Francofaune, un grand saut dans un bon bain de francophonie propice aux grands moments

« Devenir vieux sans être adulte ». De ce précepte de Brel, le Francofaune a fait sa ligne de conduite pour faire le mûr… Mais pas trop, pour garder aussi sa part de sauvagerie qui le pousser à surprendre et découvrir. Avec ses traditionnelles sessions secrètes, le festival (qui a le plus joli nom parmi tous les festivals belges) s’est ouvert ce 5 octobre. La fête à la chanson en français et rien qu’en français donnera le rythme de la vie bruxelloise pour les dix prochains jours. Avec plein de belles et grandes choses à voir.

Chanson en français, c’est sûr, le terme pourrait être vu comme réducteur par les moins avertis. Il n’en est rien, il y a une vie bien plus loin que Kendji, Johnny et Maître Gims, et cette-vie-là remplie d’artistes d’exception, le Francofaune l’aide à s’épanouir. Ainsi, pas moins de 46 artistes sont conviés sur les différentes scènes bruxelloises (là encore le festival, encore tout jeune, joue la carte de la fédération, de L’Atelier 210 à La Vénerie en passant par le Centre Culturel Jacques Franck, la Maison de la création ou l’appartement « Glaïeuls Paradise ») pour y jouer le règne de l’effervescence. Car il n’y a plus d’océans pour mettre des frontières à la francophonie, il n’y a que des ponts à emprunter pour réunir ce tout petit monde si prolifique.

Et qui de mieux que Dick Annegarn pour lancer un peu plus les hostilités, ce vendredi 6 octobre, à La Vénerie. L’insaisissable chanteur hollandais se prête diablement au jeu du Francofaune puisqu’il y vient avec Les Amis du Verbe, ce merveilleux projet visant à récolter, à collecter les chansons du domaines publics dans toutes les régions (même les plus reculées), mise en scène entre folk live et vidéos. Du côté de la maison des musiques, pas loin d’Alek et les Japonaises, on sera attentif à la naissance de Mortalcombat, nouveau duo de César Laloux et Sarah Riguelle dont on ne sait pas encore grand-chose si ce n’est une première chanson flirtant avec ce que pouvait faire Lio, il y a quelques décennies. Parce qu’ils sont des géants avec leur pop avant-gardiste, on ne peut que souligner la présence d’Aksak Maboul, à l’Atelier 210.

Surnommé le Zappa français, Albert Marcoeur, inclassable et fringuant septuagénaire amènera sa folie et son phrasé pour instaurer la folie du samedi (7 octobre) soir au Centre Culturel Jacques Franck, après Major Dubreucq. N’oublions pas les petits jeunes, il y aura Le Castor au Glaïeuls paradise (le prix est libre) et Clara De Spix, présentée comme la rencontre probable de Régina Spektor, Juliette Gréco et Linda Lemay, à La Soupape

Dimanche 8 octobre, pas de repos puisqu’on se livrera à la découverte, dès 15h, des Divas Dugazon et de la performance théâtrale de la Compagnie Le Geste Qui Sauve avec No Regret.

Sortez les poutines pour le lundi 9 octobre, l’émergent et québécois Simon Daniel (vous vous en souvenez ? Il nous avait beaucoup marqué au Festival de Petite-Vallée) sera attendu de pied ferme au CHAFF (c’est gratuit!) avec Pierre Guitard.

Mardi 10 octobre, on ne sait pas trop quoi attendre (de beau et d’expérimental, hein) de la performance qui associera le DJ set de François & the Atlas Mountain avec les dessins de Charles Berbérian. Un moment cool et suspendu ? Sans aucun doute.

© Berbérian chez Casterman

Mercredi 11 octobre, l’affaire se corse puisqu’il faudra se diviser en deux (ou arriver à choisir, mais c’est pas gagner) entre le BRASS (où se produiront Badi sur qui Pierre Dungen ne tarit pas d’éloges, Sages comme des sauvages et un DJ Set de Drache Musicale) et le Théâtre 140 (le folk de Clare Louise et la chanson si passionnante et classe du merveilleux Albin de la Simone).

Jeudi 12 octobre, pas mieux, il faudra choisir entre, d’un côté, au Viavia, iAROSS (collision annoncée entre littérature, musique et cinéma) et Barbarie Boxon qui prouve que chanter Ibiza vaut mieux qu’y aller; et, de l’autre côté, au VK, une carte blanche à L’Or du commun, des complices de Roméo Elvis qui n’ont rien à lui envier. Vous en voulez encore ? Il y aura aussi l’Orchestre du mouvement perpétuel au Jardin de ma soeur.

Vendredi 13 octobre, c’est parti pour la grande collision de talents, un peu partout dans Bruxelles. Puisqu’il faut choisir (et que choisir c’est renoncer, malheureusement), on ne peut que vous conseiller, après Braiz qui est pas mal du tout également, Hildebrandt au Jardin de ma soeur, c’est grandiose, allumé, fondamental. Mais, on dit ça on dit rien, Nicolas Jules prestera chez… Chez Maman et un vent belgo-québécois soufflera sur Viavia (avec Safia Nolin, Violett Pi, Daniel Hélin et ses Binamés et Manu Louis).

Samedi 14 octobre, ce sera encore plus le carnage niveau choix. Au Viavia, il y aura un large étendard de ce qui se fait de mieux dans le monde francophone (Adieu Gary Cooper, Dans l’shed, Rive, Meril Wubslin, Kouzy Larsen et Les Jules). Au BRASS, Sarah Toussaint-Léveillé proposera une… sieste musicale (ça ne s’invente pas), l’occasion d’apprécier la musique et le talent de cette jeune québécoise sans parasite (ce qui s’était un peu passé à Tadoussac). Au Jardin de ma soeur, Presque Oui amènera sa chanson française du nord en toutes joyeusetés, on n’a pas tous les jours 20 ans, hein !

Pour terminer tout doucement ce bel écrin à confirmations et découvertes, le Francofaune fera coup double, les samedi et dimanche 14 et 15 octobre, en proposant deux fois Scylla, le rappeur bien connu, à l’Orangerie du Botanique… et en piano-voix s’il vous plait !

Et puisqu’il faut bien y arriver, le dimanche de clôture, le 15 octobre donc, jouera les redites, le best-of et programmera Simon Daniel (quand on vous dit qu’on l’aime bien) aux côtés de Pierre Guitard et de Saso (la seule qu’il n’aura pas été possible d’écouter en live jusque-là et vue comme une « impératrice d’une chanson franco-anglaise autoreverse ») puis des trois artistes du Parcours Francofaune (qui a aussi le mérite de soutenir et suivre trois artistes) : Badi, Braiz et Major Dubreucq. Ça se passe au Viavia. Tout ce joli monde se retrouvera pour le grand final au Botanique avec le Juke-box Guillaume Maupin (gratuit) et les envoûtements de Cloé du Trèfle et de la fascinante québécoise Klô Pelgag.

Il sera bien dur après avoir vu tout ça de sortir de cette jungle unique et propice aux grands moments qu’est le Francofaune.

Toutes les infos sur le site officiel et sur la page Facebook du festival.

Le programme, remarquablement mis en mots par N’ayons pas peur des mots, est là.

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