C’est parfois dans les vieux livres qu’on fait d’heureux lecteurs : Le treizième juré est de ceux-là !

Le treizième juré attendait son heure sur les planches de ma bibliothèque, patiemment… Et pour arriver entre mes mains, il a pris son temps, il a été tenace. Mais à peine ouvert, j’ai été happée, kidnappée par cette histoire construite sur le mode du Perry Mason de mon enfance. Une intrigue judiciaire – et criminelle –  où la vérité se construit pas à pas sous notre regard, où les protagonistes cherchent sans toujours trouver.

Jennifer Lee Witt est arrêtée un matin d’hiver. Accusée d’avoir tiré à bout touchant sur son mari et son fils Matt de 7 ans. Elle appelle dans l’urgence le cabinet d’avocats d’affaires de son défunt mari qui lui transmet les coordonnées d’un pénaliste, qui lui-même est absent … L’affaire se retrouve entre les mains de Dismas Hardy, ancien flic reconverti en avocat de la défense après un bref passage auprès du procureur de la ville. C’est donc tout à fait par hasard qu’il plonge dans l’histoire de Jennifer. Cette femme de médecin, à l’allure bourgeoise et aux nerfs d’acier clame son innocence. Hardy y croit, et pour lui, ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit acquittée mais qu’elle soit innocente.

Pour son mentor qui reprend l’affaire, David Freeman (il a osé !), ce qui compte, ce n’est pas qu’elle ait ou pas tué son mari, c’est ce que l’on peut ou ne peut pas prouver. Commence alors une recherche de la vérité, des rencontres avec les témoins, des lectures de dossiers, des hypothèses à vérifier. L’intrigue se construit petit à petit. Page 10, on est certain que Jennifer a tué, page 20, on est certain de son innocence… Et toute la lecture, on oscille entre les deux extrêmes. 

Là où l’auteur est remarquable, c’est qu’il inscrit son intrigue dans la durée. Souvent, les romans policiers sont « policiers » et pas judiciaires. On cherche le coupable du meurtre, et si ce sont des meurtres en série, bien gore, c’est encore mieux. Ici, c’est dans la phase judiciaire qu’on se retrouve, dans les coulisses de cette justice si particulière qu’est celle des Etats-Unis. La constitution d’un jury, les rencontres secrètes pour un arrangement avant le procès, les journalistes omniprésents et le réel travail d’enquête que doit faire Dismas Hardy afin de vérifier des témoignages, rechercher des faits, contrer les arguments de l’avocat général un par un. J’adorais, petite, Perry mason, à la télévision. Et j’y ai retrouvé de cette ambiance où la vérité se construit par morceau, avec une part d’ombre et des doutes jamais totalement écartés.

Le treizième juré est un roman de John T Lescroart écrit en 1991 et traduit pour les éditions Lefrancq (éditeur belge) en 1996. Malgré le temps qui existe entre le moment de sa rédaction et cette chronique, il n’y a pas de scission, on ne sent pas de décalage. On plonge dans le grand bain, et il vaut mieux savoir nager !

Que le week-end soit pluvieux ou ensoleillé, je ne peux que vous conseiller vivement de rechercher (dans les boutiques de seconde main où je l’avais trouvé) ce roman et de vous en procurer une exemplaire. Car le mien, je le garde… maintenant que je connais la fin, j’ai bien envie de le relire pour percevoir entre les lignes, la vérité qui s’y est dessinée…

Titre : Le treizième juré

Auteur : John T Lescroart

Editions : Lefrancq Littérature

Date de sortie : 1991, trad 1996

Nbre de pages : 574 pages

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