Saule : « Je comprends seulement aujourd’hui pourquoi j’ai fait quatre ans au conservatoire ! »

Le FIFF terreau fertile de rencontres humaines et artistiques, à la confluence des arts aussi. C’est ainsi qu’Alizée a rencontré Saule, chanteur confirmé et apprenti-acteur qui épate dans Une part d’ombre de Samuel Tilman et aux côtés de Fabrizio Rongione, Nataché Régnier, Christophe Paou, Yoann Blanc… Alizée avait rencontré le grand Baptiste au FIFF.

Photocall - Une Part d'Ombre - Boris Radermecker

Première question fondamentale : comment ça va ?

Ça va plutôt bien, je suis très content d’être ici !

Après les festivals de musique on te retrouve en tant qu’acteur dans un festival de cinéma, le premier ?

Oui le premier en tant qu’acteur. J’étais déjà venu ici en tant que compositeur pour la musique d’un film et maintenant, je viens pour l’autre côté. Mais j’ai de la chance parce qu’en interview je me sens familier et puis, pour une fois, je parle d’autre chose que de ma gueule ! Ça me fait très plaisir de revoir l’équipe du film et de passer une soirée avec eux. Je sens aussi toute la nervosité, tout le monde se demande comment le film va être perçu. Même Samuel Tilman qui est l’homme le plus cool du monde est un peu stressé parce qu’il y a quand même pas mal d’enjeux pour lui. Mais on essaye de garder l’attitude bon enfant qu’on avait sur le tournage et on espère qu’à l’autopsie, ce sera bien !

Tu viens donc présenter « Une part d’ombre » de Samuel Tilman où tu joue Noël. Mais comment passe-t-on de chanteur à acteur ?

Ce qui est étrange dans mon parcours c’est que j’ai d’abord fait le conservatoire de théâtre pour être acteur. C’est à la sortie de l’école que je suis directement passé chanteur. Donc, aujourd’hui, c’est une sorte de retour aux sources et je comprends seulement pourquoi j’ai fait quatre ans au conservatoire ! Après ce que j’ai appris au théâtre m’a énormément appris sur scène avec Saule. Mais c’est vrai que c’est génial de pouvoir toujours toucher à de nouvelles choses, comme ça tu restes toujours curieux et tu ne fais que multiplier les expériences. Tu ne t’embêtes jamais, du coup.

Comment es-tu arrivé dans ce film ?

En fait, quand j’ai fait le conservatoire j’étais à peu près dans la même promotion que Fabrizio Rongione, donc Sam se souvenait de moi à l’époque. Puis il m’a appelé un jour et m’a dit : « J’imagine que tu n’as pas le temps mais on pense à toi pour un rôle au cinéma et on pense que c’est tout à fait ton emploi dans le film ». Il m’a envoyé le scénario. À ce moment-là, il y avait une histoire de planning, on avait dû repousser la sortie de l’album à cause de la France et donc j’avais un mois de battement entre l’album et la promo. Dans le pipe ça avait l’air de marcher mais je voulais d’abord faire des essais parce que il allait peut-être me trouver fondamentalement mauvais. J’ai donc passé les essais, ça s’est relativement bien passé… ce qui n’empêchait que j’étais mort de trouille le premier jour sur le plateau. Mais j’ai eu beaucoup de chance parce que tous les acteurs et le réalisateur du film ont été d’une bienveillance inouïe avec moi et je me suis vraiment senti en confiance. Je pense que pour un premier film, je ne pouvais pas rêver mieux ! Parce que je me posais quand même plein de questions !

Et comment s’est passée la préparation pour le rôle ? Ça s’est fait en communauté avec les autres acteurs ?

Je dois avouer qu’il m’ont bien chapeauté. Fabrizio m’avait aussi parlé d’un super coach avec lequel il bosse pour chaque film. J’ai été le voir trois ou quatre fois et c’était aussi une autre personne bienveillante qui m’a bien aidé pour le rôle. Ça m’a aussi bien rassuré parce que si j’avais dû y aller sans préparation j’aurais vraiment été super flippé.

On le disait, premier tournage, comment c’était ?

C’était un peu comme une colonie de vacances. Dans le film on est un groupe de huit amis, il fallait que ce groupe soit donc crédible en tant que potes. Comme on a pas mal tourné en Alsace, on nous a fait partir en bus, toute la bande. Des liens se sont vite créés et on a beaucoup ri. Du coup, ça a été plus facile de rendre ce groupe d’amis crédible à l’image parce qu’à côté on passait beaucoup de temps ensemble.

Un bon souvenir alors…

Absolument !

Tu te verrais réitérer l’expérience à l’avenir ?

Je dis toujours en rigolant « on verra à l’autopsie » ! Mais, en tout cas, moi je l’ai bien vécu ! C’est à dire que j’ai aimé faire ça, j’ai aimé tourner dans un film. Même si j’ai eu du mal à me voir, les quinze premières minutes de projection, ça a été horrible. Ce qui est drôle c’est que j’en ai parlé avec Fabrizio et Natacha qui ont quand même quelques films à leur actif et qui m’ont dit qu’après 30 films ça faisait toujours la même chose ! Je pense que c’est normal… Par contre, une fois les quinze premières minutes de « ma vie, ma gueule » passées, je suis arrivé à rentrer dans le film et j’ai vraiment aimé. Donc, si demain mon téléphone sonne et qu’on me propose un film qui me plaît, j’aurais tendance à dire oui ! Après il y a la musique à côté et c’est certain que je devrai faire des choix. Mais l’expérience m’a beaucoup plu !

Tu parlais de Fabrizio et Natacha qui ont quand même de la bouteille dans le métier, qu’est-ce que ça t’a fait de te retrouver face à eux ?

J’ai été très impressionné ! Mais ils ont beaucoup d’autodérision et ils ont tout de suite réussi à me mettre à l’aise. Il n’y a jamais eu de rapport de force entre nous. C’était très terre à terre, tout de suite ils m’ont considéré et rassuré après les premières scènes en me disant que je jouais juste et que, surtout, je devais me faire confiance. Ça m’a permis de me libérer de cette peur de jouer face à de sacrés comédiens.

Tu es musicien mais tu t’es lancé dans des études de comédie, on suppose qu’il y a toujours eu chez toi un attrait pour le cinéma… Quel est ton rapport au cinéma ?

J’ai toujours été dingue de cinéma, c’est-à-dire que depuis tout petit je bouffe des films et j’adore ça ! En plus, quand je suis en tournée, je matte des films à longueur de temps, dans le bus, à l’hôtel,… Dès que j’ai un peu de temps, c’est cinéma ou lecture !

C’est une source d’inspiration aussi…

Oui tout à fait. Quand j’écris des chansons, il y a toujours quelque chose d’un peu filmique. Si je prends Dusty Men que j’ai écrit pour le duo avec Charlie c’était une sorte de western dès le départ. Et pour le clip ça s’est tout de suite avéré évident qu’il fallait faire un western.

Quel est ta première grande émotion de cinéma ?

Un de mes premiers grands films quand j’étais gamin, c’est con mais c’était E.T. Je me suis mis à pleurer au cinéma et je me suis rendu compte de la force que pouvait avoir un film sur les émotions et ce qu’il pouvait procurer. Après, en grandissant, j’ai eu plein de coup de cœur sur d’autres films. Ma mère étant italienne, j’aime beaucoup le cinéma italien. Un film qui m’a très fort marqué c’est « Les enfants du paradis », ce n’est pas pour rien que je m’appelle Baptiste (ndlr: le nom du personnage interprété par Jean-Louis Barrault) !

Tous ces films ont marqué ma vie. Après, pour ce qui est de la comédie, je me suis lancé là-dedans en dilettante parce que je me suis retrouvé en rhéto sans savoir ce que j’allais faire de ma vie, j’avais le cul entre six chaises : je voulais à la fois faire de la BD, du théâtre, de la musique,… Je me suis retrouvé à jouer Caligula d’Anouilh et là, tout le monde est venu me voir pour me dire que je devrais faire du théâtre. Je suis allé me présenter au conservatoire et, là, j’ai fait le pire examen d’entrée du monde, ils étaient tous morts de rire parce que j’étais complètement à côté de mes pompes et je pense que c’est ça qui leur a plu : ce côté « Pierre Richard » du mec complètement à côté de ses pompes. Finalement, je ne peux pas faire autrement que d’être atypique donc autant l’assumer !

Tu as l’habitude de raconter des histoires à travers tes chansons, aurais-tu l’envie de les raconter par le cinéma, en passant derrière la caméra ?

Je t’avoue que je n’y ai jamais vraiment pensé mais je me rends compte que j’écris beaucoup de synopsis. Une chanson au fond c’est un mini-scénario, c’est vrai. J’ai fait un spectacle, « Zombie Kids », qui va sortir en CD et qui va être tourné. Pour ce projet, j’ai inventé une histoire de A à Z avec un vrai scénario, on a monté le spectacle de bout en bout mais c’est moi qui ait tout pondu. Et c’est vrai que, passer à l’écriture d’un film, on n’en est pas très loin.

Après, c’est un tout autre exercice et je crois que je me ferais aider si je devais écrire quoi que ce soit, un court-métrage ou n’importe quoi ! Mais dans ma One day list, ça me plairait bien ! En tout cas d’essayer, si je ne suis pas fait pour ça, ce n’est pas grave ! Je suis un touche-à-tout donc j’aime bien essayer…

On voit que l’art t’intéresse dans sa globalité…

Pour moi, toute forme d’art est communicante. C’est quelque chose qui m’avait très fort marqué lorsque j’avais fait la musique du film « Cowboy » de Benoît Mariage, ce rapport entre la musique et l’image.

Et maintenant, quels sont les projets de Saule, acteur, chanteur ?

Dans l’immédiat je suis en train de finaliser l’écriture de mon cinquième album qui devrait sortir l’année prochaine. Il y a le projet Zombie Kids, on a fait un crowdfunding sur Ullule, et on atteint notre objectif. Maintenant, on va aller le présenter dans des festivals et des centres culturels. Donc, ce sont vraiment ces deux projets-là qui vont m’occuper !

Ce soir, le film aura droit à sa projection publique, un peu de stress quand même ?

Oui, ce soir on présente le bébé ! Mais, j’ai confiance, je trouve que rien qu’à l’écriture d’un scénario on peut sentir un film. Et ce scénario m’a beaucoup plu. Maintenant, le film ne nous appartient plus ! Et si jamais, après, par le plus pur des hasards, on m’appelait pour un nouveau rôle, je suis partant. L’expérience m’a beaucoup plu, donc si jamais ça se représente tant mieux. Mais je suis très heureux en tant que musicien, je vis juste le moment présent !

Quelle belle conclusion !

Et c’est putain de vrai !

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