Sacha Guitry en BD et dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes

Toujours présent au moins une fois par semaine parmi les citations (il faut dire qu’il en a eu des bons mots, au fil de sa carrière) des Grosses Têtes, Sacha Guitry a marqué son époque et est toujours un monument impossible à déclasser des lettres et des arts de la scène en France. Alors que ses pièces continuent d’être reprises un peu partout, soixante ans après sa mort, le dramaturge aux origines russes fait son entrée dans un diptyque en BD de Noël Simsolo et Paolo Martinello. Malheureusement pas un nouveau testament.

© Simsolo/Martinello chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Après son divorce, le comédien Lucien Guitry enlève Sacha, son fils de cinq ans et l’emmène plusieurs mois à Saint-Pétersbourg où il se produit devant la cour impériale. C’est ainsi que l’enfant Sacha Guitry débute sur scène devant le Tsar Nicolas. Ces premiers pas sur les planches lui donnent le goût du théâtre. Très jeune, et malgré une scolarité désastreuse, il écrit et interprète ses propres pièces à Paris et connait ainsi la gloire. Ami de Sarah Bernhard, Colette, Alphonse Allais, Jean Cocteau, Georges Feydeau, il connait un destin fabuleux qui l’amène à être le roi de Paris.

© Simsolo/Martinello chez Glénat

Roi de Paris, légende immortelle, les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier cette personnalité hors-norme, ce surdoué du théâtre (et sous-doué à l’école) au destin remarquable. Mais peu de traits l’avaient incarné jusqu’ici. Alors, à l’heure où cinéma et littérature (en mots ou en dessins) aiment faire écho des récits de vies anonymes ou célèbres, Sacha Guitry avait toute sa place dans le vaste monde du Neuvième Art (plutôt deux fois qu’une puisque Delcourt vient de lui consacrer un roman graphique). C’est pourquoi, au-delà de l’icône et de l’esprit, Noël Simsolo (lui-même acteur, réalisateur, écrivain, historien du cinéma et auteur, en 1988, d’un essai sur Sacha Guitry) et Paolo Martinello s’intéressent en profondeur à celui qu’ils surnomment le bien-aimé mais dont ils se gardent bien d’enjoliver l’existence, prise dans l’engrenage des amours éphémères et des envies de conquêtes toujours plus lancinantes.

© Simsolo/Martinello chez Glénat

C’est vrai, la vie trépidante de Sacha Guitry n’a rien à envier aux feuilletons télévisés qui n’en finissent plus, il y a toujours à dire, il y a toujours un rebondissement. Et ses pairs ont tellement du mal à le suivre, dans ses grandes qualités mais aussi ses immenses défauts. Un homme avec ses failles, quoi, un joli coeur qui aimait trop les femmes mais auquel on pardonnait tous les excès une fois qu’il grattait le papier de cette plume formidable.

© Simsolo/Martinello chez Glénat

L’éclat de cet homme moderne, les deux auteurs peinent à rivaliser avec lui. L’histoire se suit mais là où l’Italien Paolo Martinello nous séduisait sur la couverture, il pioche un peu plus tard, sans parvenir à trouver la force de sortir de ce qui se contente d’être finalement une biographie convenue, sobre et un peu terne malgré quelques cases et des premières planches fascinantes, fortes en ambiance. Et quand on se frotte à un virtuose scénique, ça ne pardonne pas. « Citer les pensées des autres, c’est regretter de ne pas les avoir trouvées soi-même », mettait pourtant en garde l’homme dont il est question ici.

Titre : Sacha Guitry

Tome : 1/2 – Le bien-aimé

Scénario : Noël Simsolo

Dessin et couleurs : Paolo Martinello

Genre : Biopic

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 66

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 23/08/2017

Extraits : 

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