Magistral et élégant Nick Cave, auteur de ce qu’on peut sans doute déjà qualifier de concert de l’année, a affronté ses démons et les a regardés dans les yeux

Depuis de longues années déjà, chaque concert annoncé de Nick Cave affiche sold out en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Rien de plus normal lorsque l’on parle d’un des artistes les plus influents de notre époque, une icône en quelque sorte.

C’est la grosse foule devant le Sportpaleis d’Anvers. Pas de première partie, avec Nick Cave & The Bad Seeds, on a droit à un full show.

Dès son entrée sur scène, l’homme est accueilli par une immense ovation. Nick, costume sombre et chemise bleue se dirige vers les premiers rangs, serre quelques mains et c’est parti avec « Anthrocene »  puis « Jesus Alone » suivi de « Magneto », tous issus de Skeleton Tree.

Même s’il ne prononcera jamais son nom, l’ombre d’Arthur, son fils décédé il y a deux ans en tombant d’un rocher, hantera ces deux heures de show d’une intensité remarquable. Nick affronte ses démons et les regarde dans les yeux, trouvant dans l’amour de son public de quoi partiellement soigner ses plaies. Partiellement…

Celui qui, il n’y a pas si longtemps encore affrontait son public tel un boxeur sur un ring, communie aujourd’hui avec lui dans une grand messe presque chamanique qui ne peut laisser personne indifférent. Il serre des mains à n’en plus finir, et lorsqu’en fin de « Jesus Alone »  il chante «  With my Voice I’m calling you… «  , personne n’est dupe. Nick Cave n’a pas son pareil pour interpréter ses titres et traiter le côté sombre de l’être humain. Sa voix grave et habitée, parfois caverneuse, est à elle seule toute une histoire. Tout au long du show la totalité de la scène baigne dans une lumière assez tamisée ce qui renforce encore la puissance de l’interprétation de l’Australien.

Nick émeut, Nick séduit, Nick fascine.

Derrière lui, The Bad Seeds démontrent à qui l’ignorerait encore qu’ils sont un band d’exception , avec une mention particulière à Warren Ellis impérial durant « Tupelo », « From Her To Eternity »  et « The Mercy Seat ». « The Ship Song » et « Into my Arms », chanté a capella avec le concours du public, furent de grands moments d’émotion. « Red Right Hand » explose à nos faces , et au terme de deux heures exceptionnelles de concert, l’homme tire sa révérence avec « Distant Sky »  et « Skeleton Tree » .

Après un court moment il réapparait sur scène et nous offre un autre instant de grâce avec « The Weeping Song ». Magnifique.

Nick Cave & The Bad Seeds © Jean-Pierre Vanderlinden

« That was really fuckin awesome ! «  lance-t-il à son public avant que quelques fans ne le rejoignent sur scène pour « Stagger Lee » .

La grand messe se termine finalement avec « Push The Sky Away » qui voit les 20.000 spectateurs présents tendre tous ensemble les bras vers le ciel. Les lumières se rallument, des sourires s’affichent, des larmes coulent, chacun redescend sur terre…

Ce type-là m’a toujours bouleversé et, au fil du temps, sa musique et ses textes me mettent de plus en plus dans un état second proche de la béatitude, sorte de bonheur intérieur assez indéfinissable. Ce fut un immense concert, et sans doute  » LE  » concert de l’année.

Merci Mister Cave, merci…

Texte et photos : Jean-pierre Vanderlinden aka JPROCK THE DARK FEATHER

Le concert en images…

Nick Cave & The Bad Seeds – Antwerp’s Sporpaleis – 13.10.2017.

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