Kid Paddle # 15 : pas au bout de son trip geek, Midam est toujours le roi du game

Depuis 2014, Kid Paddle avait ralenti la cadence au profit de la décadence (bien orchestrée et ensanglantée) de sa créature, Le petit barbare, qui en a profité pour rattraper le temps perdu. En cette année 2017, Game Over, le spin-off a dépassé la (série-) mère en nombre d’albums et avec, pourtant, dix ans de moins que Kid Paddle (qui fêtera en 2018 son quart de siècle, vous imaginez ???). C’est dire si l’univers – que dis-je, l’empire – érigé par Midam et ses sbires a pris et bien pris et que le chaudron est toujours à même de bouillonner. Au bonheur des geeks, des blorks et des autres.

Résumé de l’éditeur : Entre expériences scientifiques bizarres qui dégénèrent, cauchemars à base de licornes en peluche, fraude au cinéma pour adultes, massacres de blorks dans une salle d’arcade au gardien aussi teigneux que son molosse : la vie de Kid Paddle n’est jamais sereine, mais toujours drôle !

Avec Men in Blork, un titre forcément inspiré de deux chasseurs d’aliens aux lunettes noires devenus cultes, Midam et ses personnages auraient très bien pu aller à la chasse aux ET. Il n’en est rien, car aussi vrai que qui va à la chasse perd sa place… à la borne d’arcade, il y a déjà bien trop à faire sur cette terre de gamers. Alors Kid, Horace, Big Bang et les autres restent sur les mêmes bases, entre réalité et virtualité, et réalité virtuelle.

© Midam chez Glénat

D’ailleurs, à l’heure où l’on met des lunettes à smartphones sur le bout de notre nez pour se persuader qu’on peut se téléporter sur une île paradisiaque ou simuler une chute libre, on oublierait presque que Midam fut un sacré précurseur. Car y’a-t-il arme plus fatale pour intégrer une dimension parallèle que le seul pouvoir de l’imagination ? Et dès le début des années 1990, plus performant que certains jeux vidéo désormais démodés, Midam apposait sa marque, ses codes de couleurs et sa patte graphique pour nous emmener dans le monde  et le game cruels et sans pitié des jeux pour ados pas si boutonneux et attardés.

© Midam chez Glénat

La preuve, le temps a passé, ils y sont toujours et s’ils ont bien tenté d’évoluer (bon s’ils s’y prennent comme ils tentent d’entrer au cinoche pour un film qui n’est pas de leur âge, on comprend que ça n’ait pas marché), Kid et ses amis n’ont rien perdu de leur ferveur à dézinguer des Blorks, pitoyables joueurs qu’ils sont. Car en 15 tomes de Kid Paddle (et 16 de Game Over, donc), nos zéros n’ont pas vraiment été flamboyants face aux créatures hideuses et bébêtes sorties de l’imagination sans fond de Midam. On pourrait presque compter sur les doigts de la main les méchants que cette bande de loosers a pu anéantir. Tout cela n’est pas brillant mais quel plaisir coupable on prend toujours à les voir se faire ratatiner.

© Midam chez Glénat

Et, dans le même esprit qu’un Skottie Young avec I Hate fairyland, Midam réinvente la mythologie de ses héros sans panne d’inspiration. Mieux, puisqu’il ne quitte jamais vraiment le pâté de maisons vu et revu dans lequel évoluent ses personnages (le home « gore home entre papa le poltron et Carole qui veut désormais être une grande sportive, le cinéma interdit aux gnomes, le palace des jeux vidéo et le décor de ceux-ci, et c’est à peu près tout… ah non, ils vont aussi au… Musée), Midam le réinvente.

Mieux, il établit un réel univers en expansion avec des licornes débiles, des petits garçons qui se transforment en Rikiki (mais si, cet imbécile de canard rose) et des monstres plus répugnants les uns que les autres. Midam n’est pas au bout de son trip de geek tout public, développe des envies graphiques nouvelles, des expérimentations (des moustiques, une planche « à l’oeil ») et ça nous botte. GG comme on dit !


Série :
Kid Paddle

Tome : 15 – Men in Blork

Scénario et dessin : Midam (avec la collaboration d’Adam, Steve Piraux et Valérian)

Couleurs : Angèle

Genre : Humour, Gag, Geek

Éditeur : Glénat

Collection : Mad Fabrik

Nbre de pages : 45 (+ 2 pages de bonus)

Prix : 10,95€

Date de sortie : le 08/11/2017

Extraits : 

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