Date de sortie: le 16/03/2018

Extraits : 

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